Selon nos sources quatre Présidents sont  accusés de détournement de fonds, il s’agit de ceux de Djidian, Kita, Kokofata et Sébékoro. Ils font l’objet d’une plainte déposée au tribunal de Kita il y a quelques jours. Ils auraient dissimulé les bilans de leurs coopératives respectives depuis leur création en 2007. Selon le contenu de la plainte, ces dits Présidents ont bénéficié pendant plusieurs temps des fonds pour le fonctionnement de leurs coopératives et pour d’autres activités dont la gestion n’a jamais été justifiée.

Le panier de l’Union des Producteurs de Coton n’a pas fini de vider son contenu. En janvier certains paysans exigeaient du successeur de Bakary Togola, la vérité et toute la vérité sur l’attribution de nouveaux marchés d’intrants agricoles. Le collectif des paysans de producteurs de coton a écrit au président par intérim des Sociétés coopératives des producteurs de coton une lettre le 23 décembre 2019 pour exprimer leur surprise. C’est sur la base des informations recueillies au prés de leurs délégués aux travaux de passation des marchés d’intrants coton pour la campagne 2019-2020. A l’ouverture des plis, le fournisseur Afrique Auto a proposé 192 500 FCFA la tonne d’urée. A la surprise des dits paysans, la tonne a été donnée au même fournisseur à 287 500 FCFA, soit une différence de 95 000 FCA par tonne. Par qui ?

Il y a quelques temps, les observateurs ont vanté la fin d’un magnat suite à son arrestation et l’organisation d’une session extraordinaire. Bakary a été remplacé par son 2ème  vice-président Mohamed Ag Mohamed. Depuis, l’affaire dite des « ristournes de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton » fait régulièrement la Une de la presse malienne. Et pour cause, celui qui, à 59 ans, est à la fois président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (C-SCPC), est accusé d’avoir détourné un peu plus de 9,4 milliards de francs CFA.

Au-delà de l’importance de la somme, c’est surtout le profil de Bakary Togola qui focalise l’attention. Leader paysan, il est aussi un personnage incontournable dans le très stratégique secteur cotonnier. Il a également su tisser de puissants réseaux dans la sphère politique, jusqu’au cœur du pouvoir, et ce, depuis l’époque de l’ancien président Amadou Toumani Touré.

Parti de Niamala, son village natal dans la commune rurale de Koumantou, cercle de Bougouni, région de Sikasso, Bakary Togola aura réussi à se forger un destin (450 hectares de riz ; 350 hectares de maïs ; 100 hectares de coton ; 100 hectares de mil ; 100 hectares de sorgho et 50 hectares de fonio, soit un total de 1150 hectares cultivés) qui, finalement, lui a été fatal. En plus des malversations financières, Bakary Togola a tout le temps été soupçonné de spoliations foncières par d’autres paysans notamment dans la commune de Koumantou. S’il a pu résister à tous les litiges fonciers, les malversations financières semblent avoir eu raison de lui, à cause du procureur du Pôle économique et financier, Mamoudou Kassogué. C’est finalement le 13 septembre 2019 que Bakary Togola a été placé en détention provisoire à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) dans l’affaire de détournement de ristournes destinées aux paysans dont le montant se chiffre à 9 milliards 462 millions 152 mille 71 francs CFA.

Le coton est une culture très stratégique pour ce grand pays de l’Afrique de l’ouest. Il contribue au budget national par l’apport de recettes très intéressantes avec la vente de fibre de coton sur le marché international. Le coton fait tourner l’économie locale, car plusieurs millions de personnes vivent de cette spéculation. Les nombreux marchés et appels d’offres, que suscite cette culture permettent à une multitude d’opérateurs économiques de faire des affaires.

Le coton malien est reconnu pour sa qualité extrême, sa transformation offre des produits d’une qualité incomparable que l’État pourrait mieux exploiter pour le bien-être de tous les Maliens. Mais les hommes et femmes du pays qui militent pour le développement du textile sont découragés par les mesures anarchiques du gouvernement qui ruine la productivité et la compétitivité du coton malien sur la scène tant internationale que nationale. Le pays exploite très mal ce potentiel économique qui pourrait faire de lui l’un des pays africains les plus avancés en matière de mode et de haute couture.

Selon un haut responsable du secteur coton, les importations de produits finis et les exportations du coton à l’état brut sont proportionnelles. « Le même coton que nous produisons nous revient après transformation, et on paie cher pour l’avoir. La situation peut changer si l’État revoit ses priorités dans ce domaine. Le Mali peut devenir non seulement le premier producteur de coton en Afrique, mais aussi le premier pays exportateur de produits textiles de qualité et même de luxe », a-t-il mentionné.

Mahamadou YATTARA 
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