Mohamed Ould MAHMOUD, ministre de l’industrie et du Commerce: ‘‘nous avons pris des dispositions exceptionnelles pour soulager et atténuer les souffrances de nos populations’’

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ould MAHMOUD, était ce samedi 21 mai 2022, l’invité du douzième numéro de l’émission Mali Kura Taasira sur la télévision nationale. Dans son intervention, le Chef du département de l’industrie et du commerce s’est appesanti sur les mesures prises par l’État pour atténuer l’impact de l’inflation créée par la crise économique internationale et l’embargo de l’UEMOA et de la CEDEAO.  De son intervention, il ressort que le Gouvernement a pris des dispositions exceptionnelles pour soulager et atténuer les souffrances de nos populations. Selon lui, le Mali doit importer 300 mille tonnes de riz par an.

 

À l’entame de son propos, le ministre Mohamed Ould MAHMOUD a souligné que la plupart des produits de première nécessité sont disponibles aujourd’hui sur le marché. Même si quelque part, précise-t-il, nous connaissons une tension très forte pour le blé qui commence à manquer avec la guerre en Ukraine. Il a rassuré que des dispositions sont déjà prises avec le ministère des Finances, les banques et les minoteries du Mali, pour voir comment on peut faire un plan d’approvisionnement très prochain, pour qu’il n’y ait pas de rupture de stock.

Une crise mondiale

Le ministre Mohamed Ould MAHMOUD a indiqué que cette question de vie chère n’est pas propre au Mali ni spécifique au Mali. Pour lui, elle est internationale et a été exacerbée par le conflit Ukrainien-Russe.

Il a fait savoir qu’avec la reprise des activités économiques au niveau international après la COVID de 2020, il y avait une très forte tension sur le marché international. Ce qui a créé une inflation au niveau international de très grande rigueur.

De son propos, il ressort que dès sa prise de fonction, le département a très vite fait une analyse du contexte international et du contexte national pour prendre les mesures qui s’imposent.

Au terme de cette analyse, il est apparu nécessaire, dans certains cas, d’anticiper sur un certain nombre de choses pour avoir des produits de première nécessité sur le marché.

Il s’agit de prendre les mesures idoines pour que l’inflation au niveau international ne puisse ne pas perturber l’approvisionnement de notre marché national qui dépend, à un certain moment de l’année, d’un certain nombre de produits, tels que le riz, l’huile alimentaire, le sucre.

«Nous avons eu des instructions des plus hautes autorités. Le président de la transition nous a dit de faire quelque chose pour que les choses se passent bien et que les Maliens ne sentent pas cette inflation internationale qui nous est imposée », a-t-il révélé.

Engagement des

autorités

Face à la situation, le Gouvernement, à travers le département de l’industrie, s’est engagé à approvisionner le marché national afin de réduire les effets de cette hausse des prix sur les populations.

Pour ce faire, le département en charge du Commerce en collaboration avec le ministère des Finances, les autres départements, a passé à des séries de subventions sur l’importation du riz, de l’huile alimentaire et de sucre à hauteur de trois cent mille tonnes de riz ; 60 mille tonnes de sucre et 30 mille tonnes d’huile alimentaire.

C’est ainsi que l’État a subventionné à 50 % des droits de douane pour un certain nombre de produits comme le riz de brisure 100% ; l’huile alimentaire qui est peut-être très rare sur le marché international, et la farine qui se fait de plus en plus rare aussi.

« C’est grâce à cela que nous avons anticipé sur cette question de prix », a fait savoir le ministre.

Selon lui, les amplitudes des prix montrent que le blé, par exemple, à un moment donné, a coûté entre 200 à 400 dollars la tonne.  Soit à peu près, presque du simple au double, de 50 % d’augmentation au niveau international.

Le blé a connu une augmentation de 50% sur le marché en si peu de temps. Et dans toute la sous-région, et partout dans les pays, le prix du pain a augmenté. «Mais au Mali, nous avons créé un cadre de concertation avec nos partenaires privés, publics pour discuter même des structures des prix. Et un certain moment, les commerçants ont accepté même de renoncer à des bénéfices.», a-t-il expliqué.

Selon lui, on peut dire que de façon générale, des gens ne peuvent pas acheter parce qu’ils n’ont pas d’argent ; mais si on regarde les amplitudes, c’est-à-dire les variances entre l’augmentation au niveau international et l’augmentation sur les foyers, la différence est totalement là.

«Il y a très peu d’impact, de l’influence de la hausse des prix au niveau international sur les prix au niveau du marché», a-t-il tranché. Car, grâce aux efforts du gouvernement, dit-il, la farine boulangère n’a connu qu’une augmentation de 11 % sur le marché national.

«Ce qui a fait que nous avons tenu un certain temps pour que le pain n’augmente et que la farine aussi soit disponible sur le marché. Ça, ce sont des exemples qu’on a faits», a-t-il dit.

Sur le plan statistique, a fait savoir le ministre Ould MAHMOUD, le Mali fait mieux que la plupart des régions et des zones qui ne sont même pas sous embargo.

Par exemple, le sucre a connu une augmentation, à peu près, de 34% et sa répercussion sur le marché malien était de 11%.

«Aujourd’hui, l’embargo est important, mais je pense que la crise internationale, et la flambée des prix au niveau international est beaucoup plus importante que la question des embargos», a-t-il minimisé.

Un secteur

dynamique

À la question de savoir si avec le contexte régional et international que nous traversons on peut encore parler de comme et d’industrie au Mali.

Le Chef du département de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ould MAHMOUD, s’est montré enthousiaste, voire loquace à l’endroit des professionnels du secteur.

Selon lui, le pays est libéral, les textes sont formels là-dessus et c’est irrévocable.

«Aujourd’hui, Dieu merci, on a des acteurs professionnels. Nous sommes un pays de commerçants depuis longtemps. Donc c’est quelque chose qui est vraiment ancré dans nos pratiques et dans nos traditions », a-il affirmé.

«Aujourd’hui, nous avons aussi des jeunes générations qui sont futées, et qui se lancent dans cette activité avec la pratique la plus moderne et arrivent à se trouver, à se faire de la place au niveau international », a-t-il continué.

Ce qui fait dire au ministre que le secteur est bien vivant au Mali.

D’ailleurs, a-t-il révélé, nous avons des professionnels qui ont résisté à la fois à l’embargo et à la crise de l’inflation mondiale.

«La chance que le Mali a, c’est que nous avons des entrepreneurs, des commerçants et des industriels qui sont des nationaux. Malgré la difficulté, malgré l’embargo, ils ont résisté », a-t-il dit.

Intervention

salutaire

Pour lui, l’interventionnisme de l’État ne vise pas à imposer les prix. «Devant des situations exceptionnelles, nous avons pris des dispositions exceptionnelles pour soulager et atténuer les souffrances de nos populations».

C’est d’ailleurs le sens de l’arrêté interministériel qui interdisait l’exportation de nos produits locaux.

Pour lui, ces genres de mesures venant de l’État sont conjoncturelles, temporelles ; et n’est donc pas une politique à long terme, ou bien de l’interventionnisme de l’État pour toujours.

«Mais, c’est pour gérer une situation conjoncturelle.  Et nous pensons que même si c’était a à refaire demain on va le faire pour soulager les souffrances de nos populations qui ont déjà très à endurer », a-t-il assuré.

Et c’est pourquoi l’année dernière, le gouvernement avait commencé déjà à subventionner la viande pour rendre la disponible sur le marché malien afin que le prix baisse au niveau de la ménagère. Parce que, à l’époque, le prix du kilogramme de viande était jusqu’à 3000 F, et c’était très difficile pour les ménages très modestes de la capitale.

Il s’est réjoui de constater que des opérateurs économiques font de l’embouche à grande envergure pour approvisionner le marché.

Parlant de libéralisme du commerce au Mali, le ministre a indiqué que de juin 2021 à mai 2022, son département a donné l’agrément à 15 111 entreprises qui veulent toutes, soit faire du commerce, soit de l’entrepreneuriat, soit du business.

«Donc, c’est libéral, on ne le ferme pas», a-t-il rassuré.

Donc, c’est des amplitudes, c’est des exemples, ils sont là, c’est des chiffres qui sont là, on peut les montrer à tout le monde.

« Je pense que la chose la plus importante, la plus défiante pour nous, c’est vraiment l’approvisionnement régulier du marché. Il ne faudrait pas qu’il y ait des ruptures dans les marchés. Et ça, nous nous sommes battus, avec le ministre des Finances, avec les autres départements, pour que ça se passe bien ».

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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