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Réduire le poids de l’économie dite souterraine dans l’UEMOA : Quelles mesures d’anticipation ?

L’économie informelle dans les pays de l’Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est une économie de subsistance et de pauvreté indispensable intégrant faible dimension de l’activité, famille, etc. Elle rameute des activités qui ne sont pas ou piètrement observées ou encore qui décampent à l’observation.

C’est donc une économie trapue à quantifier par nature. Peu de gouvernements s’y affrontent, parce qu’elle marche comme un amortisseur social et correspond à un regard particulier des relations humaines. C’est dans cette optique qu’elle serait exhibée par la manière dont elle échappe aux institutions. Si le poids de l’économie informelle demeure important dans le PIB des pays de l’UEMOA, les mesures d’anticipation devraient permettre sa réduction afin d’accélérer une convergence progressive en économie formelle.

Le poids de l’économie informelle dans le PIB des pays de l’UEMOA demeure toujours important

Selon une étude du Fonds Monétaire International (FMI) publiée en juillet 2017, dans la zone UEMOA, le Togo occupe la meilleure place avec un secteur informel compris entre 20 et 30%. Il est le seul pays de la zone à se classer dans cette tranche. Le Burkina Faso, le Niger et la Guinée Bissau ressortent dans le même groupe que la Côte d’Ivoire avec un taux entre 30 et 40%. La Côte d’Ivoire, étant un pays à revenus intermédiaires affiche une moyenne de 35%. Le Mali, le Sénégal et le Bénin ont un secteur informel plus concentré dans leur économie. Il représente entre 40 et 50% du PIB. A noter que l’économie informelle dans les pays développés représente entre 15 et 20% de l’activité économique.

Ainsi, le poids de l’économie informelle demeure important dans l’économie des pays de l’UEMOA. Cette situation est imputable à plusieurs aspects conduisant le développement du secteur informel, entre autres, une mauvaise gouvernance, une institution faible, les charges fiscales élevées, un système judiciaire inefficace, une bureaucratie exacerbée, la difficulté d’accéder aux financements, le manque de transparence et de traçabilité ainsi que la faible capacité d’anticipation dues gouvernements.

Quelles mesures d’anticipation ?

La restructuration de l’économie des pays de l’UEMOA doit tenir compte des domaines tels que la santé, l’éducation, la couverture chômage entre autres. Les pays de la zone UEMOA vont devoir anticiper en organisant progressivement la leur structure économique. C’est loin du subsidiaire des enjeux que exhibe aujourd’hui dans la zone : l’économie informelle.

Les pays de l’UEMOA pourraient prendre l’exemple sur le Rwanda qui a mis en place plusieurs mesures d’anticipation. En effet, depuis 2006, le gouvernement rwandais incite les petites et moyennes entreprises (PME) à tenir des comptabilités correctes conformément aux normes sous-régionales. En conséquence, le Rwanda a significativement diminué le poids de son secteur informel dans son PIB. Ces résultats reflètent la transformation de micro-entreprises familiales en petites et moyennes entreprises (PME) formelles, tributaire d’une politique efficace visant à émerger un environnement économique propice à l’essor des PME, à oblitérer les contraintes qui empêchent la formalisation et à exalter les capacités de ces entreprises pour les rendre plus compétitives. De surcroît, le Rwanda a mené plusieurs reformes notamment dans le droit du commerce, rénové la réglementation pour rendre mieux accessible les financements et hâter le processus de formalisation des activités dites commerciales. Enfin, le pays a mis en place des certifications d’activité, en reconnaissant le savoir-faire des acteurs de l’informel comme base d’une véritable convergence vers l’économie formelle.

Amadou sy
Consultant en Diagnostic Economique et Financier auprès des comités d’entreprise et comité de Groupe Européen
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