«Cibler sans complaisance les populations les plus vulnérables et proposer les réponses les mieux appropriées», c’est ce qu’attend le commissaire à la sécurité alimentaire Kassoum Denon de la première session du cadre harmonisé d’analyse et d’identification des populations en insécurité alimentaire au titre de la campagne agricole 2019-2020. Les travaux de la session ont démarré hier sous sa présidence à l’Institut national de santé publique (INSP). C’était en présence du représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) et de celui du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), respectivement Aliou Diongué et Hector Sedar Houssou.


Le cadre harmonisé est l’outil d’harmonisation des méthodologies d’analyse et d’identification des populations en insécurité alimentaire aiguë.
Consensuel et fédérateur, il est réalisé et renseigné principalement à partir des informations issues des différentes enquêtes d’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle réalisées à travers le pays. Selon le commissaire à la sécurité alimentaire, sa réalisation implique, entre autres, l’expertise classique de la situation alimentaire, l’analyse de l’économie des ménages, l’enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Si les résultats de la campagne agro-sylvo-pastorale 2019-2020 sont les facteurs contributifs les plus déterminants pour l’évaluation de la situation alimentaire, les informations concernant celle-ci sont plutôt bonnes globalement. Elles font état, selon Kassoum Denon, d’une pluviométrie globalement suffisante pour les cultures, malgré un démarrage tardif par endroits (provoquant des inondations localisées à travers le pays), d’une crue normale favorable aux cultures de riz de submersion libre et contrôlée et la production halieutique.

Ces facteurs, aux dires de Kassoum Denon, ont impacté favorablement les perspectives de récoltes qui s’annoncent moyennes à bonnes dans le pays. «Sur le plan pastoral, pour la deuxième année consécutive, la biomasse est abondante dans le pays excepté le Sahel occidental de la Région de Kayes où un déficit important a été enregistré», a averti Kassoum Denon. Il a profité de cette session pour exprimer la reconnaissance du pays à tous ses partenaires techniques et financiers.
Pour Aliou Diongué, des efforts très importants ont été déployés par l’État et ses partenaires pour améliorer les systèmes d’information et les analyses, tout en renforçant les capacités des experts en sécurité alimentaire et nutritionnelle afin de garantir la fiabilité des résultats du cadre harmonisé.
Les analyses les plus récentes montrent une amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour cette campagne par rapport aux années précédentes grâce à une bonne campagne agro-sylvo-pastorale. Cependant, s’empressera-t-il de remarquer, la situation alimentaire et nutritionnelle reste toujours une préoccupation majeure au Mali, certains régions et cercles étant plus touchés que d’autres. Cela est dû, selon lui, à une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies et l’insécurité qui touche les régions du Nord et du Centre du pays.

Khalifa DIAKITÉ

Source: L’Essor-Mali