A plus de 77%, le peuple malien a fait confiance à un homme, il a cru en son projet programme de société. Après seulement quelques mois, de l’embelli, l’espoir commence à faire place au doute. Un doute sceptique. Pourquoi l’horizon commence t-il à s’assombrir aussi précocement ? Nous nous sommes plusieurs fois posé cette question à chaque événement douloureux, sans vouloir croire en ce que la Raison nous a dicté automatiquement : « Les hommes sont incapables ».

abdoulaye niangaly journaliste depeche

Après un échange assez tendu avec un politologue français qui s’obstinait à me faire croire que le Président Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas encore trouvé les hommes dignes de confiance, je me suis résolu à rabattre le caquet tant ses arguments étaient cartésiens.

Un autre professeur de philosophie m’avait déjà prévenu que IBK sera trahi par ses propres hommes.

Les faits aujourd’hui lui donnent malheureusement raison.

Systématiquement, les cadres auxquels, il a fait confiance, démontrent aujourd’hui tout leur talent de prédateurs cocasses. Ils rivalisent dans le népotisme et le clientélisme que notre cher Président IBK à juré devant le peuple, la main sur le cœur de combattre avec la dernière rigueur.

Survolez avec moi, les cas les plus ahurissants.

En nommant au poste de PDG de l’Office du Niger, Ilias Goro (un cadre au statu mitigé), IBK savait il qu’il creusait ainsi des abimes pour les espoirs des producteurs de l’Office du Niger ? Des contrats taillés sur mesure sont signés pour des cadres retraités de l’Office qui ne doivent leur poste qu’à leur appartenance au parti au pouvoir. Nous ne citerons pas pour l’instant ni les noms, ni les montants faramineux qu’ils encaissent par mois. Le président sait il aujourd’hui, combien les caisses de l’Office souffrent des financements occultes des activités du parti  dans la région de Ségou? J’en doute fort, tel que je crois connaitre le Président patriote qu’est Ibrahim Boubacar Kéita.

A la décharge du pauvre PDG Ilias, IBK sait il combien les responsables des structures d’Etat souffrent du harcèlement de certains cadres tapis dans les couloirs de Koulouba ?

S’il savait que tout ceci se faisait en son nom, je suis convaincu qu’il aurait eu une autre attitude vis-à-vis de ceux qui prétendent être ses amis.

Ne nous attardons pas sur l’Office du Niger où les casseroles se multiplient dans un silence absolu.

La CMDT, est un cas particulièrement scandaleux pour un président qui affiche un attachement aussi fort à la moralité dans la gestion des affaires publiques.

Depuis qu’il est arrivé à la tête de la CMDT, le nouveau PDG, s’est cru installé dans une entreprise patrimoniale, où on peut se permettre de s’enrichir aussi promptement qu’une poule affamée picore le mil.

Ici, l’administration est devenue une véritable pétaudière. Des cadres sont recrutés sans test ni concours, les appels d’offres sont ensevelis et enterrés. Les commandes de camions, de véhicules utilitaires, les commandes industrielles sont passées gé à gré. Comme pour se moquer de l’orthodoxie en matière de gestion, le PDG engage des travaux non prévus dans le budget au moment de leur réalisation. C’est le cas du marché gré à gré passé avec des Chinois pour le bitumage d’une route à Sikasso. Ces travaux sont purement politiques. Le PDG que je refuse de nommer est originaire de Sikasso.

Dans un épisode effarant, je reviendrais sur la mafia qui règne sur les marchés des intrants. Il s’agit pour les non initiés des surcouts énormes engendrés par un processus digne de la camorra mexicaine.

Que dire donc du ridicule spectacle auquel se livre le ministre du développement rural, qui s’aligne aveuglement derrière Bakary Togola, un opportuniste de toutes les saisons, pour piétiné les textes de l’Acte Uniforme de l’Ohada ?

Comment peut on admettre que rien pour ses instincts boulimiques, un analphabète réussisse à trainer des Docteurs dans la boue ? Allez y savoir.

Qui aujourd’hui est fier du gouvernement en place ? Personne, même IBK lui-même sait qu’il n’a qu’un collectif de tocards.

Le président IBK ne sera jamais fier de tous ces gens en qui il a fait confiance et qui sont entrain de le poignarder dans le dos. Disons comme ça !

En tout cas, les choses vont être révélées au grand jour. Par devoir morale nous avons estimé qu’il faille porter cette alerte, et par obligation professionnelle, nous reviendrons comme le charcutier. Nous découperons les prédateurs de quelque bord qu’ils soient, avec notre hache, et avec le plus grand plaisir.

Bref, vous avez tout compris, le bateau s’enivre, tangue et tangue…… A bon entendeur salut.

Abdoulaye Niangaly

Source: La Dépêche