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CE QUE J’EN PENSE : L’injonction des députés au gouvernement

L’amour du prochain est l’échine de la vie en société. Dans notre pays, les sages de toutes les ethnies ont traduit en des milliers de proverbes cette vérité. Les Bambaras ne disent-ils pas que « hinè bé déli la ». Ainsi, dans la famille, la proximité des membres suscite entre eux la confiance, la convivialité, la fraternité, la solidarité (hiné).

La campagne électorale pour les législatives du 29 mars 2020 se déroule tambours battants. Le renouvellement des députés qui siégeront bientôt à l’Assemblée nationale est un test majeur de leur adhésion aux valeurs fondatrices de notre pays : vérité, justice, solidarité.
Les conflits intercommunautaires que nous vivons ne sont-ils pas le résultat du cumul des déceptions à la base de l’échelle sociale ? Le constat est patent. Le monde rural ne veut plus vivre avec des déceptions quotidiennes. Il reprouve les gaspillages d’argent dans les cérémonies sociales à travers Bamako.
à ce jour, aucune limite n’est fixée aux dépenses électorales des candidats aux législatives comme aux municipales. Quel document-bilan plaide en faveur des députés sortants de la dernière législature ? Combien de députés de la majorité et de l’opposition ont soumis des propositions de lois pendant la dernière législature ?
Le leadership politique, depuis les événements de mars 2012, est caractérisé par une certaine témérité. Les électeurs après les élections législatives ou municipales sont abasourdis par l’obstination d’un fort quota des nouveaux élus à vouloir tirer profit de toutes les subtilités, de toutes les failles de certaines lois pour rester à ne rien faire dans les fauteuils des hautes fonctions. Très peu de députés et de maires rendent de bons services au cours des mandats. Ils ne ressentent plus de l’amour pour leur prochain.
L’exception ne confirme-t-elle pas la règle en ce moment ? La majorité politique «Ensemble Pour le Mali» a démontré que les partis politiques qui l’ont initiée ont oublié de serrer les vis. Le puzzle ne s’est-il pas désuni ? Plusieurs syndicats d’enseignants observent depuis des mois une série de grèves. Les négociations peinent à déboucher sur une entente.
L’application de l’article 39 de la loi du 16 janvier 2018, demeure une pomme de discorde, l’école malienne en danger. Pour ne rien arranger, certains députés à l’Assemblée nationale et le gouvernement ne soufflent plus dans le même cor «Ensemble Pour le Mali». La faiblesse de l’analyse politique de la situation de crise que le Mali traverse n’est-elle pas désormais avérée ?
Est-ce par calcul politique pour ne pas se mettre à dos les enseignants à la veille du renouvellement des mandats des députés ? Est-ce pour rappeler au Premier ministre Boubou Cissé, que depuis près d’une année, après sa nomination, il n’a présenté ni une Déclaration de politique générale, ni un Programme de gouvernement ? Des députés ont désavoué publiquement le gouvernement, estimant que les grévistes doivent être mis dans leurs droits.
L’exécutif n’a pas répondu à cette injonction du législatif. Le jeu politique obéit à des règles. Le dialogue et la concertation en sont l’épine dorsale. Est-il nécessaire de le rappeler à la classe politique ?

Sékou Oumar DOUMBIA

Source : L’ESSOR

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