Depuis trois semaines, les manifestations contre les mauvais états de certaines routes dominent l’actualité au Mali. Beaucoup de ces manifestations se sont tenues dans les régions de Kayes et Tombouctou qui étaient parmi les gros électeurs du président candidat Ibrahim Boubacar Keita à la présidentielle passée. Les promesses non tenues du locataire de Koulouba ont suscité la colère de ces populations qui, malgré son échec patent pendant le premier quinquennat, ont porté leur confiance en lui. Un an après la réélection d’IBK, les espoirs des populations de Kayes, Kati, Tombouctou et plusieurs autres localités ont été brisés. Le changement annoncé par IBK est devenu pour eux un rêve. Elles ont, face à ces déceptions, décidé de réclamer leurs droits.

 

Le cas Kayes, parlons-en ! Peu de Maliens croyaient en la victoire d’IBK à Kayes à la présidentielle passée, tellement que cette région était enclavée, laissée à elle-même, tout au long du premier mandat d’IBK. Mais à la plus grande surprise des Maliens, il a remporté les deux tours des deux élections présidentielles dans cette région. Il a certainement pu convaincre les Kayesiens qui voulaient voir la route Bamako-Kayes en bon état, qui voulaient voir leurs frères résidant à l’extérieur atterrir à l’aéroport Dag Dag de Kayes. Un an après l’accession d’IBK à la magistrature suprême pour un second quinquennat, le rêve des populations de Kayes est devenu une illusion. IBK n’a pas transformé leur enfer routier en paradis routier par la réhabilitation de la route Bamako-Kayes.  Déçus du président de la République, les Kayesiens, à travers la jeunesse, ont pris leur responsabilité en obligeant les autorités à reprendre les travaux de réhabilitation de la route Bamako-Kayes. À travers leur message fort, leur décision qui restera inoubliable dans l’histoire du Mali, les jeunes de Kayes sont sur la voie de réussir leur combat, surtout avec le démarrage des travaux de réhabilitation de la route Bamako-Kayes.

En plus des Kayesiens, IBK a déçu les Tomboucticiens. Les récentes manifestations des jeunes du collectif « Tombouctou réclame ses droits » l’attestent. Pendant la campagne électorale de la présidentielle passée, qui n’a pas vu notre président candidat, lâché par son ancien protecteur Cherif N’bouyé Haidara de Nioro du Sahel et Mahmoud Dicko de Bamako, aller se confier aux érudits de Tombouctou, s’agenouiller tel un élève coranique devant son maitre, pour avoir des bénédictions et soutiens. Un an après son accession au pouvoir, c’est cette ville des 333 saints qui manifeste pour être mise dans son droit. Comme à Kayes et Kati, les jeunes de Tombouctou dénoncent l’enfer routier et réclament, la reprise de travaux de la route N’goma Coura-Tombouctou. IBK aura certainement honte en comparant l’image de cette manifestation des jeunes de Tombouctou à celle de sa campagne avec les érudits de la ville. Cette manifestation est le résultat de son échec, de la déception de la population de la localité, de sa gouvernance chaotique.

À Kati aussi où les jeunes du mouvement « Sirako » ont bloqué la route durant des jours, le président IBK a déçu ses électeurs.

Les manifestations à Kayes, Kati et Tombouctou, pourtant gros électeurs d’IBK en 2018, expliquent, en tout cas, leur degré de déception de la gouvernance actuelle du Mali. Comme pendant son premier quinquennat, IBK continue de décevoir. Espérons qu’il en reste là.

Boureima Guindo

Source : Le Pays