La classe politique malienne est en pleine recomposition. Les alliances nouées la veille ou après élection présidentielle de 2018 sont dans un état comateux, pour ne pas écrire à l’article de la mort. La Plateforme Ensemble pour le Mali (EPM), la coalition ayant soutenu la candidature d’Ibrahim Boubacar Kéïta pour un second mandat, s’est fissurée pour donner naissance à plusieurs petits bébés. Pour le moment,  il  y  a  le  Pôle  de  consensus  politique  avec Jeamille Bittar, l’Action Républicaine pour le progrès (Arp) de Tiéma Hubert Coulibaly. Kalifa Sanogo, Mamadou Sidibé, Yeah Samaké, Djénebou N’Diaye ont annoncé leur départ de l’EPM à travers la création de la Coalition des anciens candidats à l’élection présidentielle. L’ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga a annoncé, le week-end dernier à Ségou lors de la rentrée politique de son parti, que l’Asma CFP et l’ADEMA-PASJ travaillent à la création d’un nouveau front.

 

Au niveau de l’opposition, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), cherche à se positionner après les incompréhensions distillées çà et là au sein de l’opinion suite à la signature de l’Accord politique de gouvernance par certains de ses partis membres, notamment le Parena de Tiébilé Dramé et le Psp d’Oumar Hammadoun Dicko, respectivement ministre des Affaires étrangères et celui du Travail et de la Cohésion sociale.

La Coalition des Forces patriotiques (CoFop) semble en hibernation. Il n’est pas exclu qu’Oumar Mariko et Moussa Sinko Coulibaly se retrouvent avec d’autres autour de Modibo Sidibé des Fare pour constituer un autre front de l’opposition. Déjà la tentative du RpDm de Dr Cheick Modibo Diarra et de l’ADP-Maliba de Youba Ba de former un bloc contre la prorogation du mandat des députés est vouée à l’échec L’ADP-Maliba n’est pas un allié sûr sur lequel il faut s’appuyer pour combattre le pouvoir. La visite effectuée le 24 juin à Nioro du Sahel chez le chérif par le Président de la République, qui semble avoir quelque peu détendu l’atmosphère entre les deux hommes, aura une influence certaine sur la conduite de la formation dirigée par l’opérateur économique, Aliou Boubacar Diallo.

Cette dispersion des forces de l’opposition offre certainement une bouffée d’oxygène au Président lBK, rassuré de la présence à ses côtés d’un grand agitateur, en occurrence Tiébilé Dramé Toutefois, le plus grand danger qui guette le Président fondateur du Rassemblement pour le Mali (RPM) est  l’inorganisation de ses soutiens. Ainsi, la dislocation de la Plateforme EPM peut s’expliquer par deux hypothèses.

Primo : il s’agit d’une manœuvre du pouvoir de réorganiser ses soutiens en plusieurs fronts afin de peser lourd sur les échéances à venir notamment le projet de révision de la constitution devenue une obsession pour le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta Secundo : un véritable malaise secoue des soutiens du Président de la République accentué par les frustrations nées de la formation du gouvernement de Dr Boubou Cissé.

Si la première pourrait permettre au pouvoir de noyer l’opposition dans les débats sur les réformes, la confirmation de la seconde hypothèse qui multiplie les interlocuteurs avec chacun ses porores revendications peut s’avérer dangereuse. L’émiettement de l’EPM se fait au détriment du RPM qui fête ce 30 juin son 18ème anniversaire avec inquiétudes et interrogations sur son avenir. L’affaiblissement du RPM au profit d’autres forces politiques comme cela se dessine pourrait fragiliser d’avantage le Président de la République et son gouvernement.

Par Chiaka Doumbia.

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