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Edito : La République qui bouffe ses enfants

Prosternez-vous, dénoncez, marchez… utilisez tous les moyens pour vous faire entendre, nos dirigeants resteront toujours sourds et muets.

C’est le triste constat auquel nous assistons depuis un certain temps. Le non-respect des accords convenus entre l’Etat malien et des syndicats, de simples citoyens maliens. Ces doléances rangées dans les placards ont causé une montée fulgurante des tensions sociales au Mali. Les agents de la santé, les travailleurs compressés (CMDT, HUICOMA, les Chemineaux etc.) ; les handicapés ; les enseignants etc. tous portent très haut leurs voix depuis des années sans succès. Les autorités maliennes trainent toujours les pas. L’Etat à travers ses agents se dédit. Ils sont d’accord aujourd’hui, demain ils avancent des pretextes pour argumenter leur refus d’honorer leurs engagements.

Ce comportement irresponsable plombe négativement l’image du Mali et fait du Président de la République un homme dont les propos ne sont plus à prendre au sérieux. Lors des campagnes présidentielles, IBK avait promis de résoudre plusieurs doléances sociales. Et sa vision prenait en charge les maliens de l’intérieur et de l’extérieur.

Mais aujourd’hui, le peuple souffre plus qu’il ne l’était hier. Il a été berné. Partout, les conditions de vie se dégradent. Les familles se disloquent à cause de manque de moyen. Les hommes et femmes victimes de cette situation, il est difficile de les regarder deux fois sans couler des larmes. Allez-y à leur contact, ils vous raconteront  des histoires qui révoltent. Des témoignages qui donnent envie  de tout tenter sauf le bien afin de réparer le préjudice que l’Eta leur a causé.

Les agents de la santé et les syndicats des enseignants se sont investis dans un rapport de force et l’Etat sentant le pire arrivé cède de façon partielle. Il promet mais refuse encore d’honorer ses promesses. C’est ce qui explique aujourd’hui la paralysie dans les écoles maliennes. Malgré d’autres promesses, les syndicats refusent de reprendre les cours tant que l’accord conclu entre eux et l’Etat n’est pas réglé définitivement.

Ceux-ci ont une force, ils sont en fonction et ont des soutiens. Mais les compressés, les handicapés, ils sont les parias de la société. Leurs voix ne portent pas et ils n’ont aucun moyen. Pendant des années, ils se battent afin d’entrer dans leurs droits sans succès. Quand ils manifestent, ce sont des matraques et  gaz lacrymogènes qui règlent leur compte comme ce fut le cas des femmes des travailleurs compressés de l’HUICOMA.

Dans quel pays sommes ? Une République vampire qui suce le sang de ses enfants, les mange.

Ils refusent de payer les droits de ceux-là qui ont servi la nation avec loyauté ; ils refusent d’aider les personnes handicapées, tandis qu’ils passent le clair de leur temps à affaisser l’économie du Mali. Ils pillent nos ressources sans craindre la moindre sanction. Eux et leurs familles font la java sous le regard impuissant des citoyens.

Il est temps que cela s’arrête. Le Mali est un bien commun. Les ressources doivent être partagées de manière égale. Que chacun ait ce qu’il mérite. C’est à cela que tout le peuple doit s’atteler en usant de toutes ses forces afin de plier ces gouvernants qui ont l’air insensible.

Boubacar Yalkoué

Le Pays

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