À l’origine du chaos actuel, se trouve le mensonge. Les intellectuels, les décideurs politiques et les militaires hauts gradés de ce pays le savent très bien. Mais, ils ne vont jamais avoir le courage de nous dire la vérité. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont peur pour leurs privilèges, leur réputation, la suite de leur carrière politique ou professionnelle…

 

Le Mali est le cadet de leurs soucis. Il ne faut pas compter sur cette catégorie de Maliens pour mener une véritable lutte de libération. Ça serait une énorme perte de temps. Ils ont déjà des comptes bancaires à l’extérieur et leurs enfants disposent de la double nationalité ou ont des facilités administratives pour se déplacer.

On nous avait dit que la France, en intervenant au Mali, n’a fait que répondre à l’appel au secours du président Dioncounda Traoré. Comment celui-ci est-il devenu président par intérim après le coup d’État de mars 2012? Qui a soutenu ce coup d’État ? Qui est-ce qui est à la base de ce coup d’État ? Pour qui travaillait le président intérimaire ?

On nous avait également dit que la guerre de la France au Mali a été menée dans le but de lutter contre les “djihadistes”. Comment ces djihadistes se sont-ils installés au Nord Mali ? Avant les événements de mars 2012, les leaders des trois mouvements djihadistes à savoir Aqmi, Mujao et Ançar Dine n’étaient-ils pas en contact avec le DRS algérien et la CIA américaine ? Comment peut-on sortir un tel argument alors que les Américains et l’Otan n’ont pas hésité à armer et à soutenir les djihadistes contre le Colonel Khadafi et que ces mêmes pays continuent de soutenir les djihadistes contre Bachar Al Assad ?

Enfin, un autre argument utilisé pour justifier l’intervention militaire étrangère était la protection des droits humains. Il fallait agir sinon les méchants djihadistes allaient imposer la sharia au Mali, lapider les femmes et couper les mains des voleurs. Pourquoi, bon Dieu, ces pays ont-ils participé à l’accession au pouvoir – en Égypte, en Tunisie et en Libye – d’islamistes qui ont décidé d’appliquer cette sharia dans ces pays qui jadis étaient modernes et progressistes ?

Comme le disait le regretté Fily Dabo Sissoko : “tongnalébélabana” (la vérité finira toujours par triompher!). Tôt ou tard, beaucoup d’intellectuels, d’hommes politiques et de militaires hauts gradés de ce pays finiront par se retrouver sur le banc de l’histoire en ayant sur leur conscience le sang de tous ces innocents qui sont en train d’être sacrifiés sur l’autel de la défense des intérêts privés des multinationales.

La Rédaction

 Le Démocrate