Entre Nous : La poisse !

Ibrahim Boubacar Keïta a été conseiller diplomatique, ambassadeur, ministre des Affaires étrangères, Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré et Président de l’Assemblée nationale sous le premier mandat du Général Amadou Toumani Touré. Il est depuis le 04 septembre 2013 président de la République du Mali, élu sous les couleurs du Rassemblement pour le Mali, la formation politique qu’il a créée suite à son départ de l’ADEMA-PASJ pour concrétiser son ambition d’accéder à la magistrature suprême. Haute charge que son mentor en politique, Alpha Oumar Konaré, pensait qu’il n’était pas en mesure d’exercer.

 

De la prestation de serment du président Ibrahim Boubacar Keïta à la date d’aujourd’hui, le Mali est devenu une nation en deuil perpétuel. L’effusion du sang des innocents ne s’arrête pas.

Des accidents d’avion. Le 24 juillet 2014, un avion de la Compagnie Air Algérie quittant Ouagadougou s’est crashé à Gossi avec un bilan de 116 morts. Le 07 avril 2020, un avion de chasse Super Tucano de l’Armée de l’air est tombé à Sevaré tuant les deux personnes à bord en l’occurrence le pilote et son copilote.

Les routes tuent par dizaines. Juste deux exemples pour illustrer cela. Le 28 juillet 2020, une collision entre un mimi-car et un camion-benne a fait officiellement 22 morts. Le 19 mai 2020, la collision entre un camion et un Sotrama fait 20 morts sur la route nationale RN5 non loin de Naréna.

Des morts sous les eaux. Le 13 octobre 2018, deux pirogues ont chaviré au niveau d’Arnassey, dans la commune rurale de Borem-Inaly, région de Tombouctou causant la mort de 26 personnes. En avril 2019, une pirogue chargée de marchandises a chaviré à Sarakala, à 5 km de Markala dans la région de Ségou faisant une dizaine de morts.

Des bandits exécutent froidement des paisibles citoyens pour s’emparer de leurs biens. L’assassinat de Dr Abderhamane Kodjo dans sa pharmacie à Kalaban-Coura en commune V du district de Bamako en est un exemple.

Des véhicules sautent sur des mines faisant des morts dans des conditions effroyables au nord et au centre. En janvier 2018, un véhicule transportant des forains en direction de Boni dans la région de Mopti a sauté sur une mine et ses 26 occupants sont tous tués.

Des attentats terroristes ont endeuillé le Mali et les partenaires du Mali. La Terrasse de Bamako, Sevaré, Radisson Blu, Campement Kangaba. Sans oublier les attaques contre les casques bleus de la MINUSMA et les soldats de l’opération française Barkhane.

Des villages entiers sont incendiés. Des greniers réduits en cendre. Des populations civiles massacrées en masse : Kologo, Ogossagou, Sobane. Des personnes brûlées, égorgées ou décapitées. Des images et autres vidéos de ces scènes horribles circulent sur des réseaux sociaux.  Du 1er avril au 30 juin 2020, la MINUSMA a recensé la mort de 323 personnes, dont 23 enfants et 11 femmes.

Des militaires tombent par dizaines sur le champ d’honneur à la fleur de l’âge. Kidal, Nampala, Guiré, Soumpi, Dioura, Tarkint, Boulkessi, Indelimane, Tabankort, Sokolo, Bouki-were. La liste des attaques meurtrières contre les éléments des forces de défense et de sécurité n’est pas exhaustive.

Au regard du décombre macabre au quotidien, on est tenté d’affirmer que la poisse accompagne le président IBK dans sa gestion des affaires publiques.

Chiaka Doumbia

Source: Le Challenger

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