Des ‘’microparticules’’ d’activistes ou vidéastes continuent toujours d’insulter le président IBK, sa famille et son régime. Alors que l’opposition politique elle-même qui a fabriqué, entretenu et saoulé la plupart d’entre eux, a tourné la page de la présidentielle. Son grand mobilisateur, le porte-parole du CDR, Ras Bath a clairement dit que son contrat avec Soumaïla Cissé a pris fin dès la proclamation des résultats. Toujours concernant cette opposition la lutte n’est plus à contester la légitimité du vainqueur proclamé du scrutin du 12 aout mais de maintenir la pression sans véritable consistance dans le mot d’ordre. C’est le cas de la proclamation de l’obéissance civile par le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD). Cette décision (irréfléchie)  n’a pas dépassé le temps du meeting. Cela tout simplement, par ce que l’opinion a été témoin de l’enthousiasme que le chef de file de l’opposition exprimait à l’ouverture de la session parlementaire d’octobre.

L’opposition après avoir fini avec ses cris séditieux sur des fraudes de bourrage d’urnes au point de vouloir susciter de bicéphalisme au sommet de l’Etat a cadré son combat. Sinon le confiner en une lutte contre le découpage administratif. Depuis que son leader a enfilé son écharpe de député, on a arrêté de l’appeler pompeusement ‘’Monsieur le Président de la République’’. Par la force des choses, cette option  a été abandonnée. Même la mission d’observation de l’Union Européenne a mis dans son rapport qu’il n’y a eu aucun cas de fraude pouvant  mettre en cause les résultats du scrutin. Qui ont fait élire Ibrahim Boubacar Kéita à la tête du Mali pour son second mandat.

Soumaïla Cissé lui-même a arrêté de faire le Jean Ping (opposant gabonais qui s’est autoproclamé président de la République) dès qu’il a compris que cela n’est pas l’avis de ceux qui l’accompagnent. L’horizon s’est maintenant dégagé. La majorité au pouvoir et ‘opposition sur le terrain de la contestation. Après son Premier ministre qui a pris depuis belle lurette son bâton de pèlerin de chef de gouvernement, il revenait au Président IBK de confirmer sa posture. Tâter le terrain et jauger sa cote auprès des vrais Maliens (ceux de l’intérieur). Pour ce faire, la première région était la mieux indiquée. Kayes au-delà de son encrage culturel est par réputation la terre de la forte communauté des Maliens de l’extérieur. Pour rappel, c’est dans cette région, lors de sa visite de novembre 2017 que le président IBK a essuyé sa plus grosse humiliation de son premier quinquennat. Cela lorsque certains ministres, dont celle qui avait en charge la Promotion féminine ont pris de l’argent sans pouvoir réussir à mobiliser les kayésiens. Au lieu de ‘’Vive IBK’’ sur un plus grand nombre de points centraux de cette visite, on a entendu « Boua Ba bla ».

Même si lors de la campagne électorale, le ‘’Mandé Massa’’ a pu renverser positivement la tendance en sa faveur, avec une mobilisation sans pareille au stade Abdoulaye Macoro Sissoko, il n’était pas évident qu’un tel exploit y soit réédité. Surtout que l’arrêt du train et la dégradation avancée de la route de Kayes étaient devenus des arguments de démobilisation pour remonter les kayesiens à vomir le régime.

Tout en chassant que tout n’est pas rose, en véritable Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita a pris son courage à deux mains pour aller à Kayes.  Un bon coup politique, qui n’était pas sans risque au regard de nouvelles manœuvres des opposants, visant à gâcher chaque déplacement du président IBK. Comme ce fut le cas à Washington et Paris. Cela a payé. Sans quoi, un moindre couac allait amener le prince du jour à prendre enfin conscience que sa réélection fut une erreur. Mais, loin s’en faut, les kayesiens de l’aéroport à HawaDembaya sont sortis nombreux pour réserver un accueil digne de ce nom à leur président de la République. Même enthousiasme chez les notables de la ville qui ont reçu ‘’Koutiala Bouraba’’ comme dans le Miankala.

La cerise sur le gâteau fut l’inauguration de la nouvelle centrale thermique d’une capacité de production de 158 mégawatts. Les antagonistes disent qu’il s’agissait d’un projet de l’ancien président ATT. Seulement ils ignorent le fossé entre le projet et le réel.

En somme, cette visite du président IBK à Kayes confirme sa légitimité sur toute la ligne, accroit sa cote et l’oblige à savoir qu’il est d’abord le président des Maliens de l’intérieur. Donc il doit maintenant consacrer 80% de ses sorties aux régions du pays. Va-t-il nous écouter ?

Moustapha Diawara

 Le Sursaut