Mali: Une transition politique, des attentes au couloir

Alors que la transition a prend forme, nous avons demandé à un échantillon de Maliens (non exhaustif) au numéro 285 (version papier) de nous définir leur Mali kura. Dans différents domaines, huit en tout (politique, économie, éducation, santé, justice, sécurité, culture, sport). Retour sur ces personnes rencontrées. 

Ami Yerewolo, rappeuse : « Le ministère de la Culture doit être dirigé par un artiste »

Sous le nouveau Mali, j’aimerais que le ministère de la Culture soit dirigé par un artiste car personne ne peut mieux connaître l’art que l’artiste. En outre, il faudra que le budget destiné à la culture soit augmenté, dirigé par des organismes plus structurés et qu’il y ait un suivi. On a vu récemment que, sur beaucoup de dons destinés aux artistes, ils ne reçoivent rien. Sauf certains, par affinité. Il faut reconnaître le mérite de chacun et ne pas encourager la médiocrité afin que la culture malienne s’exporte au-delà de nos frontières. Aujourd’hui, je vis de la musique malgré ma licence en finance et comptabilité. Sous ce nouveau Mali, j’aimerais que l’art soit considéré comme un métier comme un autre, qui mérite le respect. Je suis une femme rappeuse, il faut mettre fin à la discrimination et réserver une plus grande place à l’égalité.

Afin que l’industrie culturelle soit viable, les radios et boîtes de nuit doivent payer des droits d’auteurs aux artistes. Malheureusement ce n’est pas le cas. Il n’y a que quelques organisations qui paient, comme un réseau de téléphonie mobile, chose qui n’est pas du tout normale dans un état démocratique. L’artiste malien vit au jour le jour alors que chacune de ses œuvres est un héritage dont il devrait vivre dignement, même après avoir cessé de produire. Qu’il n’ait plus à mendier, à faire le griot.

Il faudra aussi que tous mes jeunes entrepreneurs culturels bénéficient de l’accompagnement de l’État, parce qu’ils essaient de créer de la valeur ajoutéeJ’espère que ce nouveau Mali va encourager ceux qui travaillent, non les médiocres. Eles artistes doivent avoir accès aux services de sécurité sociale, d’Assurance maladie obligatoire. Qu’on ait enfin le Mali qu’on veut !

 

Dr Tembely Koné Fanta, médecin : « La santé est indicateur de développement »

En tant que femme, médecin, mère de famille, leader dans la promotion des soins de qualité, je pense que le nouveau Mali ne sera pas au rendez-vous si la santé n’est pas au rendez-vous. Il faut améliorer les ressources humaines et les plateaux techniques, qui sont insuffisants pour répondre aux besoins.

Les conditions de vie et de travail des agents de santé doivent l’être aussi, compte tenu des efforts fournis et des risques de contamination encourus. Nous sommes loin des objectifs fixés par l‘OMS, dont 1 médecin pour 10 000 habitants.

Les améliorations sont aussi à apporter aux CSCom, avec la relecture des textes qui les régissent et leur médicalisation afin que les Docteurs soient plus stables. Dans les CSRéf, l’amélioration doit concerner les plateaux techniques, surtout en réanimation. Dans les CHU, il faut rendre fonctionnels à 100% les laboratoires d’analyse, les banques de sang et l’imagerie, pour avoir des hôpitaux dignes de ce nom. Enfin, il faut agrandir l’hôpital Gabriel Touré, compte tenu de son emplacement, en récupérant l’École nationale d’ingénieurs (ENI).

Dans le Mali nouveau, le recrutement direct des médecins, sans concours, doit être systématique pour éviter que certains s’exilent, ce qui constitue une perte pour l’État. Il faut aussi suspendre les universités privées, parce que tous les diplômés de la Faculté de médecine et d’odontosmatologie (FMOS) ne sont pas recrutés par l’État.

Des milliers des médecins sortent en effet et sont laissés à eux-mêmes, sans être utilisés. Des concertations ont été récemment menées sans faire cas de la santé, qui est pourtant l’un des indicateurs du développement d’un pays. Le SYMEMA (Syndicat des médecins du Mali) avait pourtant demandé audience au CNSP avant. Si nous voulons réussir dans le secteur de la santé, il faut impliquer impérativement ses acteurs, qui maîtrisent au mieux ses problèmes.

Pr Assétou Founé Samaké, FST/USTTB : « Que nul ne devienne enseignant par défaut »

Quelle éducation pour le renouveau du Mali, par où commencer ? Si nous voulons sortir de cette crise et préserver notre dignité en tant que Nation, nous avons l’obligation de générer nous-mêmes les ressources intellectuelles, politiques, institutionnelles et matérielles nécessaires à l’éducation et à l’instruction de nos concitoyens.

Seule une instruction publique laïque de qualité donnera la possibilité au plus grand nombre d’accéder aux savoirs, aux informations diverses et adéquates, tout en forgeant les capacités de jugement et de participation aux affaires publiques.

Ces aptitudes, socle de la dignité politique pour tout citoyen, constituent la sève qui nourrit la démocratie et la maintient en tant que réalité politique, économique, sociale, civique et morale. Le Mali, notre pays, qui se veut démocratique et laïc, doit résolument penser les conditions de cette instruction publique.

Quelles sont-elles ? L’acceptation commune du sens de la connaissance et de ses finalités pour la Nation malienne ; la conformité sans ambiguïté entre politique éducative et politique globale de développement ; une approche holistique du système éducatif ; une éducation plus pratique et professionnalisante et enfin la condition de première grandeur qu’est la préparation et l’éducation des enseignants, de tous les enseignants, du préscolaire au supérieur.

Au regard de leur rôle de premier ordre dans les institutions scolaires et universitaires, les Écoles normales, Instituts de formation des maîtres (IFM), École normale supérieure (ENSUP), École normale d’enseignement technique et professionnel (ENETP), doivent faire l’objet de toutes les attentions en termes de rigueur et de suivi. Que nul ne devienne enseignant par défaut ! Cette profession, hautement stratégique pour la Nation, doit être réservée aux excellents.

La renaissance de l’École malienne doit commencer par une réelle mise à niveau des Écoles normales, aux plans intellectuel et matériel. Les ressources humaines ayant la qualification et les boursiers d’excellence d’ici et de la diaspora doivent être impérativement mobilisés pour les relever. Les dix-huit mois de la transition sont suffisants pour enclencher un tel mouvement.

Adama Traoré, Président de la Coalition malienne pour la diversité culturelle : « Pour le Mali nouveau, si on essayait la culture ? »

Pour chacun de nos instruments traditionnels de musique, établir des chartes de compétences et affecter des certifications. Créer des centres labellisés où des docteurs en kora, balafon, djeli n’goni, donneront des cours. Comme des petites et moyennes entreprises, ils payeront des taxes à l’État et nos entrepreneurs culturels sortiront de l’informel. Les artistes auront un statut fiscal tenant compte de la spécificité de leurs métiers, du temps de recherche, des créations, des tournées, etc…

Un joueur de kora, un comédien et un danseur cotiseront aux régimes de sécurité sociale aux mêmes taux que les fonctionnaires de leur catégorie, mais selon leurs rentrées d’argent, l’objectif étant de payer dans l’année. Au bout d’un certain temps, ils bénéficieront de la retraite.

Une industrie culturelle repose sur une chaîne de métiers. Nous avons des métiers dans la création, dans l’administration et dans la technique. Des dictionnaires de compétences seront élaborés et il y aura une validation des acquis de l’expérience.

La culture, c’est une niche d’emplois. Le décret de 2016 qui transfère les compétences aux collectivités sera accompagné du transfert des ressources. Les salles et autres espaces appartenant souvent aux communes, avec une mutualisation intelligente des moyens se créera un marché national.

Les autres fonctions seront exploitées et le cinéma pourra aider à la formation à la citoyenneté. Un peu de créativité pour garnir son fonds et organiser son fonctionnement permettra de faire des productions de qualité. Le marché intérieur sera fourni et le marché international, notre diaspora, sera un levain.

Pour la diffusion de nos œuvres, nous créerons des boutiques virtuelles. Notre culture n’est pas incompatible avec l’informatique. Au contraire, c’est une opportunité pour nous.

La culture pour éduquer aussi, car les gros problèmes de développement sont des problèmes culturels, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’agroécologie… La culture est présente partout. Nous nous gargarisons de notre richesse culturelle, mais ne faisons rien pour son essor. La culture, un espoir pour le Mali nouveau !

 Mohamed Soumare, consultant sportif : « La formation au centre de tout »

Dans un premier temps, il nous faut insister sur la formation des administrateurs du sport. C’est un domaine large, mais il faut choisir parmi les cadres supérieurs du sport, former les administrateurs. Ces dernières années, nous avons eu pas mal de problèmes dans différentes fédérations sportives. Nous avons eu pas mal de litiges dus à la non-compréhension des textes et à leur mauvaise interprétations. Il nous faut des administrateurs de niveau international. La plupart sont des cadres reconvertis ou des personnes qui n’ont pas un cursus scolaire accompli, qui peuvent mal interpréter les textes. Dans mon Mali nouveau, il faut revoir la formation au lycée sportif, destiné à produire des sportifs d’élite. Mais, nous constatons que presque 20 ans après, cela n’a pas eu lieu. Après le Bac, les élèves font des études supérieures et passent à autre chose. Il nous faut une formation continue des dans nos fédérations sportives, technique et médicalepuis proposer un plan de reconversion aux sportifs et l’insérer dans le programme des fédérations. C’est comme cela que je vois le nouveau Mali sportif. Puisque la presse est un acteur incontournable, il faut la professionnaliser afin que ça n’aille pas dans tous les sens, car elle a été pour beaucoup dans la déliquescence des relations au sein de certaines fédérations. La psychologie du sport est aussi importante. Certains étudiants maliens sont au Venezuela pour étudier cette discipline, il nous faudra voir comment la booster. Le sportif malien marche beaucoup au mental et à chaque fois que ça n’a pas marché, à Brazzaville en 1965 ou à Yaoundé en 1972, le mental a fait défaut. Dans mon Mali nouveau, il faut rénover nos infrastructures sportives, qui subissent l’usure du temps. Il faut mettre l’existant aux normes internationales et construire d’autres infrastructures, notamment à San, avec du tartan. Chaque année s’y déroule le meeting d’athlétisme, mais sur terre battue. Pour le basket, il faut des salles multifonctionnelles dans les capitales régionales.

Mme Thiero Doh Rachel Sogoba, Secrétaire générale de l’Association des femmes minières du Mali : « Combattre la corruption dans l’activité extractive »

L’amélioration de la situation politique et sécuritaire devrait permettre une évolution économique du Mali, pays dont la structure économique est fortement dominée par les secteurs primaire et tertiaire, avec un secteur minier porteur.

Malgré les différentes crises et les disparités entre milieu urbain et milieu rural, qui rendent difficile la consolidation des acquis de développement, nous pouvons avoir une économie très dynamique.

Les perspectives sont bonnes. Dans le Mali nouveau, il faut faciliter l’industrialisation de l’économie et moderniser l’agriculture, qui a un fort potentiel irrigable. Le Mali dispose des ressources nécessaires pour devenir l’un des piliers agricoles de l’Afrique de l’Ouest, en diversifiant les bases de la production et en tablant sur une croissance accélérée, durable, créatrice d’emplois et d’activités génératrices de revenus,

Dans le Mali nouveau, il est nécessaire de combattre la corruption dans l’activité extractive sur laquelle l’économie repose. Le Mali dispose d’importantes ressources, notamment en or, fer et bauxite. Troisième producteur d’or africain après l’Afrique du sud et le Ghana, il compte aujourd’hui dix sociétés minières, contre huit en 2015, avec une production de plus de 60 tonnes en 2018 contre 46,5 tonnes en 2017. Les recettes et dividendes des sociétés minières représentent plusieurs centaines de milliards pour le budget de l’État.

Le Mali doit transformer au moins 30% de sa production de coton. Il en était le premier producteur africain en 2019. Plusieurs autres filières ont un fort potentiel, dont l’arachide, qui permet la création de nombreuses unités industrielles, notamment les huileries et savonneries.

Il faut également mettre en place des chaînes de valeur pour la transformation de nos produits locaux, développer le secteur manufacturier, améliorer la mobilisation des recettes fiscales et combler les déficits critiques en infrastructures. Seulement 3% du réseau routier est bitumé et en bon état et 53% de la population n’a pas accès à l’électricité.

Me Amadou Tieoulé Diarra, avocat : « Il nous faut une justice indépendante fondée sur des nouveaux principes »

Le Mali a 60 ans et un passé judiciaire médiéval de justice sociale bien rempli. La 1ère République a mis en chantier une justice de construction d’un nouvel ordre, post colonial. La 2ème s’est adaptée à l’héritage des Pères fondateurs, tourné vers une justice répressive. La 3ème République passe de mutations en mutations depuis les bases idéologiques posées par la Conférence nationale de 1991. Puis des Journées judiciaires de 1993  aux Journées de réflexions sur la réforme de la justice de 1999, la Table Ronde de 2000 du PRODEJ (Programme décennal de développement de la justice au Mali), soutenue par la coopération canadienne à deux niveaux : la modernisation en termes d’infrastructures de pointe et surtout la révolution dans la méthode de travail. Il s’en est suivi une rapidité de traitement des informations et des dossiers judiciaires. Un niveau de qualité digne d’éloges, qui a permis d’espérer des lendemains qui chantent. Et le travail des greffes des villes s’est nettement amélioré. 

Malgré la réforme du statut qui a accordé au corps des avantages et traitements importants, une crise de confiance persiste entre magistrats et justiciables! On est passé du temps d’une justice pour le citoyen (1960 – 2000) à une justice des droits de l’Homme, sans considération d’origine et de nationalité. Malgré l’ouverture aux règles universelles, qu’est ce qui explique la déconfiture actuelleDe bonnes règles de droit mais une mauvaise interprétation? Le gros problème est le manque de lisibilité et de rationalité. Ce n’est pas une question fondamentalement intellectuelle, si l’on en juge par le passage d’une justice des Anciens (bien rendue) à une justice des universitaires (pleine d’équivoques). Est-ce le vice qui a vaincu la vertu? Comment en sortir? Dans le nouveau Mali, il nous faut une justice indépendante fondée sur des nouveaux principes, aux fins de bâtir le service public de la justice pour un nouvel ordre social, politique, économique et sécuritaire. Le tout sur le principe de la juste sanction et de l’éducation à la citoyenneté. 

Seydou Diawara, économiste : « Consommer local et réduire les importations »

Nous devons nous tourner vers l’économie de production. Il s’agit non seulement de consommer local mais de réduire la consommation externe. La base de la consommation du Malien lambda est importée pratiquement à 80 ou 90%. Tous ces produits peuvent être produits ici, souvent par les consommateurs eux-mêmes.

Dans mon Mali nouveau, il faut faire un récapitulatif des acquis et des besoins, et commencer à produire en se donnant comme base l’agro-alimentaire. Il y a quelques secteurs qui font la fierté du Mali, mais la mangue, notre fruit le plus exporté, est transformée par deux sociétés ivoiriennes qui nous revendent le produit fini cher. C’est pareil dans beaucoup de domaines. Le Malien n’a pas l’opportunité de consommer ces produits. Il faut également revoir notre système d’investissement. Investir dans la production locale et tout faire pour que nos matières premières ne soient pas excessivement exportées. Nous en avons besoin sur place. La Comatex, par exemple, achetait du coton ailleurs, alors que nous en produisons énormément. Nous sommes depuis plus de 30 ans dans le top 5 des producteurs de coton en Afrique. Il est à la base du bazin mais ce dernier est cher au Mali. C’est incompréhensible.

Nous devons en outre conscientiser nos producteurs locaux. Il est vrai qu’il faut consommer local, mais il faut que les produits soient accessibles. Le bogolan ou certaines chaussures traditionnelles sont trop chers pour le Malien lambda.

Quand on dit économie d’une Nation, on parle entre autres de fiscalité. Il faut que chaque Malien prenne conscience que l’économie de ce pays est basé sur lui et qu’il soit en règle fiscale vis-à-vis de l’État. Il faut que chacun paie dûment ses taxes et impôts, ce n’est que de cette manière que notre dette extérieure sera épongée.

Dr Dramane Samakeinfectiologue : « Les ressources humaines comme pivot du secteur de la santé »

La bonne qualité des soins offerts aux populations est tributaire de plusieurs facteurs, qui vont des infrastructures aux équipements en passant par les ressources humaines et la gouvernance du système de santé. Les interventions des nouvelles autorités dans le secteur de la santé devront s’articuler autour de certains axes. Primo, la construction et / ou la rénovation des hôpitaux nationaux et régionaux, en tenant compte des nouvelles exigences d’une offre de services répondant aux besoins réels des populations en termes de nombre de lits d’hospitalisation et de création de services dans différentes spécialités médico-chirurgicales, avec les commodités y afférentes.

Ensuite, les ressources humaines, qui constituent le pivot du secteur de la santé. Au plan quantitatif, le constat fait ressortir un déficit criard de soignants dans les hôpitaux et les centres de santé de référence des districts. Les agents recrutés doivent être répartis équitablement sur l’ensemble du territoire, sans favoritisme et en fonction des besoins réels au niveau opérationnel. Il est difficile de comprendre que près de 70% des ressources humaines soit concentrées dans les grandes villes, tandis que la majorité de la population, qui se trouve en milieu rural, en est privée alors qu’elle n’aspire qu’à accéder aux soins de santé primaires.

Également, les structures sanitaires doivent être équipées pour rehausser le niveau des soins. Chacune des capitales régionales doit disposer des matériels et équipements pour le diagnostic, scanner et imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces équipements doivent faire l’objet de maintenance préventive afin d’accroître leur durée de vie et d’utilisation. Parler de gouvernance, c’est reconnaître le mérite et sanctionner les mauvais agents. C’est aussi assurer la transparence dans la passation des marchés. Un autre modèle est possible, un modèle qui permettra à chaque Malien d’accéder à des soins de qualité, sur place et dans les conditions de sécurité et de sûreté requises, en le rapprochant des services essentiels.

Dr. Nacouma Augustin Bomba, Chef du département Philosophie, ULSHB : « Il faut un système éducatif qui ne soit pas un cobaye »

Je trouve que le système éducatif actuel est à la peine. On déplore la baisse de niveau des élèves et des étudiants à tous les niveaux. C’est un phénomène général, qui montre l’état de dégradation généralisée de l’éducation et de l’instruction.

Le renouveau de l’éducation pour un Mali nouveau passe d’abord par une autonomie du système éducatif. Tant que notre système sera un cobaye pour ceux qui détiennent les financements, proposent des programmes et les expérimentent, ce sont nos enfants qui en pâtiront. Il faut un système éducatif propre au Mali pour que notre pays s’affirme. Il doit être entièrement financé par le budget national. Il faudra redéfinir les programmes d’enseignement et même retourner aux anciens pour redonner une bonne assise à ce système.

Pour ce qui est des enseignants, puisque ce sont eux qui sont là pour faciliter l’apprentissage, ils doivent se former davantage, faire des recherches. Cela suppose que l’État mette des moyens à leur disposition, moyens qu’il doit ensuite. Les élèves et étudiants, de leur côté, doivent savoir que l’avenir du pays repose sur l’acquisition du savoir. Ils doivent redoubler d’efforts et aimer les études. Quand on donne des sujets de recherche aux étudiants, on se rend compte qu’ils font du copier-coller. On ne sent pas d’engouement pour la recherche et l’acquisition du savoir. Les enseignants sont souvent plus inquiets que les étudiants de cette situation. Il faut donc une prise de conscience au niveau des élèves et étudiants, l’amour du savoir. Je pense qu’avec cela ils pourront surmonter les déficits actuels.

Mme Sy Aminata Makou Traore, coordinatrice du Forum international sur le Sport : « Le sport peut être utilisé pour la promotion d’une paix durable »

Le Mali nouveau pour moi, c’est un Mali où tout le peuple se retrouve, quelles que soient l’appartenance ou les différences religieuses, culturelles, politiques, raciales, ethniques ou sociales.

Un Mali nouveau a besoin d’un chef d’État qui connaît les maux de ce pays, qui sait penser, planifier, coordonner, structurer, et surtout d’un homme intègre, honnête, qui a l’amour du pays.

Un Mali nouveau est un Mali dans lequel la santé, la sécurité et l’éducation du peuple sont une priorité absolue pour les gouvernants. Un Mali nouveau se veut un cadre de paix dans lequel ses filles et ses fils se mettent ensemble, en excluant leurs divergences, pour un avenir meilleur.

Par conséquent, le sport étant un excellent vecteur de paix, de cohésion sociale et de développement, il ne doit pas être mis en marge. Au Mali, considéré comme une activité physique et de divertissement, le sport contribue au maintien et à la restauration de la paix.

L’utilisation de ses valeurs et principes contribue à transcender les cultures de haine et permet aux programmes sportifs de combler les fossés sociaux et ethniques. Dans ce cadre, le sport constitue ainsi un puissant moyen de promotion de la paix, tant de manière symbolique sur le plan national que de manière pratique au sein des communautés.

Dans le Mali nouveau, le pouvoir du sport peut être utilisé comme un outil pour la promotion d’une paix durable. La mise en œuvre efficace des programmes de sport favorise l’intégration sociale et la tolérance. Ces valeurs fondamentales sont les mêmes que celles qui sont nécessaires à une paix durable.

Dr Kontin Marie-Therèse Dansoko, chargée des questions Genre au ministère de la Justice et des droits de l’Homme : « Les lois doivent être disséminées dans nos langues »

La justice est le socle de toute Nation et si on doit se projeter vers le futur, c’est la confiance des citoyens en la justice qui est important. Elle est là pour réprimer mais aussi pour prévenir et protéger les citoyens.

Il faut une révision institutionnelle. Il est vrai que nous sommes dans une dynamique de relecture des textes, parce qu’il faut se rendre à l’évidence, le contexte du Mali évolue. Il faut adapter les textes aux réalités de la société. Des réformes législatives sont donc nécessaires pour avoir des textes conformes à ces réalités. Cela contribuera à prendre en charge certains dysfonctionnements de la justice.

Il faut également sensibiliser la population, qu’elle soit mieux informée. Parce que, pour avoir confiance, il faut connaître le fonctionnement. Les lois doivent être disséminées dans nos langues pour faciliter leur compréhension.

L’accès à la justice est aussi un chantier. Sa mise en œuvre doit suivre la carte judiciaire, afin que dans chaque localité il y ait une juridiction et que les populations éloignées ne soient pas obligées de faire des kilomètres pour accéder à la justice, ce qui démotive souvent.

L’impunité est aussi un aspect très important. Il faut mettre un accent particulier sur la lutte contre ce phénomène. Si on arrive à la booster et à mettre en place un système efficace contre ce fléau, les problèmes d’accès et de confiance seront résolus. Pour rétablir la confiance, il faut que ceux qui chargés de rendre la justice donnent le bon exemple en démontrant leur intégrité. Leur image et celle de la justice en dépendentTout comme du changement de comportement des citoyens. Le social a pris le dessus et le système judiciaire n’y échappe pas.

Propos recueillis par Fatoumata Maguiraga, Boubacar Diallo, Germain Kénouvi, Haidara Sidiki

 

Source: journaldumali

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