La rencontre permettra d’analyser et de débattre des problèmes de paix et de sécurité auxquels notre continent est confronté

IBRAHIM BOUBACAR KEITA IBK sommet union africaine addis abeba

C’est demain que s’ouvre dans la ville de Bahir Dar, en Ethiopie, la quatrième édition du forum de Tana sur la sécurité en Afrique. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, y participe avec d’autres chefs d’Etat africains. Le thème retenu cette année est : « Laïcité et politisation de la foi ».  La rencontre est initiée par l’Institut d’études pour la paix et la sécurité (IPSS) de l’Université d’Addis Abeba et d’éminentes personnalités africaines dont le défunt Premier ministre Meles Zenawi avec le soutien financier de l’Allemagne. Le forum est géré par un Conseil d’administration présidé par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.
Le forum de Tana est un évènement annuel qui offre un cadre propice à un groupe restreint de dirigeants parmi lesquels des chefs d’Etat et de gouvernement, d’éminentes personnalités africaines et mondiales, les organisations de la société civile et des groupes de réflexion, pour examiner et débattre les problèmes de la paix et de la sécurité auxquels le continent africain est confronté.
La rencontre vise à contribuer à la mise en œuvre de la Déclaration de Tripoli d’août 2009. Cette déclaration préconise la recherche de solutions africaines aux problèmes du continent. Conçu sur le modèle de la Conférence de Munich sur la sécurité, le forum de Tana n’entend pas être un sommet traditionnel, mais plutôt un cadre d’échanges indépendant au plan institutionnel et politique. Il s’agit là de permettre  à des acteurs des milieux gouvernementaux, scientifiques et économiques ainsi que de la société civile de se réunir pour des échanges informels et directs. Loin des contraintes du protocole, le forum offre l’opportunité aux participants d’échanger leurs idées concernant la politique de sécurité et de la paix sur le continent. Cette quatrième édition va s’intéresser à l’analyse et à la compréhension d’un fait social des plus perturbateurs qui menace actuellement la paix et la sécurité des Etats africains avec la montée de l’extrémisme religieux sur fond d’idées politiques.
Les participants devront répondre à des  questions comme : Quelles sont les approches les plus prometteuses en matière de riposte étatique à ces menaces ? Quels sont les problèmes majeurs à résoudre ? Que faudrait-il faire maintenant ou plus précisément, quelles sont les mesures essentielles à prendre aux niveaux régional et continental ?
Les participants vont  réfléchir à l’élaboration d’un programme politique qui va orienter le processus de construction d’une nation et de transformation sociale de l’Afrique. Ils vont aussi débattre de la séparation de la politique et de la religion et de la neutralité de l’Etat dans son approche des questions religieuses.
Selon le vice-président du Conseil d’administration du forum, le professeur Andreas Eshete, en plus des appels d’ordre politique soutenant une seule croyance religieuse et l’application de la charia en rejetant la laïcité, il existe des mouvements d’obédience chrétienne qui  combattent la lutte contre le VIH/Sida et qui militent contre la planification familiale et l’égalité sexuelle. Il souligne que la laïcité est peu évoquée et peu soutenue dans les débats nationaux et continentaux au cours des réunions et que les Etats sont enclins à contenir la politisation des religions, ce qui pourrait renforcer la belligérance en religion.
« Ce forum encourage le dialogue comme moyen pacifique et durable fondamental pour résoudre les conflits, et il démontrera que la diversité est une force et non une source de conflit », a déclaré de son côté le président du conseil d’administration du forum, Olusegun Obasanjo. La paix et la sécurité, rappelle-t-il, sont fondamentales pour assurer le développement que chacun souhaite en Afrique, quelle qu’en soit la forme.
Cette édition du forum permettra aux chefs d’Etat et de gouvernement en exercice d’exposer les problèmes qu’ils considèrent comme des défis majeurs et les mesures concrètes à prendre pour remédier aux troubles, bouleversements politiques et autres menaces d’ordre confessionnel ou réputées telles pesant sur la sécurité des Etats et des populations.
La rencontre donnera aussi l’occasion d’expliquer comment faire de la laïcité, en tant que mécanisme de gouvernance, une arme efficace contre la violence à caractère confessionnel. Bref, il s’agira essentiellement de débattre, à cette session, des mesures concrètes qui s’imposent et des grands enjeux. La plénière s’attachera à trouver des exemples concrets pour bien capter l’intérêt des participants.
Le thème qui sera débattu est d’actualité avec la formation d’une coalition de pays pour combattre la secte islamiste Boko Haram au Nigeria ou les Shebab en Somalie. Ou encore l’intervention internationale au Mali contre des groupes terroristes et djihadistes.

Envoyée spéciale
M. A. TRAORE

SOURCE : L Essor