Au Gabon, il y avait de l’agitation jeudi autour du carrefour Rio de Libreville. Les plus farouches opposants au président Ali Bongo, qui en ont fait en décembre 2014 leur lieu de rassemblement privilégié, appelaient à se rassembler pour un nouveau meeting. Mais le très important déploiement des forces de l’ordre a dissuadé de nombreux militants de se rendre sur place et le rassemblement a finalement été repoussé.

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Le climat était assez tendu, jeudi 9 avril à Libreville. Depuis midi, policiers et gendarmes avaient bouclé toutes les entrées et sorties du carrefour Rio où devait se tenir le meeting. Malgré l’impressionnant dispositif sécuritaire, plusieurs militants de l’opposition ont tout de même tenu à être là pour écouter le message de leurs leaders : « Alors que l’on veut faire un meeting, on nous envoie des policiers. Nous devons changer le pays. Pourquoi quand les opposants veulent faire une marche, on les empêche ? Nous les Gabonais, on dit, on est fatigués de ça. On va aller jusqu’au bout ».

C’est finalement à 16 heures que le préfet de police, qui était « au four et au moulin », a fini par annoncer que le meeting était autorisé. Quelques leaders du Front de l’opposition dont Jean Ping sont alors arrivés sur place : « Pourquoi ils autorisent maintenant ? Si le silence vaut rejet, pourquoi ils nous disent maintenant que c’est autorisé ? »

Mais impossible de tenir le meeting. Pas de podium, l’électricité était coupée depuis plusieurs heures. L’opposition avait convoqué ce rassemblement pour soutenir les fonctionnaires en grève qui réclament des augmentations de salaire. L’opposition devait aussi exiger le gel et le rapatriement de l’héritage d’Omar Bongo, estimé à 300 milliards de francs CFA.

Le meeting est reporté au week-end prochain. Aucune arrestation n’a été signalée.

 

Source: RFI