L’opération libération des grandes artères de la capitale mise en exécution par la toute nouvelle gouverneure du District de Bamako, Ami Kane, est entrée dans sa phase décisive depuis une semaine. Les ‘’casseurs’’ font face à une résistance des populations.

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En effet, plusieurs endroits de la capitale ont été, le samedi dernier, le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les vendeurs à la sauvette. L’atmosphère était à l’émeute devant la Direction générale de Malitel ainsi que sur la voie traversant Dabanani, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes sur des vendeurs ambulants, totalement déchaînés.

Il y avait un dispositif impressionnant de sécurité déployé pour déloger les marchants ambulants et ceux installés sur les trottoirs. Les forces de l’ordre et les agents de la mairie étaient à l’œuvre. Tous les hangars jugés incommodants ont été démolis. Au moment de notre passage (13 heures), la situation était toujours tendue et l’opération diversement appréciée. Certains y voient une preuve de l’incivisme, alors que d’autres dénoncent son caractère presqu’inhumain et impopulaire.

«Les jeunes n’ont pas de travail. Où voulez-vous qu’ils aillent ? Donnez-leur du travail et ils quitteront ces lieux. Ami Kane n’est pas la seule Malienne. Si j’étais le président IBK, j’allais dire à la gouverneure de surseoir à cette opération dans ce pays en crise», proteste un motocycliste de passage. En tout cas, de l’avis de plusieurs observateurs, la nouvelle gouverneure semble décidée à régler cette situation qui n’a que trop duré.

Source : Le Reporter