Conakry – Une dizaine de partisans de l’opposition guinéenne qui voulaient manifester à Conakry contre le pouvoir ont été blessés à balle réelle lors de heurts lundi avec la police, a-t-on appris de source médicale et de témoins.

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De violents affrontements ont opposé des jeunes manifestants aux forces de l’ordre à Hamdallaye (un quartier de la capitale) où les forces de l’ordre ont tiré sur trois jeunes manifestants, a affirmé à l’AFP sous le couvert de l’anonymat un médecin de la clinique Jean Paul II.

Les deux premiers, blessés aux jambes et aux cuisses, ont été transportés à l’hôpital Jean Paul II de Taouyah, a précisé cette source, ajoutant que le troisième a été gravement atteint au ventre par les tirs des forces de l’ordre qui l’ont trimballé sur plusieurs mètres avant de l’abandonner.

Ce troisième blessé a été vite récupéré par ses camarades qui l’ont conduit dans une autre clinique, du quartier de Ratoma, a indiqué un gendarme à l’AFP.

Par ailleurs, quatre autres manifestants ont été blessés dans le quartier de Simbaya, selon des témoins et un policier.

Les tirs se poursuivaient en fin de matinée, et de jeunes partisans de l’opposition étaient toujours dans les rues, selon le correspondant de l’AFP, qui a assisté à des scènes de panique parmi des habitants tentant de rentrer chez eux.

L’opposition avait appelé à manifester lundi dans toutes les communes de la capitale contre l’insécurité, dont elle impute la responsabilité au président Alpha Condé, après l’agression de son porte-parole le 4 avril à Conakry.

Les forces de l’ordre (police et gendarmes) déployées en masse occupaient tôt lundi matin les lieux prévus de ces rassemblements non autorisés dans plusieurs carrefours de la capitale, notamment aux ronds points de Bambéto, de l’aéroport, de Hamdallaye et Lambanyi (banlieue).

Le président du groupe parlementaire de la majorité, Amadou Damaro Camara, a accusé l’opposition de vouloir instaurer un climat d’instabilité dans le pays par des manifestations non autorisées.

C’est bien cohérent avec leur volonté d’instituer de la pagaille dans toutes les communes, a-t-il déclaré à l’AFP.

Le député de la commune de Ratoma El Hadj Aliou Bah, membre de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition) a harangué ses militants, leur déclarant qu’il ne faut plus vraiment avoir peur des policiers et gendarmes, il faut les affronter de visu, a constaté un correspondant de l’AFP.

Ne provoquez personne, quand on vous dit de vous arrêter, arrêtez-vous, mais quand on vient vous attaquer alors que vous êtes innocents, ne vous laissez plus faire, ça au moins c’est clair, a-t-il dit.

Dans une déclaration commune signée le 24 mars à Paris, les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté ont appelé à la reprise des manifestations citoyennes pour exiger la satisfaction des revendications de l’opposition, estimant que le président Condé, élu en 2010, a perdu toute légitimité.

Ils dénoncent en particulier l’inversion du calendrier électoral, après que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a fixé la présidentielle à octobre 2015, repoussant une nouvelle fois, à mars 2016, les élections locales, qui ne se sont plus tenues depuis 2005.

(©AFP / 13 avril 2015 14h14)

Source: Romandie