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Ouganda: les hommes exigent d’être allaités comme leurs enfants

Ils sont pressés de regagner leur domicile pour s’abreuver des seins de leurs femmes: ces hommes en Ouganda qui ne supporteraient pas de laisser passer une petite occasion de profiter des effets “bénéfiques” du lait maternel de leurs partenaires sur leur santé. Sauf que, de près, cette pratique pour le moins incongru ouvre les bras à des considérations sexistes.

Selon les explications du Dr Peter Rukundo, maître de conférences à l’Université de Kyambogo « Certaines communautés croient que le lait maternel a des pouvoirs énergisants et curatifs, même pour guérir des maladies comme le VIH / sida et le cancer ». C’est à ce titre que certains hommes ougandais, tout en saluant les effets « bénéfiques » du lait maternel sur la santé, se donnent à bien s’occuper des seins de leur compagne.

Dans certaines régions du pays ougandais, les nouveaux-nés doivent partager leur ration de lait maternel avec leur père. C’est la découverte d’une étude menée des Universités Kyambogo de Kampala et britannique de Kent présentant un tableau de ces hommes qui exigent de téter le lait de leurs femmes.

« Lorsque je prends le sein, j’ai l’impression d‘être dorloté comme un enfant, ce qui crée une dépendance. Je me sens comme un prince », confie un homme interrogé dans le cadre de l’étude. Pour ces hommes, cette pratique se trouverait être l’issue de resserrer les liens avec leurs partenaires.

« Il dit qu’il aime le goût et que cela l’aide en termes de santé. Il se sent bien après », a confié aux enquêteurs Martha, dont le compagnon de 20 ans est devenu gourmand de son lait alors qu’ils ont un bébé de six mois.

Et en la matière, les femmes ne semblent pas avoir toujours le choix. « Je crains que mon mari n’aille ailleurs si je ne le laisse pas se produire », a déclaré l’une d’elles, pointant les menaces auxquelles elles sont souvent exposées.

Les données recueillies font état de ce que les hommes tètent souvent avant que l’enfant ne soit nourri, généralement une fois par jour, et cela, pendant environ une heure. Un risque de transmission de virus et de malnutrition pour le nouveau-né ainsi que des actes de violence pour les femmes, c’est le danger que soulignent les experts interrogés par les chercheurs.

Selon l’étude, la pratique très courante dans le centre et le Nord-Ouest de l’Ouganda et dans les pays comme la Tanzanie et le Kenya, est encore un havre de tabou qu’il importe de lever.

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