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92e cérémonie des Oscars du cinéma Yes, we can

Yes, we can! Le célèbre slogan de campagne à l’élection présidentielle américaine de 2008 de Barack Obama convient bien à son engagement dans la compétition des Oscars où il était en lice avec « American Factory », un film documentaire qu’il a contribué à produire en rachetant les droits avec Higher Ground, la maison de production qu’il a fondée avec son épouse Michelle.

Eh bien, figurez-vous qu’il l’a décroché, Obama, l’Oscar tant convoité, lors de la 92e cérémonie des Oscars du cinéma qui s’est tenue le 9 février à Los Angeles.
Réalisé par Steven Bognar et Julia Reichert, « American Factory » est un documentaire sur la difficile reprise d’une usine de General Motors, rachetée par des Chinois en 2014. Des centaines d’ouvriers chinois venus y travailler, loin de leurs familles, font immersion dans le quotidien des Américains dont des travailleurs locaux qui se sentent déboussolés. L’histoire a conquis Barack et Michelle Obama qui en ont fait la première acquisition de leur société de production. « C’est le genre d’histoire que nous ne voyons pas assez et c’est exactement ce que Michelle et moi espérons faire avec Higher Ground », a-t-il écrit sur Twitter avant son couronnement.
Il s’agit, de l’avis des réalisateurs du film, d’une mondialisation renversée. Ce que résume Julia Reichert, réalisatrice américaine, en disant que « Avec ce film, vous avez un petit goût de ce que donne la mondialisation au niveau humain ».
Encore endeuillé par la disparition, quelques jours plus tôt, d’un de ses monstres sacrés, Kirk Douglas, le monde du cinéma a convergé une fois encore vers Los Angeles et le Dolby Theatre, ce dimanche 9 février 2020 pour assister à la 92e cérémonie des Oscars. Classée parmi les plus grandes manifestations cinématographiques aux états-Unis, elle se déroule tous les ans depuis 1929 à Los Angeles. L’événement met à l’honneur tous les métiers de la création cinématographique en récompensant des interprètes, des réalisateurs, des scénaristes et des équipes techniques de productions mondiales. Les prix du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur acteur sont particulièrement attendus.
Au-delà de la performance de « American Factory », l’évènement a été le sacre de Parasite du sud-coréen Bong Joon-ho qui a fait une razzia sur les Oscars, avec la palme du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur film international et du meilleur scénario original. Et, cerise sur le gâteau, c’est la première fois depuis la création des Oscars qu’un long-métrage en langue étrangère reçoit une telle reconnaissance dans le temple du cinéma américain. Ce film continue donc sur sa lancée, après avoir obtenu la Palme d’or au dernier festival de Cannes.
Dans le synopsis, il est écrit que toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne.
Comment cette satire sociale sur la lutte des classes à Séoul, comment ce film sous-titré, au casting inconnu du public américain, a pu se faire une place dans l’entre-soi hollywoodien ? Le talent du cinéaste, son humour en particulier, sont régulièrement cités. Derrière le cinéaste, estiment les observateurs, il y a aussi une armada sud-coréenne pour faire valoir son cinéma national. Les autorités de Séoul encouragent depuis vingt ans cette industrie, avec un fonds spécial lancé en 1999, un système de quotas dans les salles de cinéma, mais aussi des aides à la traduction. Le budget alloué à la promotion du film « Parasite » par le centre culturel coréen de Los Angeles est estimé à plusieurs centaines de milliers de dollars.
L’Académie des Oscars, organisatrice de la cérémonie, qui se voit régulièrement reprocher son manque de diversité dans les nominations, fait ainsi un peu taire les critiques. Elle qui avait exposé encore ses tares pour sa sélection 2020. Ainsi, l’actrice noire américaine Cynthia Erivo a été la seule « non blanche » à s’être frayée un chemin, dans la catégorie meilleure actrice pour « Harriet », film historique sur le racisme et l’esclavage aux États-Unis. Elle doit se contenter de la deuxième place après l’actrice Renée Zellweger pour le rôle de Judy Garland dans Judy.
Dans les catégories phares, les prédictions des critiques se sont réalisées: Joaquin Phoenix, Renée Zellweger, ou encore Brad Pitt, enfin récompensé par le graal en tant qu’acteur, ont triomphé, tout comme « parasite ».
La déception est venue de « Joker », le film de Todd Phillips, en lice lors des nominations dans les catégories du meilleur film, meilleur acteur, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, ainsi que de nombreuses catégories techniques. Malgré la faveur des pronostics, il ne s’est classé que cinquième meilleur film et troisième meilleur réalisateur.
D’ores et déjà, les regards et les attentions des cinéastes et des structures du cinéma malien doivent se tourner vers Higher Ground, la maison de production des Obama pour savoir quel avantage en tirer pour la cinématographie nationale.

 

Source: Essor

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