Élections américaines : Des incertitudes liées à la mobilisation des électeurs

La participation des jeunes adultes demeure une équation difficile à résoudre pour les candidats aux scrutins

La campagne électorale bat son plein au pays de l’Oncle Sam dans un contexte marqué par des incertitudes et des inquiétudes sur la participation des jeunes aux élections du 3 novembre prochain. D’après Elizabeth Matto du Centre pour la participation politique des jeunes à l’Eagleton Institute of Politics de l’Université Rutgers, les élections de 2020 sont marquées par la présence de deux forces sociales : les Millénaires ou la classe silencieuse (88 millions) et la génération «Z» ou celles des gens nés en 1997. La première force est conservatrice tandis que la seconde est modérée.

 

Lors d’un briefing virtuel du Centre de la presse étrangère tenu le 26 octobre 2020, elle a expliqué que les gens du troisième âge (milléniaux, baby-boomers) souffrent généralement des séquelles des deux guerres mondiales et peuvent changer d’avis à tout moment. Alors que les jeunes adultes ou la génération «Z» sont plutôt progressistes. Ils sont mobiles et ont des problèmes à respecter le délai d’inscription sur la liste électorale qui varie d’un état à un autre. Pour Elizabteh Matto, ces jeunes qui sont nés à la même époque, vivent les mêmes problèmes et partagent une vision commune. «Idéologiquement, cette génération est progressiste. Ses composantes ont une opinion négative sur le président Donald Trump.

Elles votent rarement par correspondance. Leur participation aura un impact sur l’issue du vote dans les états pivots, notamment la Floride, la Caroline du Nord, la Géorgie et la Virginie», a-t-elle indiqué. La conférencière a aussi décrit une activité de son centre qui consiste à former les jeunes dans le domaine de la politique et du civisme. «Il y a six mois, la vie de ces jeunes a été affectée par des politiques comme celle de la gestion de la Covid-19. Les gens de cette génération veulent imposer leur volonté et s’impliquer dans les opérations de vote. Ils ont soif du pouvoir.

Mais, la majorité dispose de peu de connaissances en politique. Il faut les préparer pour les débats politiques», a-t-elle précisé. Elizabeth Matto a relevé le fait que les candidats ne veulent pas gaspiller leur argent pour des gens, dont le vote est incertain. D’après elle, 3 millions de jeunes, dont 2 millions dans les états pivots, ont déjà voté. Ce qui est encourageant car, ces jeunes électrices et électeurs peuvent faire basculer la balance d’un côté comme de l’autre. «Les électeurs ont tendance à abandonner les grands partis. Il y a beaucoup plus d’indépendants démocrates que républicains. Les indépendants sont estimés à 5% », a déclaré Steven Ekovich du département de politique internationale de l’Université américaine de Paris (France).

Ce professeur invite ses compatriotes à être prudents car, les élections de novembre prochain s’annoncent très serrées. «C’est la surprise d’octobre. On ne sait pas ce qui va arriver à la fin de la campagne. Les gens sont à l’affût. Les électeurs, surtout les républicains attendent généralement le dernier jour pour voter. Le vote populaire n’influe pas sur le résultat du Collège électoral. En Floride, les républicains qui sont talonnés par les démocrates font tout pour maintenir cet état dans leur giron», souligne Doug Schwartz de Quinnipiac University.

Et d’expliquer que le processus de destitution du président Trump et sa mauvaise gestion de la Covid-19 sont à la base de sa chute dans les sondages (52% des intentions de vote pour Joe Biden et 42% pour Donald Trump). A moins d’une semaine de ces scrutins, les deux grandes formations politiques des états-Unis (partis républicain et démocrate) et leurs candidats intensifient les efforts pour séduire l’électorat, notamment dans les états pivots comme la Floride et le Colorado.

Ruth Baranowski, secrétaire des Jeunes démocrates du Colorado et directrice régionale du Sud-ouest des Jeunes démocrates d’Amérique trouve que les élections de cette année sont à la fois stressantes, pleines d’espoir et revigorantes. Elle estime que des jeunes démocrates du Colorado sont préoccupées par diverses questions, notamment l’avortement, les tensions sociales, l’emploi et l’évolution démographique de l’État.

À Philadelphie, l’ancien président, Barack Obama, a mené une offensive contre Donald Trump en ces termes : «Je comprends que ce président veut récolter des félicitations pour l’économie, dont il a hérité et aucune critique pour la pandémie qu’il a ignorée. Mais vous savez, cela ne fonctionne pas comme ça. Tweeter devant sa télévision ne résout pas les problèmes.

Inventer des histoires n’améliore pas la vie des gens». Pour Obama, la participation est un élément clé de la victoire pour les démocrates et pour que celle-ci soit incontestable, elle devra être éclatante. En Pennsylvanie, Scranton, la ville de naissance de Joe Biden, a un passé ouvrier, marqué par le développement des mines de charbon et des luttes syndicales a été longtemps favorable aux démocrates. En 2016, cette classe populaire a fait basculer tout l’État dans l’escarcelle des républicains.

Aujourd’hui, Joe Biden tente de reconquérir les électeurs de cette circonscription éléctorale, en mettant en exergue ses origines. Si les sondages donnent une légère avance à Joe Biden, candidat démocrate aux élections de novembre, l’espoir n’est pas perdu dans le camp adverse. Surtout que beaucoup de républicains aiment attendre le dernier jour pour accomplir leur devoir civique. «Le Colorado est l’un des 7 États où, les citoyens peuvent proposer des questions de vote.

Le Colorado est un microcosme de la Nation américaine. Le vote par courrier et le suivi des bulletins de vote sont bien établis ici, le problème des autres États est de rendre le système trop rapide, les résultats comptent et les républicains sont meilleurs. L’Amérique est une superpuissance mondiale et Donald Trump a apporté la paix au Moyen-Orient et son élection répandra la paix », soutient Kristi Burton Brown, vice-présidente du parti républicain du Colorado.

Bandé Moussa SISSOKO
Amap-Kayes

Source : L’ESSOR

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