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Les États-Unis démentent avoir décidé de retirer leurs soldats d’Irak

Dans une lettre adressée au commandement irakien, l’armée américaine annonçait vouloir « repositionner » les forces de la coalition antidjihadistes avant « un retrait de l’Irak », conformément au souhait du Parlement après l’assassinat à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani. Une information fermement démentie par le secrétaire américain à la Défense. La lettre a été envoyée par erreur.

Les États-Unis démentent avoir décidé de quitter l’Irak. C’est ce qu’à a déclaré, lundi 6 janvier 2020, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper. Aucune décision n’a été prise de quitter l’Irak. Point, a déclaré à la presse le ministre américain de la Défense. Cette lettre ne correspond pas à notre état d’esprit aujourd’hui.

Une lettre envoyée par erreur
Quelques heures plus tôt, l’armée américaine avait indiqué, dans une lettre au numéro deux du commandement militaire irakien, repositionner les forces de la coalition antidjihadistes dans le but d’un retrait de l’Irak de manière sécurisée et efficace.

Deux responsables militaires américain et irakien avaient confirmé l’authenticité de cette lettre signée du général William H. Seely, commandant des opérations militaires américaines en Irak.

La lettre est authentique mais elle a été envoyée par erreur, a fait savoir le chef d’état-major américain. C’était un projet (de lettre) non signé, envoyé à quelques leaders militaires irakiens parce que les mouvements de troupes américaines en Irak se sont accrus ces derniers jours, a expliqué à la presse le général Mark Milley. C’est une erreur commise en toute bonne foi.

Mouvements d’hélicoptères
Nous respectons votre décision souveraine qui ordonne notre départ, ajoutait la missive, au lendemain d’un vote au Parlement exhortant le gouvernement à expulser les troupes étrangères d’Irak après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, vendredi 3 janvier 2020, à Bagdad.

Par respect pour la souveraineté de la République d’Irak, et comme demandé par le Parlement et le Premier ministre, la Coalition va repositionner ses forces […] pour s’assurer que le retrait d’Irak est mené de manière sécurisée et efficace, pouvait-on lire dans cette lettre.

Dans le cadre des préparations de ce retrait, la lettre annonçait une augmentation des déplacements en hélicoptères au-dessus et aux alentours de la Zone verte […] durant la nuit, alors que de nombreux hélicoptères survolent le centre de Bagdad depuis plusieurs nuits.

5 200 soldats US en Irak
Les États-Unis comptaient 5 200 soldats en Irak, jusqu’à l’arrivée la semaine dernière de plusieurs centaines d’autres pour protéger l’ambassade dans la Zone verte – un quartier ultrasécurisé de Bagdad -, attaquée mardi par des milliers de pro-Iran.

Face à la montée des tensions, Washington avait annoncé récemment le déploiement de 3 000 à 3 500 soldats supplémentaires dans la région, très probablement pour en envoyer une partie en Irak, selon un responsable américain.

Lundi, le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a reçu l’ambassadeur américain Matthew Tueller, selon son bureau.

Adel Abdel Mahdi a insisté sur la nécessité de travailler ensemble pour retirer les forces étrangères d’Irak comme l’a réclamé le Parlement pour repartir sur de bonnes bases avec les États-Unis, selon son bureau.

La coalition antidjihadistes formée pour lutter contre le groupe État islamique (EI) – qui s’était emparé en 2014 d’un tiers du territoire irakien et de larges pans de la Syrie – n’a pas réagi dans l’immédiat.

Les troupes américaines en Irak de 2003 à 2011 et depuis 2014
Les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003 puis l’ont occupé jusqu’en 2011. Au plus fort de cette occupation, jusqu’à 170 000 soldats américains étaient postés dans le pays.

Le 8 décembre 2011, les derniers militaires américains ont quitté l’Irak. Plusieurs milliers sont ensuite revenus en 2014 dans le cadre de la coalition anti-EI.

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Ouest-france

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