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Les rêves maliens d’Ève Risser à la Filature

C’est l’une des pianistes et compositrices les plus en vue de la scène européenne : Ève Risser est allée à la rencontre du Kaladjula Band de la Malienne Naïny Diabaté. Avec son Red Desert Orchestra, la Colmarienne nourrit une conversation entre piano et calebasse ou trompette et djembé. À la Filature.

Qu’elle explore les potentialités expressives d’un mini big band hybride et modulable, ferraille dans les entrailles d’un piano préparé, Ève Risser s’est placée au rang des créatrices les plus en vue de la scène européenne. Entre sonorités rétro-futuristes d’un clavecin électrique, compositions ou relectures de standard au piano droit avec effets mécaniques ou au piano à queue, la Colmarienne invente une musique de jaillissements. Qui s’émancipe des frontières et explore des sonorités inspirantes.

Naïny Diabaté, inlassable militante malienne de l’égalité

Ainsi avance Ève Risser, la tête pleine de questions et le cœur en bandoulière ouverte aux autres cultures. Rien d’étonnant à ce que cette passeuse de musiques ait été à la rencontre de Naïny Diabaté. Au Mali, la griotte Naïny Diabaté est devenue une star dès le début des années 80.

Inlassable militante de l’égalité, elle replace la cause des femmes au cœur de la musique malienne, traditionnellement très masculine. Dans cette perspective, Naïny Diabaté lance en 2013 un projet visant à bousculer les codes sociaux et les coutumes. C’est la naissance du Kaladjula Band, un groupe composé uniquement de femmes, toutes musiciennes hors pair, qui livrent un répertoire aux rythmes frénétiques et aux textes engagés – une première au Mali.

Entourée de ses musiciennes et derrière son bolon, une harpe-luth au ventre rebondi, Naïny Diabaté est d’abord une chanteuse explosive et généreuse qui ne pouvait qu’inspirer une sœur d’âme comme Ève Risser. « Quand on aborde la musique africaine, la question néo-coloniale est présente, reconnaît la pianiste. Les relations entre la France et le Mali ombrent les initiatives mais j’ai une histoire personnelle avec ce pays ; la musique traditionnelle a une véritable fonction. L’envie était là, j’ai fait un pas vers cette musique et entre le Kaladjula Band de Naïny Diabaté et mon Red Desert Orchestra, on maintient un équilibre ».

Promotrice d’une musique équitable, comme on parle de commerce équitable, Ève Risser organise la conversation des arts qui n’est pas une fusion où chacune aurait l’impression de se perdre. Frottements des expériences, des mouvements, métissages des gestes, Kogoba Basigui est une création née de ce va-et-vient permanent entre piano et calebasse ou trompette et djembé, en décembre 2018 à l’initiative du festival Africolor. Ce projet musical réunit deux générations, deux continents, deux orchestres, deux femmes et signe une alliance puissante entre le savoir-faire d’un big band occidental et la maturité de musiciennes maliennes.

Source: dna.fr

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