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Syrie: l’armée russe se renforce en Méditerranée, Ayrault à Moscou et Washington

La Russie a annoncé mercredi 5 octobre avoir envoyé deux corvettes lance-missiles censées renforcer le dispositif naval russe en Méditerranée, sur fond de montée de tensions entre Moscou et Washington sur le règlement de la crise syrienne. Cette annonce intervient après le déploiement à Tartous de missiles anti-aériens russes, tandis que l’unique porte-avion russe Kuznetzov est attendu courant octobre au large de la Syrie. Sur le front diplomatique, Jean-Marc Ayrault effectue un double déplacement, à Moscou et à Washington, pour tenter de refroidir les esprits.

sous marrin russe navire bateau guerre

L’armée russe déploie ce qu’elle a de plus moderne au large de la Syrie. Il y a quelques jours c’est la frégate Admiral Grigorovitch qui a été aperçue passant le Bosphore en direction de la Méditerranée.

Ce bâtiment de 125 m de long est capable d’emporter, entre autres, vingt-quatre puissants missiles anti-aériens. Dispositif renforcé par deux corvettes de taille plus modeste qui embarquent toutefois huit missiles de croisière chacune. Des bateaux de ce type ont déjà été employés pour attaquer des sites jihadistes depuis la mer Caspienne en 2015.

Outre leur capacité de frappes vers la terre, ces unités permettent d’assurer la protection de l’espace aérien au-dessus des bases côtières russes en Syrie, particulièrement celle de Tartous vers où est acheminée une grande partie du matériel. Régulièrement, des navires de débarquement font la navette entre la Syrie et le port russe de Sébastopol en Crimée.

Tartous a vu sa défense renforcée par des missiles sol-air S-300, comparables à ceux qui protègent déjà la base aérienne de Hmeimim dans la province de Lattaquié. Des missiles d’une portée maximale estimée à 200 km. Ce qui signifie que tout le littoral syrien est protégé par un maillage de systèmes sol-air russes.

Des dizaines de bombardiers, d’avions d’attaque au sol et d’hélicoptères sont par ailleurs stationnés à Hmeimim depuis septembre 2015 et dernièrement, des médias russes et arabes ont fait état de l’arrivée en Syrie de contingents de volontaires venus de Russie pour se battre aux côtés de l’armée syrienne. Une information qui n’a pu être vérifiée auprès de sources officielles russes ou syriennes, précise notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Le plan de Moscou de riposte à la rupture des pourparlers russo-américains sur la Syrie

Ce renforcement militaire intervient alors que des médias russes font état d’un plan élaboré par Moscou pour riposter à la rupture des pourparlers russo-américains sur la Syrie. L’existence de ce plan a été révélée aux médias par une source de haut rang dans les milieux militaires et diplomatiques russes. Il s’agit de « décisions militaires et politiques complexes », destinées à riposter à la transition des Etats-Unis vers le fameux « plan B », évoqué il y a quelques mois par John Kerry et d’autres responsables américains.

La nature des mesures prise par la Russie n’a pas été précisée, mais le renforcement du dispositif militaire et l’envoi de troupes supplémentaires en Syrie en constituent un des éléments. Selon la source russe, le plan prévoit des décisions militaires et politiques, en Syrie et au-delà.

La diplomatie française voit rouge

La situation en Syrie et en particulier à Alep sera au coeur des entretiens que le chef de la diplomatie française aura jeudi à Moscou puis vendredi à Washington. Jean-Marc Ayrault se rend en Russie et aux Etats-Unis pour appuyer le projet français de résolution des Nations unies de parvenir à un cessez-le-feu à Alep et l’accès humanitaire aux populations assiégées.

« Je vais à Moscou pour dire aux Russes, ça ne peut pas continuer », a clamé Jean-Marc Ayrault mercredi soir sur la chaîne de télévision LCI, avant son départ pour ce double déplacement consacré à la Syrie. Le ministre français des Affaires étrangères parle d’une situation « inacceptable, profondément choquante et honteuse ». Il dénonce le « cynisme » des déclarations russes à propos des bombardements en Syrie. Et Jean-Marc Ayrault lance cet avertissement : « si on est complice de crimes de guerre, un jour il faudra rendre compte, y compris sur le plan juridique. »

La France hausse le ton donc. Et défend auprès des Russes et des Américains son projet d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Un texte est examiné depuis le début de la semaine à New York. Il demande l’arrêt des bombardements sur Alep et le reste de la Syrie. Il appelle également à l’acheminement d’aide humanitaire et à la reprise des discussions de paix.

Mais face à une Russie déterminée à soutenir son allié Bachar el-Assad, la France peut-elle freiner l’offensive en cours contre les quartiers rebelles d’Alep ? Rien n’est moins sûr. Et les efforts diplomatiques de la France risquent de se heurter au veto que les Russes ont déjà utilisé plusieurs fois pour contrer des projets de résolution concernant la Syrie.

Source: Rfi

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