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Abou Guitteye : « Les Maliens avaient besoin d’un espace différent »

Après plus de 20 ans de présence dans l’événementiel au Mali, Abou Guitteye se lance en solo dans l’entrepreneuriat, avec Africa Scène et son slogan « Numéro 1 dans l’événementiel ». Il a eu le nez creux en le choisissant, car cet homme s’est vu décerner le trophée de l’événementiel de l’année 2018 lors de la 4ème édition de la nuit de Kèwalé, le Prix Madou Dakolo, par le magazine Kèwalé People. À l’occasion de l’acte X de Bama Art, Guitteye se confie sur ce qui est un de ces plus beaux succès culturels bamakois.

 

Qu’est-ce qui a motivé le lancement de Bama Art ?

Bama Art est un week-end culturel que nous avons décidé de mettre en place pour animer la ville de Bamako, parce qu’on s’est dit que, depuis le début de la crise au Mali, nous, Maliens, avions arrêtés de nous amuser. Chacun étant dans son petit coin et il n’y avait presque pas de plateformes comme celle-ci. Les seuls endroits étaient les boîtes de nuit ou les maquis. N’étant pas consommateur de ce genre d’activités, j’ai alors opté pour le cadre de Bama Art. Le site du Cinquantenaire, qui était principalement mis en valeur par le Festival Dogon, m’a inspiré un projet qui pourrait rassembler, un cadre de détente familial et amical. De cette façon, tout le monde pourrait s’amuser autour de la musique, d’un repas, d’une note d’humour. Et cela met en valeur les artistes maliens et africains. L’idée de base était de donner un espace de visibilité aux artistes maliens, afin de créer une forte communion entre eux et le public, mais aussi de créer une forte cohésion entre les différents peuples du Mali, sans aucune distinction.

Le succès de Bama Art était-il prévisible ?

Oui. Il était prévisible, parce que les gens avaient besoin d’un espace différent. Bénéficier de spectacles de haut niveau en plein air pour un coût symbolique, il fallait oser, malgré les difficultés. Au début, on voulait le faire gratuitement, puis on s’est dit que pour ne pas se retrouver avec un nombre ingérable de personnes, il fallait mettre un filtre de 1 000 francs CFA à l’entrée. Cela fait partie de ce qui contribue au succès de Bama Art, parce que cela est abordable pour tout le monde.

Parlez-nous des premières éditions de Bama Art…

Le premier mois, nous étions très enthousiastes, parce que nous avions un défi à relever. Je me rappelle que c’était au mois de septembre 2018, pendant la saison des pluies. La première nuit, on en était à plus de 1 500 personnes sans réellement une grosse communication. Tous s’est passé de bouche à oreille. Lors de cette édition, les stands étaient gratuits pour les exposants, les artisans, les restaurateurs et cela poussé les gens à venir. Ce fut vraiment le début de l’aventure Bama Art. Au début, quand on démarrait le projet, on en était à pratiquement à un artiste, un humoriste, par jour. Au fil des éditions on a cherché à innover, à diversifier les artistes, pour intéresser davantage le public. Parfois nous faisons venir des artistes étrangers, mais l’accent est mis sur les artistes nationaux. D’un artiste par jour lors de la première édition, nous sommes passés à 5, voire 6, artistes aujourd’hui.

Qu’avez-vous prévu pour marquer cette dixième édition ?

Pour l’acte X, il y aura beaucoup de surprises et aussi de grosses pointures de la musique malienne et africaine, comme Habib Koité, Babani Koné, Naïni Diabaté, qui nous ont tous marqués quand nous étions plus jeunes, et Baba Salah pour les sonorités du nord. Cette édition verra aussi la présence d’un autre groupe du nord, Sanou et Kaltoum. Pour les amateurs de Rap, des artistes comme Calibre 27, King KJ et Moms Loup vont assurer la scène. Il y a beaucoup d’autres prestations et activités prévues à Bama Art X, qui se déroulera du 7 au 9 juin 2019 à la Place du Cinquantenaire de Bamako.

Idelette Bissuu 

Journal du mali

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