El Hadj Lassana Sidi Mouleikafou promoteur des pharmacopées “Dagaba” de Bamako : “Nous avons un bon remède pour soigner l’hépatite qui est une tueuse silencieuse” “Les hôpitaux nous envoient des malades que nous parvenons à traiter”

El Hadj Lassana Sidi Mouleïkafou (Promoteur de l’Association pour la promotion des pharmacopées du Mali (Apropham) “Dagaba”) n’est plus à présenter. Dans l’interview qui suit, il nous parle de la pharmacopée, du dosage et de la vente des médicaments traditionnels. Interview !

 Aujourd’hui-Mali : Qui est El Hadj Lassana Sidi Mouleïkafou ?

El Hadj Lassana Sidi Mouleïkafou : Je m’appelle Lassana Sidi Mouleïkafou, Promoteur de l’Association pour la promotion des pharmacopées du Mali (Apropham) “Dagaba” en face de la maison de Sada Diallo à Torokorobougou. Je suis un tradithérapeute agréé par le gouvernement du Mali.

Je suis spécialisé dans la production, le conditionnement et la vente  des produits pharmaceutiques traditionnels appelés “pharmacopées traditionnelles” à base de plantes, sans produits chimiques. Ce qui veut dire que je traite les malades à partir des plantes médicinales.

C’est quoi la pharmacopée et surtout la pharmacopée traditionnelle ?

La pharmacopée est un ensemble de médicaments, de remèdes, utilisés pour le traitement des maladies. La pharmacopée traditionnelle appelée aussi médecine traditionnelle ou médecine bio ou tradithérapie est le traitement des maladies avec des plantes sans produits chimiques.

Quelle est la différence entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle ?

La médecine moderne ou médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle (ou tradithérapie) sont pratiquement les mêmes. Mais la différence qui existe entre elles est que les médicaments utilisés dans la médecine moderne contiennent des produits chimiques alors que le traitement en médecine traditionnelle est basé sur les plantes sans produits chimiques.

Beaucoup de maladies peuvent être traitées par la médecine moderne. Mais la médecine traditionnelle peut guérir définitivement ces maladies. La médecine traditionnelle a pour avantage de guérir définitivement les maladies à partir des plantes.

Quel est aujourd’hui l’impact ou l’importance de la médecine traditionnelle dans le traitement des maladies au Mali ?

A l’analyse, sur 100 malades au Mali, 80 % commencent leur traitement chez les tradithérapeutes avant d’aller à l’hôpital ou vice-versa. Mais c’est la médecine traditionnelle qui a plus d’avantages que la médecine moderne. Aujourd’hui, les tradithérapeutes font plus de consultations et arrivent à guérir beaucoup de maladies, contrairement à la médecine traditionnelle.

Des malades souffrant de cirrhose, de paludisme chronique, de maladies sexuelles transmissibles (Mst et Ist), colopathie, hémorroïde, infections gynécologiques, diabète, gastrites, hépatite virale, Covid-19, sont mieux traités par les tradithérapeutes. Ce qui veut dire que la médecine traditionnelle a une très grande importante dans le traitement des maladies au Mali.

On sait que le problème de la médecine traditionnelle est le dosage des médicaments. Comment arrivez-vous à faire le dosage de vos médicaments pour le traitement des malades ?

Chez nous, ici à la pharmacopée “Dagaba”, nous faisons  des recherches, des productions et le conditionnement des plantes. A ce titre, nous testons nos médicaments pour les doser avant de les vendre. Avant, les médicaments traditionnels n’étaient pas dosés. Ce qui provoquait beaucoup de désagréments chez les patients. Mais aujourd’hui, les médicaments sont dosés et vendus après consultation des malades. Nos médicaments sont dosés sous formes de comprimés, sirop, gélules (capsules), tisanes (à infuser). Nous ne pouvons même pas dire que nos médicaments sont des médicaments traditionnels parce qu’ils sont comme les médicaments modernes.

Quelles sont les difficultés auxquelles les tradithérapeutes sont confrontées au Mali?

Au Mali, il y a beaucoup de problèmes dans la pratique de la médecine traditionnelle. Aujourd’hui, beaucoup de gens se disent tradithérapeutes, alors qu’ils ne font qu’empoisonner les malades avec leurs produits. Ici,  à la pharmacopée “Dagaba”, nous procédons à la consultation des malades avant de leur délivrer des ordonnances pour l’achat de nos médicaments. Aujourd’hui, beaucoup de personnalités sont traitées chez nous. C’est pour vous dire que nous mettons du sérieux dans ce que nous faisons, notamment dans la production et la vente de nos médicaments traditionnels. Nous traitons des malades qui guérissent aussi. Nos anciens malades peuvent en témoigner. Une précision de taille. Nous ne sommes pas opposés à la médecine moderne. Au contraire, il y a une collaboration entre nous. Avant le traitement de nos malades, nous leur faisons faire des analyses, des radios, des scanneurs dans des laboratoires avant l’achat de nos médicaments.

Ce qui veut dire nous travaillons en étroite collaboration avec la médecine moderne. Tout comme les hôpitaux, nous envoyons des malades que nous ne parvenons à traiter. Aujourd’hui, médecine traditionnelle et médecine moderne travaillent main dans la main pour le bonheur des patients. Aujourd’hui, des tradithérapeutes ont été formés pour faire des consultations, des analyses de sang, prescrire des ordonnances, faire des radios.

“Dagaba”, nos malades sont traités après consultation. Et les ordonnances et médicaments sont délivrés après consultation des malades. Nous référons aux hôpitaux les malades qu’on ne peut pas traiter. C’est pour dire que la médecine traditionnelle ne peut pas traiter et guérir toutes les maladies. Tout comme la médecine moderne ne peut soigner et guérir toutes les maladies. Les hôpitaux aussi nous réfèrent des malades que nous parvenons à guérir. Ce qui veut dire que les médecins font confiance à la pharmacopée “Dagaba”. Aujourd’hui, la médecine traditionnelle et médecine moderne sont partenaires, complémentaires.

On sait que la maladie du moment est la Covid-19. Y a-t-il d’autres maladies qui inquiètent les Maliens ?

Nous avons connu des maladies très graves et très inquiétantes comme la grippe aviaire, le Sida, Ebola. Maintenant, c’est la Covid-19. Toutes ces maladies ont trouvé que l’hépatite (une ancienne maladie du monde) et le paludisme sont en train de tuer plus que toutes les autres maladies. Seulement, la Covid-19 tue plus vite que l’hépatite et le palu. Seuls les tradithérapeutes peuvent soigner l’hépatite. Ici à la pharmacopée “Dagaba” nous avons un bon remède pour soigner l’hépatite qui est une tueuse silencieuse.

Quel appel à l’endroit des malades ?

Comme appel, je conseille aux maladies de ne pas acheter les médicaments traditionnels et même modernes avec n’importe qui et n’importe comment. Ils doivent se faire consulter par un spécialiste et acheter les médicaments dans les pharmacies et pharmacopées agréées.

A cause de l’argent, les tradithérapeutes ne doivent pas vendre du n’importe quoi aux malades car cela n’est pas bon pour leur image. Je profite de votre entretien pour dire aux malades qu’ils peuvent me joindre à tout moment au numéro 76 44 04 38.

         Réalisé par Siaka DOUMBIA

Source: Aujourd’hui-Mali

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