La communauté internationale célèbre chaque 03 Mai la journée internationale de la liberté de la presse, cette année 2014 le Mali a placé ces festivités sous le signe de la réconciliation nationale, après la grave crise sécuritaire qui a secoué le pays. Au menu des activités une conférence débat, une marche, un diner offert par le département de la communication et une réception offerte par le premier ministre aux directeurs de publication et de radio.

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L’activité phare de la journée était certainement cette conférence débat, présidée par le ministre Mahamadou Camara et animée par d’éminentes personnalités dont le célèbre professeur Diomansy Bomboté, Gaoussou Drabo et Serge Daniel… dans les locaux de la maison de la presse.

Dans son propos de bienvenue le président de la maison de la presse M. Makan Koné s’est réjoui du retour de notre pays dans le concert des nations après la grave crise sécuritaire qui a affecté la presse. C’est pourquoi le président a déploré la perte de 23 places dans le classement mondial des pays qui respectent la liberté de la presse. Ainsi selon le président, le Mali passe de la 122ème  à la 178ème. Ce recul important est surtout imputable aux violations de la période de transition avec des enlèvements, des menaces de morts, des détentions illégales, des intimidations. Alors le président Koné se pose une question : la presse est-elle totalement libre au Mali ? Le président Koné est convaincu que la réponse à cette question est nuancée tant la période du coup d’Etat a ébranlé les certitudes et installé le doute dans les esprits.

Dans son exposé le professeur Bomboté a mis l’accent sur la contribution de la presse au processus de réconciliation nationale. Il demande donc aux medias de s’impliquer pleinement dans le processus pour favoriser le vivre ensemble. Pour le professeur, la responsabilité des medias maliens est engagée en cette période cruciale de la vie de notre nation, ils doivent être au cœur des grandes manœuvres pour que le Mali tourne la page de cette tragédie qui a ébranlé les fondements de la république.

Pour sa part le nouveau ministre de l’économie numérique et de l’information et de la communication M. Mahamadou Camara a rassuré de la disponibilité et de l’accompagnement de son département pour que le secteur se porte mieux. Ainsi a-t-il promis de s’approprier très rapidement des différentes proposions de reforme surtout celle concernant la loi sur la presse. Le ministre a affiché toute la détermination de l’Etat à favoriser l’émergence de grands groupes de presse, d’une grande école de journalisme et surtout l’installation très prochaine de la Haute Autorité de l’Audio visuelle qui va être l’instance de régulation de la presse et dotée de moyens conséquents. Le ministre Camara a aussi appelé les confrères à la responsabilité en ne diffusant que des informations justes et crédibles sans parti pris, c’est à ce seul prix que la presse peut jouer son rôle de sentinelle de la démocratie.

Lazare Eunoundou de l’UNESCO en partenaire stratégique a exprimé toute la détermination de son organisation et du système des Nations Unies à accompagner les commémorations de cette journée qui célèbre la liberté de la presse très chère à l’UNESCO.

Pour sa part le doyen Gaoussou Drabo, aux noms des anciens, dira que la presse est au cœur des grands enjeux. Il a salué le rôle joué par la presse malienne dans le dénouement de la crise sécuritaire, car c’est elle qui est arrivée à faire que les différents protagonistes ont discuté, souvent par organes interposés.

Quant à Serge Daniel de RFI, il a tiré son chapeau aux journalistes locaux des zones occupées qui, à son entendement, ont joué un rôle déterminant dans la résolution de la crise mais surtout dans la continuité du service d’information pour les populations.

Les principales autres activités de cette journée ont été la réception offerte par le premier ministre Moussa Mara aux directeurs de publication, mais aussi le diner offert par le ministre de la communication aux journalistes au palais des congrès. Dans tous ces espaces il a été question du renforcement du rôle de la presse dans cette dynamique de réconciliation nationale, mettre les medias au service de la paix et du vivre ensemble pour le salut des populations.

Youba KONATE

 

source:Zénith Balé