KIDAL TESSALIT TIN ESSAKO TIN ZAOUATENESi ramener Kidal dans le giron de la République du Mali était au dessus des capacités maliennes (par le dialogue ou par l’usage de la force), on s’interrogerait également sur notre capacité à préserver les acquis, après la libération des territoires occupés. Kidal ne doit pas être au dessus de nos moyens, raison pour laquelle, les Maliens du sud et du nord n’arrêtent pas de se plaindre de l’absence de notre armée dans la huitième région du pays.

Les autorités de la transition, elles, ne lésinent sur aucun moyen, politique ou militaire, pour libérer cette ville, en désarmant les groupes armés hors la loi. La région doit retrouver la stabilité d’ici les élections, pour permettre la tenue de la présidentielle de juillet prochain dans un Mali unitaire. Déposer les armes et rejoindre la table de négociation, c’est la demande malienne à l’endroit des frères touareg du MNLA. Mais eux, ne veulent rien entendre.  Ils entendent négocier, les armes en main, un procédé auquel ne souscrivent pas certains chefs de fractions et des notables touareg qui viennent de créer le Haut Conseil de l’Azawad. Pour faire croire à leur volonté de dialogue ils ont invité leurs frères des mouvements armés (MNLA et MIA) à les rejoindre dans ce Haut conseil politique pour dialoguer avec Bamako. Faut-il les croire ou est-ce une énième fuite en avant des ‘’caciques’’ de l’irrédentisme ? La Commission dialogue et réconciliation a effectué son baptême de feu à Ouagadougou en étalant la volonté des autorités maliennes de faire de Kidal, comme tout le territoire malien, un havre de paix, sans verser le sang des maliens du MNLA. Ce discours rencontrera-t-il une oreille attentive ? L’armée malienne de son côté prépare son entrée à Kidal les heures à venir. Si les équipes aéroportées de la France et du Tchad sont arrivées à Kidal dans la foulée de la libération des autres villes comme Gao et Tombouctou, l’armée malienne, elle, serait prête si on se fiait aux déclarations du chef d’état major des armées, lors de sa visite à Gao, la semaine dernière. Ce dont les Maliens essaient de se convaincre, à la faveur de la cohésion retrouvée de l’armée malienne, sur la question bérets verts et bérets rouges, est que d’ici le mois de juillet, par le dialogue ou par la force, Kidal sera une ville malienne stabilisée, réunissant les conditions pour l’installation du nouveau gouverneur Adama Kamissoko. Le retour de l’administration en effet devrait permettre entre autre, d’organiser des élections crédibles. Toute la communauté internationale reconnait l’intégrité territoriale de la République du Mali et le bien fondé du désarmement des groupes armés. L’entrée en scène de combattants arabes au nord Mali est un signal fort à l’endroit des groupes armés du MNLA et du MIA, mais aussi de l’Etat malien. Qu’aucun groupe n’a le monopole de la violence, et que c’est à l’armée malienne d’assurer la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire malien.

B. Daou