La dernière phase de l’intervention de l’armée française, qui a débuté le mardi dernier, vise à traquer et neutraliser les terroristes. Mais au même moment, ces derniers refont parler d’eux, comme pour dire qu’ils ont tout juste effectué un repli stratégique et que l’heure est maintenant à l’opération «kamikaze».

armee_francaise1«On cherche à démanteler le sanctuaire des islamistes». Ce gradé militaire français de Bamako est très clair sur l’objectif de l’opération «Panthère IV» : chercher l’ennemi où il se cache pour l’éliminer et arrêter éventuellement ses chefs. « Il s’agit de fouiller, rechercher le contact, fixer l’ennemi et le neutraliser», indique le Colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’armée française. Les attaques kamikazes des terroristes islamistes se multiplient comme un défi. Le MUJAO assure que la bataille ne fait que commencer pour reconquérir le Nord : une manière pour ce mouvement de signifier qu’il lance aussi son opération qu’on peut qualifier d’opération «kamikaze».
La tension reste extrêmement vive à Gao, malgré l’intervention de l’armée française  le vendredi dernier pour neutraliser l’attaque des terroristes qui s’étaient encore signalés dans la ville.

Selon des militaires maliens, de nombreux corps de terroristes portant des ceintures d’explosifs et tenant à la main des grenades dégoupillées ont été découverts dans des bâtiments officiels situés aux alentours.
À 50 mètres du poste de commandement, l’état de la Mairie et du Palais de justice témoignent de la violence des affrontements de la veille. Le tribunal a été éventré par les roquettes maliennes. Les bâtiments de la Mairie ont été détruits par un missile tiré par des hélicoptères français arrivés en renfort.  Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’Adrar des Ifoghas constituerait le dernier réduit de jihadistes et de toutes les bandes qui sont dans le secteur.                                                                                           Les  combats ont été qualifiés de très violents. Bilan : un mort côté français, au moins 25 côté terroristes, selon Paris. Le 22 février, 13 soldats tchadiens ont été tués dans la région de Tessalit, non loin de la frontière algérienne. Lors de la même opération, quelque 65 terroristes ont été tués, selon l’Etat-major de l’armée tchadienne. C’est un premier coup très dur pour nos alliés Tchadiens qui avaient déjà perdu 2 hommes depuis le début de leur engagement au Mali : un au cours d’un accident et un  décédé de maladie.

L’Etat-major tchadien parle de violent accrochage qui s’est déroulé le 22 février à 11h15 dans les montagnes des Ifoghas, dans l’extrême Nord du pays, plus précisément dans le massif de Tagharghar, non loin de la frontière algérienne. Une zone composée de massifs rocheux montagneux assez difficile d’accès.

Selon une source militaire tchadienne, le vendredi dernier, des militaires français se sont positionnés à la frontière algérienne et les éléments tchadiens qui suivaient ont été pris sous le feu des terroristes. L’aviation française serait alors entrée en action.                                                      Le bilan, selon l’Etat-major tchadien : 65 morts parmi les terroristes. Il faut rappeler que l’armée tchadienne qui a déployé au total quelque 1 800 hommes dans la région de Kidal, aux côtés des forces spéciales françaises, est entrain d’assener de très grandes pertes dans les rangs des malfaiteurs. Le Tchad se fait rassurant en se disant décidé à en découdre une fois pour toutes avec ces «fous de Dieu», surtout que ce pays est un fin connaisseur de la guerre dans le désert. Enfin, la présence des troupes tchadiennes sur le sol malien est un réconfort moral pour les autres soldats dont la grande majorité n’est pas adepte de ce genre de guerre.

Maximin de Diapé