Le mandat du Conseil Malien des Transporteurs Routiers a pris fin depuis décembre 2012 et aucun collège transitoire n’a siégé. Pour l’organisation des nouvelles élections, des couacs se font constater par le collectif des Transporteurs du Mali, composé entre autres des sociétés de transport Binké et Gana et le Syndicat des Transporteurs Urbains et Interurbains du Mali (SYNTRUI). C’est ce qui ressort de leur conférence de presse animée par les membres du collectif à la Maison de la Presse.

L’arrêté portant l’organisation de la dite élection présente selon les organisateurs, des insuffisances. Une confusion est faite par le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement à travers le décret N99-426/PRM du 29 décembre 1999 régissant le Conseil Malien des Chargeurs et le décret N 04- 359/P-RM du 08 septembre 2004 relatif au CMTR. C’est dire que le ministre des transports a voulu appliquer les textes du conseil malien des chargeurs en lieu et place de ceux du conseil malien des transporteurs routiers pour organiser les élections. »

Planté et ne sachant pas quoi faire, le ministre Koumaré a pris un deuxième arrêté  comportant la même date, le même numéro, le même objet sous la même signature que  le précédent avec des même irrégularités. Parmi ses irrégularités, « il n’abrogera pas  le premier, oublie  de pointer l’obligation d’être détenteur d’une carte professionnelle des transporteurs pour être électeur. Aussi, dans l’article 3 du même arrêté, le ministre pointe les conditions d’éligibilité du conseil malien des chargeurs en lieux et place de celle du cmtr.  Mépris ou méconnaissance, se demande les conférenciers. Comme si cela ne suffisait le ministre a pris un nouvel arrêté sous le N 2015-0206/METD-SG du 2 mars 2015 qui stipule à son article 3 que les opérateurs d’enregistrement doivent commencer dans les 15 jours qui suivent la prise de l’arrêté fixant la date des élections  et s’étendront au moins 30 jours. Et l’article 18 du même arrêté  abroge toutes les dispositions antérieures contraires notamment celle de l’arrêté N2014-3480/METD-SG du 4 décembre 2014. Toujours dans ce sens, M Théra de Binké Transport dira que la date fixée pour les élections à savoir le 25 avril 2015, n’est pas non plus en conformité avec les détails prescrits dans le décret N 04-359/P-RM, article 9. Et conformément à cet arrêté, les inscriptions devaient reprendre le 17 avril 2015. A la surprise, quand les transporteurs se sont présentés pour s’inscrire le 18 mars, le gouverneur du district de Bamako leur a proposé la clôture des inscriptions depuis le 16 mars 2015 en leur signifiant la correspondance N 000345/MEDTD-SG du 23 février 2015 portant instruction du ministre et seulement 134 personnes sont inscrites sur plus de 900 porteurs de carte professionnelles.

De toute façon, les organisations professionnelles ont attaqué les deux arrêtés devant la section administrative de la cour suprême. Avant que ce verdict ne tombe, le collectif tient à aller aux élections, mais des élections inclusives, libres et transparentes. Et si ça ne se passait pas dans les règles de l’art, ils sont prêts à attaquer de nouveau les résultats

Siaka Doumbia

source : Sirène