Les responsables du collectif des ressortissants du Nord (COREN) étaient face à la presse, le vendredi 12 avril dernier, dans les locaux de son siège à Baco Djicoroni. L’objectif de cette rencontre était dénoncer la composition de la commission dialogue et réconciliation mise en place par le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré, le 30 mars dernier. Ils estiment que la moralité des hommes et des femmes siégeant dans cette commission doit être irréprochable.

coren collectif des ressortissant du nord mali

Coren (photo archives)

Dans son intervention, le conférencier a rappelé l’objectif primordial du COREN qui est de préserver la cohésion sociale entre les communautés du Nord. Depuis la libération de certaines grandes villes du septentrion, le collectif œuvre pour la réconciliation entre toutes les communautés, mais malheureusement il a été écarté par les hautes autorités de la formation de la commission dialogue et réconciliation. Selon  le président du COREN, Malick Alhousseny Maïga,  c’est au nom de cette indispensable réconciliation que son organisation avait initié la tenue d’un forum entre les communautés du Nord, bien avant l’arrivée des forces de libération, pour jeter les jalons d’une bonne cohabitation. Cependant, pour des raisons indépendantes de sa volonté, le COREN a répondu favorablement au souhait d’un report de ce forum exprimé par le président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré.

Conscient qu’aucun dialogue et qu’aucune réconciliation ne peuvent être envisageables sur l’impunité, le COREN a toujours plaidé pour que les criminels et leurs complices répondent devant la justice des crimes commis sur les populations du Nord. Alhousseny Maïga a déclaré que le COREN, à l’instar de nombreux Maliens, estime que la moralité des hommes et  des femmes, devant siéger à la commission dialogue et réconciliation, doit être irréprochable. Mais qu’au regard de  la liste des membres de la Commission rendue publique par les hautes autorités, le COREN ne prendra pas part à ses activités. Il a soutenu que le gouvernement cherche à négocier, au nom de la réconciliation avec  le MNLA qui n’a pas encore renoncé à ses velléités indépendantistes, Ansar Dine, le MUJAO et les trafiquants de drogue dont certains suppôts figurent, hélas, au sein de la Commission Dialogue et Réconciliation.

Il a rappelé que le collectif des ressortissants du Nord demeurera vigilant, tout en espérant que les hautes autorités de la transition n’enterreront pas les derniers espoirs d’une réconciliation authentique. Et le premier jalon pour un dialogue fécond et une réconciliation vraie, a-t-il indiqué, consiste à écouter les populations du Nord. Pour lui, toute autre démarche serait une perte de temps, une débauche inutile d’énergie et un gaspillage de ressources financières.

              Cléophas TYENOU

Stagiaire