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Accident au Mali : Tigre et Cougar, deux hélicoptères fiables

Les deux appareils entrés en collision le 25 novembre, faisant 13 morts, évoluent régulièrement ensemble pour l’appui des troupes au sol. Explications.

Par Guerric Poncet

Deux hélicoptères militaires français sont entrés en collision au Mali lundi 25 novembre au soir, faisant 13 morts. Aucun des soldats n’a survécu. Les deux appareils de l’aviation légère de l’armée de terre (Alat), un Tigre et un Cougar, évoluent régulièrement ensemble lorsqu’ils assurent l’appui des troupes au sol. Le Tigre est un hélicoptère d’attaque au sol biplace, alors que le Cougar est un hélicoptère de transport de troupes et d’appui léger. Engagés sans discontinuer en Afghanistan, en Libye ou au Sahel, ils sont considérés comme des appareils fiables.

Le Tigre

Projet franco-allemand développé par Eurocopter (aujourd’hui Airbus), l’EC665 Tigre a été mis en service en 2005. Biplace, il est équipé d’un canon ainsi que de roquettes et/ou de missiles, selon les versions. Conçu à la fin de la guerre froide pour riposter à une offensive blindée venant de l’Est, il peut neutraliser des véhicules blindés ou non, et traquer des cibles situées à plusieurs kilomètres grâce à des équipements optroniques extrêmement puissants (il « voit » très loin). Au Mali comme ailleurs, son rôle est souvent de surveiller et sécuriser une zone d’opération en appui de troupes au sol, comme c’était le cas le soir du 25 novembre 2019.

Le Cougar

L’Aérospatiale (aujourd’hui Airbus) AS532 Cougar est un hélicoptère de transport de troupes, dérivé du Super Puma mis en service à partir de 1988. Équipé d’une mitrailleuse latérale, il peut transporter jusqu’à 21 combattants équipés, ou 4,5 t sous élingue, ou 6 blessés allongés et 4 blessés assis en version d’évacuation sanitaire (« evasan »). Il est largement utilisé pour l’extraction immédiate (« imex »), une doctrine consistant à prépositionner un hélicoptère capable de prendre en charge immédiatement d’éventuels blessés, notamment l’équipage d’un aéronef accidenté ou abattu. Des commandos embarqués dans cet hélicoptère permettent de sécuriser la zone d’atterrissage, y compris dans des conditions difficiles. Le 25 novembre, lors de l’accident, six membres du groupement commando de montagne et un chef de mission étaient à bord du Cougar en plus de son équipage.

L’accident

L’état-major des armées a donné quelques éléments sur l’accident dans un communiqué mardi 26 novembre au matin : « Engagés au sol depuis quelques jours, les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à moto. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000. Un hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer l’extraction immédiate d’un élément au sol. Vers 19 h 40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à une courte distance l’un de l’autre. Aucun des militaires embarqués n’a survécu. »

L’Alat

Héritière des pelotons avions de la Seconde Guerre mondiale, l’Aviation légère de l’armée de terre (Alat) a été créée en 1954. Premier opérateur d’hélicoptères de l’État, elle assure la formation des pilotes des trois armées et de la gendarmerie.

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