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Mouvements sociaux : Attention à la dérive et au laisser-aller

Les mouvements sociaux, généralement inhérents d’un travail de veille citoyenne pour ériger une limite non franchissable à certaines dérives de l’Etat ou pour exiger à ce que celui-ci s’assume par rapport à certains devoirs lui incombant en premier ressort, sont expression de la vivacité d’une démocratie, et donc forcément inévitables dans la vie d’une nation. Encore faudrait-il que toutes les démarches ou manifestions dans le cadre d’une telle expression populaire s’inscrivent dans la légalité républicaine pour ne pas perdre leur essence, à savoir la veille citoyenne !

Autant ce travail de veille citoyenne est du ressort de la masse populaire, autant il incombe à l’Etat d’encadrer ce travail et de s’assurer qu’il ne dévie vers une dérive aux conséquences fâcheuses pour tout le monde. En d’autres termes, il revient aux pouvoirs publics de faire en sorte que la quiétude publique soit garantie. Un travail préventif en amont qui requiert une capacité d’anticipation quasi-permanente sur le cours des événements pour qu’au finish on ne se retrouve pas face au fait accompli.

Et c’est à ce travail préventif que l’Etat malien est aujourd’hui appelé à agir face à un événement qui se prépare dans les coulisses, et dont les organisateurs ont décidé de le rendre public. Il s’agit de la manifestation annoncée par le Mouvement « Yèrèwolo debout sur les Remparts » pour le 25 mars prochain pour, dit-on, déloger la France du Mali. Aussi, nous a-t-on appris, les responsables de ce mouvement auraient annoncé un autre 25 mars, allusion faite aux événements de mars 1991 !

Nous n’avons rien contre ledit mouvement qui a organisé la grande mobilisation populaire du 10 décembre dernier, laquelle avait acquis le soutien et l’adhésion de nombre de nos compatriotes, parce que c’était à quelques encablures de la fameuse rencontre de Pau, il fallait donc envoyer un message fort à l’intention de Macron, qui avait fait preuve de condescendance en « convoquant » les chefs d’Etat du sahel. Et nous pensons que ladite mobilisation a été payante, au regard des conclusions issues du sommet de Pau, rien qu’on ait accepté la mise en place d’un commandement commun Barkhane-Force conjointe G5-Sahel.

Il nous parait donc un peu précipité qu’on veuille remettre le couvert pour encore exacerber un sentiment anti-français. En effet, beaucoup cultivaient ce sentiment, non pas parce qu’ils voulaient que la France s’en aille réellement de chez nous, mais plutôt pour qu’elle change sa façon de procéder dans nos pays. Si elle s’inscrit dans une telle démarche, on devra la mettre à l’épreuve au lieu de nous acharner sur elle. Cela est d’autant plus vrai que nul n’a vraiment intérêt à ce que la France se retire de chez nous alors que nos armées ont du mal à résister face aux assauts terroristes.

Il revient donc au gouvernement de faire en sorte qu’on ne sorte pas du cadre légal pour ce qui concerne les mouvements sociaux, et surtout de prévenir tout risque de dérive et de laisser-aller. D’anticiper donc !

Seydou DIALLO

Source: Journal le Pays-Mali

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