Il n’est pas facile de vivre en chômeur. Surtout pour celui qui a eu à occuper d’hautes fonctions de l’Etat. C’est la situation que traverse actuellement l’ancien premier ministre, Moussa Mara….

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L’ancien premier ministre, Moussa Mara, se sent-il mal en chômage actuellement ? On peut bien l’imaginer. Après OTL, parti lui, avec tous ses honneurs), Moussa Mara, a été repêché par le président IBK surpris par le départ (inattendu) de son premier ministre démissionnaire (OTL). Pour occuper le poste laissé vaquant par le banquier, IBK confie la primature à Mara. Il conduit le gouvernement pendant huit mois avant d’être congédié par le chef de l’Etat, sous la pression forte de certains partenaires sociaux, de la communauté internationale, surtout les groupes armés du Nord. On se rappelle que durant son passage à la primature, Moussa Mara, a laissé une triste image, lors de la visite qu’il a effectué à Kidal, le 17 mai 2014, malgré l’opposition des groupes rebelles qui contrôlent la localité. La suite est connue. Ce jour, Moussa Mara laisse derrière lui plusieurs morts militaires et civils dont six administrateurs civils ligotés puis égorgés par les rebelles radicalisés par cette visite qu’ils ont considérés comme une provocation. A son retour de Kidal, Mara, s’exprimant sur les antennes de la télévision nationale, a déclaré que le Mali «se trouve en état de guerre». Et le 21 mai, les forces armées lancent une opération de reconquête de Kidal. Les affrontements tournent à l’avantage des occupants. Depuis, tout ce qui est symbole de l’Etat a disparu dans la localité….

Outre cette bourde, Mara, a également laissé une piètre image de sa personne, en voulant défendre une grossière affaire de corruption dans laquelle des ministres de son gouvernement étaient indexés. Ces ministres sont soupçonnés d’avoir profité du contrat d’équipement de l’armée et l’achat de l’avion présidentiel, pour pomper à coût de plusieurs milliards francs CFA, dans les fonds que la communauté internationale a mis à la disposition du Mali, pour l’aider à sortir de la crise.

Dans ces deux affaires devenues des exemples illustres de corruption, en Afrique, Moussa Mara, plus pour des questions de sauvegarde de son fauteuil, que de toute autre chose, a tout tenté pour justifier l’injustifiable. Sa tête (pardon, son fauteuil) fut finalement mis à prix par les bailleurs de fonds et d’autres acteurs de la société civile, qui lui reprochaient à la fois son amateurisme et son aveuglement à couvrir un homme (IBK) dont les premiers actes posés en tant que chef de l’Etat, ont à la fois surpris et étonné plus d’un.

Acculé, lui-même, IBK, n’a eu d’autre choix que de se séparer, d’abord des ministres incriminés, puis ensuite de son premier ministre, devenu encombrant pour son pouvoir.

Depuis, sa démission (limogeage ?) Moussa Mara était devenu invisible et a observé une attitude de discrétion. Il se faisait très peu voir dans les rencontres publiques. Mais, depuis quelques mois, voire quelques semaines, il a comme pris la décision de sortir de son isolement (peu inconfortable pour lui) pour investir l’espace public. Cérémonies d’inauguration, de reboisement, conférences débats, sortie de promotion de scolaires, Moussa Mara est partout, et répond à la plus insignifiante des invitations. Partout, les images de l’ORTM montre un Moussa Mara songeur. Mais en prenant cette décision, Mara veut attirer l’attention sur lui, comme pour dire : «Vous avez là un grand serviteur de l’Etat, qui attend toujours qu’on fasse recours à ses compétences». Surtout que, à chaque fois qu’il a l’occasion de dire quelques mots face à la caméra de l’ORTM, le président du parti Yéléma, profite toujours de ces instants pour réaffirmer l’appartenance de son parti à la mouvance présidentielle, et sa détermination personnelle à accompagner le programme politique de Ibrahim Boubacar Keïta. Un brillant plaidoyer pour quelqu’un qui cherche à revenir au sein de l’administration. ne serait ce qu’à la tête d’une grande société ou entreprise de l’Etat.

Alors, aux éventuels intéressés, Mara tient son CV à disposition ; pour toute fin utile….