Lors du 4è congrès du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le chef de Bureau de la Minusma a tenu des propos qui ont révulsé plus d’un tant ils constituent un danger pour l’unité nationale et tranchent nettement d’avec les missions de cette organisation.


En effet, dans une déclaration en date du 05 décembre et signée par son président, Issaka Sidibé, l’Assemblée nationale considère que les récents propos tenus par le chef de Bureau de la Minusma à Kidal lors du 4è congrès du MNLA sont contraires à l’objectif de mission de paix et de stabilisation annoncée dans la Résolution définissant le mandat de la Minusma et ne sauraient être tolérés. Ce monsieur n’avait rien trouvé de mieux à dire que de lancer : «chers invités et membres des délégations venues du Mali». Le Parlement considère que ces propos portent une atteinte grave à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République du Mali. La Minusma considère-t-elle que Kidal est en dehors du territoire national ? Il y a de quoi se poser la question. L’Assemblée nationale du Mali, trouvant ces propos déplacés, soutient le gouvernement et les FAMa dans leur mission de sauvegarde et de sécurisation de l’intégrité du territoire national ; condamne avec la dernière rigueur les propos du chef de Bureau de la Minusma au 4è congrès du MNLA à Kidal, la 8è région administrative du Mali. De même, la représentation nationale dénonce l’attitude et la position affichées du chef de Bureau de la Minusma en totale contradiction avec la mission qui est la sienne ; demande au gouvernement de mettre en garde la Minusma pour le comportement irresponsable de son agent et exhorte le gouvernement à veiller au respect de l’intégrité du territoire national par tous les partenaires du Mali.

Vigueur identique dans la condamnation du côté du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD). Dans un communiqué daté du 2 décembre 2019, le FSD estime que le représentant de la Minusma en qualifiant le représentant de l’État de «délégation venue du Mali» ; en adoubant «les mouvements des  femmes et des artisans» qui «incarnent la vigueur du MNLA à Kidal et dans toutes les régions du nord» ; en se réjouissant de la prétendue «stabilité chèrement acquise dans la région» comme «gage de crédibilité du Mouvement qui tient son rang de partenaire» ; en prétendant que «l’idéologie du Mouvement unit une grande partie de la société civile à Kidal et établit sa légitimité», outrepasse largement sa mission de facilitateur dans la crise malienne.
Le FSD rappelle que la Minusma est une opération de maintien de la paix des Nations unies au Mali. «Du 25 avril 2013, date de sa création, à nos jours le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé plusieurs fois son mandat en lui assignant d’autres missions, toutes allant dans le sens du renforcement de l’unité nationale et du caractère un et indivisible du Mali», rappelle le groupement de l’opposition. Le FSD invite les différents responsables de la Minusma au respect strict de leur mandat et à s’abstenir de tenir des propos tendancieux susceptibles de renforcer les germes de la partition du pays plus ou moins perceptibles au travers d’actions savamment orchestrées autour de la ville malienne de Kidal.

Massa SIDIBÉ

Source: Journal l’Essor-Mali