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Guéguerre au sein du MAA-Plateforme: les mises au point du président du CSA

Accusé d’ingérence dans la guéguerre qui sévit de nos jours au sein du Mouvement Arabe de l’Azawad-Plateforme (MAA), le président du Comité de suivi de l’Accord (CSA), le diplomate algérien, Ahmed BOUTACHE, dans un communiqué, transmis à notre rédaction, accuse à son tour, le protagoniste de mauvaise foi et les met en garde contre toutes manœuvres visant à torpiller le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

De quoi s’agit-il ?

Dans sa version des faits, il ressort qu’il y a de cela un peu plus de deux mois, une crise est née au sein du MAA-Plateforme du fait d’un conflit personnel opposant M. Ahmed Ould Sidi MOHAMED, son Secrétaire général, et Moulay Ahmed ERREGANI, un cadre du MAA.

Durant ces deux derniers mois, rapporte-il, d’immenses efforts ont été déployés par différents acteurs pour calmer les esprits et ramener les deux protagonistes du conflit à la raison, mais en vain.

Les initiatives d’intercession des uns et des autres étaient surtout mues par leurs soucis de ne pas voir ce conflit d’ordre strictement personnel, mais touchant le MAA/Plateforme, déborder sur les mécanismes de mise en œuvre de l’Accord et entraver son bon fonctionnement.

Dans cet esprit et pour donner à ces initiatives toutes les chances de succès, le CSA, qui s’est voulu conciliant et ouvert, a permis, avec l’accord de tous ses membres, que les sieurs Ahmed Ould Sidi Mohamed et Moulay Ahmed ERRAGANI puissent tous deux participer, en même temps, aux 32è et 33è sessions du CSA, à titre tout à fait exceptionnel. Tout en invitant les deux personnes à mettre fin à leur contentieux, dans l’intervalle de la session, sachant qu’une telle situation aussi inédite qu’inadmissible et contraire au règlement intérieur du CSA ne pouvait pas se prolonger indéfiniment.

Selon le principe sacro-saint posé par le CSA, qui met à la charge exclusive des mouvements, le règlement de leurs différends d’ordre interne avec, si nécessaire, un accompagnement adapté de la Médiation internationale, le MAA-Plateforme avait donc la responsabilité de la résolution du conflit entre son secrétaire général et M. ERREGANI.

Les Constats

A la veille de la 34è session du CSA, il a été constaté que le MAA-Plateforme n’avait toujours pas réussi à trouver une issue heureuse à la crise qui le secoue, d’une part, et que toutes les tentatives d’intercession n’ont pas pu parvenir à un épilogue heureux de cette affaire, d’autre part. Les deux protagonistes du conflit jugeaient confortables de continuer à siéger ensemble au CSA, abusant ainsi de l’ouverture d’esprit et de la flexibilité jusque-là affichées par le CSA et transposant ipso facto leur conflit personnel au sein du CSA. Toute chose qui d’évidence était inacceptable.

En effet, en 2015, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix au Mali, Moulay Ahmed ERREGANI a été désigné pour représenter le MAA-Plateforme au sein du CSA et M. Ould Sidi MOHAMED a été nommé pour faire partie d’un sous-comité thématique. Ce dernier avait, à ce moment-là, brièvement contesté ce choix opéré au sein du MAA-Plateforme pour, ensuite, rentrer chez lui, et ne plus donner aucun signe de vie.

Ce n’est, il y a un peu plus de deux mois, qu’il a refait surface pour notifier au CSA sa décision en sa qualité de Secrétaire général du mouvement de démettre M. ERREGANI, représentant du MAA-Plateforme au sein du CSA.

Décision de retrait du DDR accéléré

Par la suite, il a signifié qu’il le remplacera personnellement pour ensuite réclamer les arriérés de ses indemnités, estimées à environ 15 millions de FCFA, au titre de membre d’un sous-comité thématique. Sachant bien que depuis sa désignation, il n’a jamais participé à aucune réunion de cette instance.

En réalité, c’est la Médiation internationale, qui est habilitée, et non le président du CSA, comme le prétendent les signataires du communiqué au nom de la Plateforme, a décidé de procéder à un arbitrage sur cette affaire.

Ainsi, lors de sa réunion du lundi 15 avril 2019, le CSA reconnaissant que le Secrétaire général du MAA- Plateforme jouit de l’autorité et des prérogatives requises pour procéder à un changement de la représentation de son mouvement, en son sein, a décidé de prendre en considération la notification reçue à son niveau.

Et depuis, déplore le président du CSA, d’autres mouvements ont rendu public, au nom de la Plateforme, un communiqué dans lequel, contre tout bon sens, ils énoncent une contre-vérité attribuant au seul président du CSA la responsabilité de la décision de la Médiation internationale et le taxe de faire «une immixtion tendancieuse» dans un litige interne à un mouvement.

Dans la manifestation de leur mauvaise foi, les mêmes éléments vont annoncer dans un autrecommuniqué leur décision de « suspendre la participation de la Plateforme au DDR accéléré en cours ainsi que du cadre de concertations de la partie malienne».

Et pourtant, est formel M BOUTACHE, la décision de remplacer M ERREGANI, adressée au CSA par le Secrétaire général du MAA-Plateforme, a été prise par la médiation Internationale, au cours d’une séance de travail à laquelle était présent le Coordonnateur du Panel d’Experts sur le Mali.

S’agissant de la décision de suspension de la participation du MAA-Plateforme au processus de mise en œuvre de l’Accord, soutient le diplomate, c’est une décision périlleuse, voireà la limite expressive d’irresponsabilité et d’immaturité politique qui n’a rien de nouveau ni de productif.

« Les auteurs de cette décision extrêmement grave de prendre en otage l’Accord et sa mise en œuvre, au moment où la communauté internationale insiste lourdement sur l’impérieuse nécessité d’en accélérer la cadence et de la parachever dans les meilleurs délais, se désignent eux-mêmes comme les perturbateurs du processus de mise en œuvre de l’Accord et s’exposent, de toute évidence, aux sérieuses conséquences qui pourraient en découler », a-t-il prévenu.

Une situation préjudiciable

Et de poursuivre : «Provoquer, de manière délibérée, injustifiée et inadmissible, une situation préjudiciable à la mise en œuvre de l’Accord alors que le défi majeur de faire bénéficier les populations du Nord du Mali des dividendes de l’Accord reste encore à relever et alors que les populations du Nord du Mali n’ont toujours pas accès aux services sociaux de base »

A son avis, les luttes claniques motivées par des intérêts personnels bassement matériels, au détriment de la paix et des intérêts supérieurs du Mali et du peuple malien, doivent être bannies.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source: info-matin

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