Drapeau brûlé, emblèmes de l’État ou du moins le peu qui y existe saccagés, bureaux vandalisés, Kidal a donné le mercredi dernier des scènes d’une jeunesse hystérique rappelant certaines heures sombres de la crise.

 

Quelques heures après, chaque partie impliquée à tort ou à raison dans cette mésaventure a réagi. Qui croire dans ce petit bled incontrôlée par l’Etat et où semblent se jouer une guerre intestine encore camouflée ? Qui tient tête à la puissante CMA dans son fief ?

Si certainsassument leurs actes, d’autres, par contre, essayent de se démarquer et prouver leur innocence. Mais dans tout ça la puissante organisation refuse de reconnaitre que son ancrage et sa notoriété ont pris un sérieux coup. Tout d’abord, la jeunesse de Kidal, que certains préfèrent appeler la jeunesse du MNLA comme s’il y’a que le MNLA à Kidal, déclare : «…On aurait voulu que l’assemblée nationale malienne soit imprégnée de la réalité du terrain de l Azawad afin de se dissuader (….) le gouvernement malien de l’action militaire pour reconquérir l’Azawad. (…) Il faut noter que la délégation était hôte de la CMA et est sécurisée par celle-ci; de ce fait elle a tout notre respect. Le séjour allait bien se passer si ce n’est le non-dit de la visite qui sont apparus à la dernière minute ; notamment la cérémonie au camp MOC de Kidal qui avait pour but de hisser le drapeau malien. Ensuite, ce dernier devrait flotter sur les locaux du gouvernorat de Kidal et sur l’Assemblée régionale… »

Apprenant cela, la députéecheffe de mission de la visite, GhaichaBelco Maiga a réagi en ces termes : «Sur initiative de l’assemblée nationale du Mali et l’accompagnement  de la Minusma j’ai conduit une mission du 15 au 17 juillet à Kidal accompagnée des Honorables Ahmada AG BIbi Élu abeibara, NdoulaThiam élu à Bamako et BrehimaBeredogo élu à Kadiolo.L’objectif était d’évaluer la connaissance des populations sur l’accord de paix issu du processus d’Alger, requérir leur Impressions sur sa mise en œuvre et enfin proposer des recommandations en vue de corriger les insuffisances. Et nous avons été accueillis par les membres présents de la CMA avec en-tête l’Honorable Alghabas Ag Intalla. (….) Les échanges se sont passés dans le respect et les uns et les autres ne sont pas partis avec le dos de la cuillère pour répondre à toutes les questions et en même temps faire des propositions souvent pertinentes pour la mise en œuvre de l’accord et de la paix et le développement.Nous n’avons à aucun moment parler ou proposé le flottement du drapeau malien qui ne relève pas de notre mission et n’est pas l’objectif de notre mission ».

Et enfin de journée, la CMA dans son communiqué numéro 18/CD/19 signé par son porte-parole Mossa Ag Attaherreconnait qu’il y’a bel et bien eu tentative de lever les couleurs et cela sur initiative de la CMA. «Une tentative de la montée des couleurs sur initiative de la CMA dans le camp militaire ou sont cantonnés les éléments du MOC a dégénéré provoquant un comportement inapproprié à l’égard du drapeau national. La CMA rappelle qu’un autre acte de vandalisme de plusieurs monuments à l’effigie des emblèmes de la CMA s’est opéré la veille exacerbant davantage la tension au sein des organisations de la jeunesse ».

Ces propos du porte-parole démontrent qu’il y’a bel et bien eu tentative de lever les couleurs. Dans ce cas, qui a fait appel à la manifestation? Qui serait opposé à la montée des couleurs bien qu’initiée par la CMA? De nombreuses questions qui taraudent les esprits des leaders de la CMA qui constatent lamentablement qu’un contre-pouvoir de taille est désormais implanté dans leur fief.

Source : Le Hoggar