Le Conseil de sécurité a, dans une déclaration, exhorté le Gouvernement et les groupes armés de la Plateforme et de la Coordination à prendre immédiatement des mesures concrètes pour appliquer des dispositions clefs de la Feuille de route adoptée le 22 mars 2018. Avant de les mettre en garde que tout retard dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix pourrait mettre en péril la sûreté et la sécurité du Mali.

 

Le Conseil de sécurité a déploré  que   » les délais prolongés sur le plan de l’application concourent à un vide politique et sécuritaire susceptibles  de mettre en péril la sûreté et la sécurité du Mali, ainsi que la viabilité de l’Accord« . Tout en   faisant remarquer  qu’il incombe au premier chef à toutes les parties à l’Accord  » de faire des progrès constants pour ce qui est de son exécution  » le Conseil de sécurité a  exhorté le Gouvernement et les groupes armés de la Plateforme et de la Coordination à s’abstenir de tout acte qui porterait atteinte à la mise en œuvre de l’Accord. Avant de les inviter  à appuyer les décisions nécessaires en vue de la pleine application dudit accord et cela  d’une manière inclusive.

Il a insisté sur l’achèvement rapide de  » la réforme constitutionnelle à l’issue d’un processus inclusif de collaboration, avec la participation sans réserve et l’assentiment du Gouvernement, des parties armées signataires, de l’opposition politique et de la société civile « . Et lancé un appel à l’intégration dans les Forces de défense et de sécurité maliennes des combattants qui prennent part au processus DDR   et qui répondent aux critères établis, ainsi qu’à l’adoption d’un projet de législation relatif à la mise en place de la zone de développement des régions du nord, avant la fin du mandat en cours de la MINUSMA.

Sur le volet sécuritaire, le Conseil de sécurité s’est dit préoccupé de l’état de la sécurité dans le centre du Mali. Notamment  les attaques persistantes, y compris les attentats terroristes, contre les civils, les représentants des institutions locales, régionales ou étatiques, ainsi que les forces de sécurité nationales, internationales et des Nations Unies. Il a condamné également  » la propagation récente des violences intercommunautaires, y compris l’odieux attentat d’Ogossagou le 23 mars 2019, qui a fait plus de 160 morts parmi les civils« . Il a exhorté les autorités maliennes  » à amener ceux qui commettent ces crimes, y compris les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits et les violations du droit international humanitaire, à répondre de leurs actes, et à traduire ces personnes en justice sans délai « .

Le Conseil de sécurité a aussi insisté sur la présence effective du gouvernement au centre en lui exhortant  de mettre en œuvre  » un plan global visant à rétablir la présence de l’État dans le centre du Mali et de renforcer son action pour réinstituer des relations pacifiques entre les populations. Il prie instamment le Secrétaire général, dans le cadre de ses rapports périodiques sur la MINUSMA, d’intégrer des recommandations dans son prochain rapport trimestriel sur les façons dont la MINUSMA pourrait renforcer ces efforts« . Il déclare encourager « la MINUSMA à continuer d’appuyer le rétablissement de l’autorité de l’État dans le centre du Mali, d’user de ses bons offices et d’exécuter sa mission de réconciliation et de protection des civils, conformément aux dispositions applicables de la résolution 2423 (2018) « . Enfin, il  demande aux autorités maliennes d’établir une étroite coordination avec la MINUSMA au sujet des mesures à prendre en vue du rétablissement de la présence de l’État dans le centre du Mali.

Source: l’Indépendant