Le Mali une mine d’or ? Cela commence à se savoir, le nord du Mali serait le nouvel Eldorado africain. Aujourd’hui sur 18 millions d’habitants le pays compterait plus d’un million de mineurs artisanaux répartis sur près de 400 sites aurifères selon le ministère des mines. On connaissait les mines de la frontière guinéenne, ces hameaux devenus des cités aurifères de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Mais depuis deux ans c’est le nord du Mali et surtout Kidal qui attire les convoitises des acteurs économiques, des étrangers mais aussi et surtout des terroristes.

Depuis la découverte des mines d’or de Kidal, de nombreux orpailleurs de différentes nationalités se ruent vers la cité du nord Mali. La prospection artisanale de l’or s’est intensifiée, entrainant un flot grandissant d’orpailleurs étrangers provenant de divers pays africains comme le Soudan, le Tchad, le Burkina Faso et même l’Algérie. Cet afflux massif d’étrangers dans notre pays pose de réels problèmes sécuritaires. Les sites d’orpaillage traditionnels sont présents au Mali depuis plusieurs siècles et sont historiquement exploités par les maliens, cette manne financière récupérée par les étrangers serait une perte sèche pour le pays et le développement de la région.

Mais est-ce vraiment l’Eldorado africain ? Les groupes terroristes présents à la frontière algérienne ont déjà la main mise sur une partie de cette activité aurifère. Comble de l’ironie, c’est la terre de notre Mali qui finance leurs besoins personnels et la guerre contre notre pays. La présence grandissante des terroristes sur les sites d’orpaillage artisanaux entraine le paiement de taxes comme la Zakat normalement destinée aux pauvres mais qui en réalité ne fait que les enrichir un peu plus. Un fois installés en nombre, ils imposent également la charia, les gens paient et se taisent par crainte de représailles.

L’organisation terroriste présente au nord Mali se finance en partie avec cette activité moins dangereuse que le trafic de drogue.

Cependant beaucoup de jeunes maliens, tout comme les anciens membres des groupes armés, viennent tenter leur chance dans cet Eldorado. En quelques années l’activité s’est densifiée et les retombées économiques sont importantes. Des quartiers entiers ont vu le jour pour subvenir aux nouveaux besoins des travailleurs, nouveaux restaurants, commerces et services. Les populations rurales aux alentours en profitent tout autant avec la vente plus régulière de leurs produits. La nouvelle activité minière au nord du pays pourrait être une des solutions contre le terrorisme. Les anciens combattants présents dans les groupes armés trouvent ici une activité moins dangereuse, qui respecte les lois et ils n’ont plus aucune envie de retourner se battre.

Les acteurs économiques maliens de premier plan investissent aussi dans cette activité, ce qui entraine un profit plus important et un développement de l’activité aurifère encore plus rapide. Si l’activité artisanale tend à diminuer dans les années à venir au profit de mines plus industrielles cela pourrait permettre d’encadrer le travail et entrainer un développement économique exponentiel.

Pour l’instant le seul vrai perdant c’est l’état malien. Ne taxant pas cette activité il n’en récupère aucun subside. Cette situation pourrait prendre fin rapidement avec la mise en place prochainement du nouveau code minier qui structurera l’activité aurifère dans le pays et permettra ainsi au Mali de bénéficier des retombées économiques.

L’or de Kidal est la solution pour le développement économique de la région et l’amélioration des conditions de vie des jeunes travailleurs qui voient ici un moyen honorable de vivre.

L’or de Kidal sera aussi la meilleure solution contre le djihadisme au nord Mali. Mais pour cela son activité doit être cadrée et ne pas être laissée aux mains des terroristes étrangers venus piller nos terres pour financer leur désir arrogant de pouvoir.

Issa Bâ

Malijet