Du 30 novembre au 3 décembre, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a tenu à Kidal son 4ème congrès. Son porte-parole, Moussa Ag Attaher, répond à nos questions.

 

Quels sont les principaux thèmes débattus lors du congrès ?

Comme points essentiels, nous avons d’abord procédé au renouvellement des structures du mouvement. Nous étions à la fin des trois ans de mandat du bureau sortant. Nous avons également réactualisé et redynamisé ces structures, afin qu’elles soient en adéquation avec les réalités du moment. Un autre point a été la mise en œuvre de l’Accord. D’autant que le congrès a coïncidé avec un moment où le MNLA, au sein de la CMA, est dans une situation de suspension de ses activités au CSA, mais aussi au Dialogue national inclusif. Le mouvement s’est aussi penché sur les questions de défense et de sécurité, pour voir comment repenser notre outil de défense pour faire face aux nouveaux enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Quelles ont été les recommandations formulées ?

Des recommandations ont été faites sur l’Accord de paix, sur la défense et la sécurité, mais également sur la cohésion, notamment entre la CMA et les autres mouvements. Une recommandation très forte a été faite pour une fusion de l’ensemble des composantes de la CMA pour former un grand mouvement, plus efficace.

Et concernant une participation prochaine au CSA ?

Il y a eu des efforts ces dernières semaines pour sortir de l’impasse actuelle. Le congrès a salué les efforts de la communauté internationale pour ramener les parties à la table des discussions en vue de dépasser les blocages. Nous saluons ces efforts, nous les encourageons. Jusqu’à là, ce sont des démarches qui sont faites, mais il n’y a pas eu de propositions concrètes pour préparer un CSA dans les meilleurs délais. Nous avons reçu une invitation pour le 11, mais cela a finalement été reporté. Nous imaginons que c’est pour qu’il y ait une réunion préparatoire entre les parties pour s’accorder sur certains points.

Le MNLA serait en perte de vitesse…

Ce congrès constitue en lui-même une réponse à tous nos détracteurs, qui ont voulu faire disparaitre le MNLA à travers leur bouche. S’il s’agit d’existence sur le terrain, nous en avons fait la démonstration, par un défilé militaire notamment, avec plus de 300 véhicules et leurs équipements. Nous avons fait une démonstration politique en mobilisant plus de 3 000 personnes et nous avons fait une démonstration de légitimité avec la population, en enregistrant la participation des cinq régions de l’Azawad. Je ne vois donc pas en quoi nous serions en perte de vitesse.

Boubacar Sidiki Haidara

Journal du mali