Les enjeux institutionnels de la présidentielle 2018 préoccupent autant en dehors du Mali qu’au-dedans. Et c’est pour prévenir d’éventuel basculement vers des scenarii incontrôlables que la communauté internationale est à pied d’œuvre dans les concertations avec les différents acteurs concernés et impliqués dans le processus de renouvellement du mandat du finissant d’IBK. Y figurent, comme on s’en doute, les parties-prenantes de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, un instrument dont la mise en œuvre risque de chevaucher avec le calendrier électoral et de constituer un vicieux facteur de blocage en cas d’intransigeance de protagonistes tatillons comme la CMA.

Mais après s’être illustrée par une rigueur inflexible sur les régionales couplées aux locales  – arguments  tirés notamment des lacunes du Code des Collectivités -, la Coordination des Mouvement de l’Azawad affiche apparemment plus de réceptivité face à la présidentielle. L’influence de la communauté internationale, en l’occurrence l’Union européenne et la Minusma, est visiblement passée par là même si la CMA pose une kyrielle de conditions pour s’abstenir de faire obstacle à la tenue du scrutin dans les zones contrôlées par le mouvement autonomiste. Quoique cette concession marque un pas de géant vers une levée partielle des barrières territoriales, il n’en demeure pas moins qu’elle soit soumise à des exigences préélectorales qui constituent chacune une gageure quant au respect des dates impératives sine qua non stabilité institutionnelle. La CMA, selon nos sources, n’a guère l’intention de transiger par exemple sur le respect du chronogramme d’application de l’accord arrêté de commun accord avec les parties, à la dernière réunion du Comité de Suivi de l’Accord consécutivement à la nomination du nouveau Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga. Il s’agit en l’occurrence de rendre opérationnels les MOC (Mécanisme Opérationnels de Coordination) de régions de Tombouctou et Kidal en les dotant de l’ensemble des moyens afférents aux missions qui leur sont assignées en vertu du processus d’Alger. Idem pour les autorités intérimaires installées dabs les régions du Nord aux fins de suppléer les autorités locales à tous les niveaux des Collectivités territoriales. Dans la foulée de l’organisation de la présidentielle, la CMA réclame qu’elles soit dotées de toutes les ressources en adéquation avec la partition qui leur est dévolue en vertu de l’Accord et des clauses subsidiaires entre l’Etat et les mouvements.
Parmi les conditionnalités retenues par les camarades de Bilal Ag Achérif figurent aussi la signature des textes afférents à la fonctionnalité des nouvelles régions créées, à savoir Taoudeni et Menaka où le découpage régionale et la création des nouvelles communes se font toujours attendre.

Quant aux réserves précédemment émises sur le Code des collectivités -après son vote par l’Assemblée nationale et sa promulgation par le chef de l’Etat -, la Coordination se montre plutôt réaliste. Une relecture du texte n’étant pas plausible avant le scrutin du 29 juillet prochain, le mouvement pro-Azawadien pourra se satisfaire d’une correction de certaines de ses lacunes aux moyens de mesures réglementaires de son application, à savoir : la prise en compte des réserves soulevées par la CMA dans un décret. En revanche, la Coordination des Mouvements de l’Azawad s’accommodera difficilement d’un processus électoral assez peu inclusive pour ne pas intégrer le rapatriement et l’inscription sur les listes des nombreux réfugiés susceptibles d’être privés de leur droit à l’expression du suffrage.
On peut en déduire, somme toute, que les bonnes dispositions de la CMA à contribuer à la stabilité institutionnelle du pays ne souffrent d’aucun doute, mais elles demeurent assujetties à un profond attachement à la substance de l’Accord pour la paix qui consacre un devenir institutionnel à moult inconnues.

A Kéita

 

Source: Le Témoin