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Taoudeni : Le projet fou de la « Merveille du désert »

Début décembre se tiendra à Taoudeni une rencontre sur le développement de la région. Autorités locales et partenaires techniques et financiers vont se pencher sur un ambitieux projet de création d’une ville en plein désert.

 

Du désert jaillira la ville. Faire de Taoudéni un « petit Dubaï », c’est l’ambitieux projet de Moulaye El Oumrany, un ressortissant de la région qui a passé plusieurs années en Allemagne. « Pari fou, irréalisable », les qualificatifs dissuasifs n’ont pas manqué pour le projet, insuffisants pour décourager cet ingénieur en informatique adepte des défis et pour lequel seule compte la force de la volonté. « Partout où il y a une volonté, il y a un chemin », disait Lénine. Créée en 2016, la néo région de Taoudéni peine depuis à pleinement s’opérationnaliser. La faute notamment au manque d’infrastructures. Les autorités de la Cité de l’or blanc se trouvent à Tombouctou, où toutes les décisions sont prises, à 750 km de la ville capitale de la région, qui n’était jusqu’à présent connue que pour sa mine de sel gemme et sa prison, aujourd’hui en ruines. Changer le narratif et créer autour une zone économique qui permettra d’amorcer son développement, tels sont quelques-uns des objectifs que s’est fixés Oumrany. Pour y arriver, il sait compter sur le soutien de partenaires, tels la GIZ ou encore la Banque mondiale. L’agence de coopération allemande a cette année financé une étude sur la région. Pendant un mois, un pédologue, un géologue et un expert en études de marché y ont séjourné, dans le cadre de la création d’une ville nouvelle qui serait la locomotive économique de la région. Malgré des conditions difficiles, les résultats de la mission se sont avérés satisfaisants. Un point d’eau a été découvert à 20 km de la prison. Une véritable avancée, car il fallait parcourir 100 km pour s’en procurer. Un forage a été effectué. « Nous avons dû acheter nous-mêmes les équipements, aucune entreprise ne souhaitant engager les siens, craignant pour leur sécurité », confie El Oumrany. Il espère très vite la construction d’un système d’adduction d’eau jusqu’à la zone censée abriter le renouveau de Taoudéni. Des espaces ont également été repérés pour y planter des dattiers.  

La mine de sel comme moteur

Seule activité économique de cette vaste étendue désertique, la mine de sel gemme accueille de 1 000 à 1 500 saisonniers par an. Ces derniers, ressortissants de Tombouctou et Gao pour la plupart, y travaillent huit mois avant de rejoindre leurs familles durant les quatre restants (période chaude). La pratique est encore artisanale et des études sont menées pour l’éventuelle mise en place d’une usine de transformation du sel. « Les miniers sont les seuls à avoir un revenu régulier. Ceux qui peuvent payer pour l’éducation, la santé, l’eau, il faut améliorer leurs conditions de vie. Ce seront les premiers habitants et tout ce qui va améliorer leurs vies ne sera que profitable à la création de la ville », assure Moulaye El Oumrany, qui a pris la direction de l’ONG de son oncle, « Paix et Progrès », afin de mener à bien ce projet. Un premier démarchage a été fait auprès des miniers afin que leurs familles viennent vivre avec eux. « Ils étaient très réticents au départ et ne souhaitaient pas voir leurs proches venir les rejoindre à Taoudeni, où ils sont coupés de tout », affirme notre interlocuteur. Mais la situation a évolué. Un équipement satellitaire, dont l’abonnement annuel est payé par l’État, a été installé, rendant désormais possibles les communications via l’application WhatsApp. La Banque mondiale enverra dans les prochains jours une équipe d’urbanistes faire le plan de la future ville. L’institution l’a intégrée dans un projet de développement plus large. « L’objectif de la Banque mondiale est de créer une économie au niveau de la ville et après de faire en sorte que les autorités s’y installent. Elle doit discuter de toutes les préoccupations avec elles pour essayer d’y remédier », explique El Oumrany, qui ajoute que le Gouverneur de la région, le général Mohamed Abderahmane Ould Meydou, adhère à cette vision et s’est engagé à faire « tout ce qu’il pourra pour accompagner la création de la ville ».

Journal du mali

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