A l’occasion d’un sommet tenu le 15 décembre à Niamey, les présidents des Etats membres du G5 Sahel ont tiré la sonnette d’alarme au sujet de la menace terroriste qui plane sur la région malgré la présence d’un important dispositif sécuritaire. Cinq Etats sahéliens ont décidé le 15 décembre à Niamey de renforcer leur coopération et ont appelé la communauté internationale à les soutenir pour endiguer le péril djihadiste qui frappe de plus en plus violemment ces pays.

«Les chefs d’Etat réitèrent leur volonté de tout mettre en œuvre pour améliorer la coordination entre la force conjointe, les forces nationales et les forces internationales alliées», selon le communiqué final du sommet qui a réuni les présidents du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et de la Mauritanie, qui forment le G5 Sahel. Les chefs d’Etat du G5 ont également lancé un appel aux autres pays de la grande région pour «un renforcement de la coopération entre les services de sécurité et de renseignement dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière», selon le communiqué. Les présidents ont encore demandé à la communauté internationale de «renforcer son soutien» contre «la menace terroriste», et redemandé à l’ONU de renforcer le mandat de sa force militaire conjointe anti-djihadiste et celui de la Minusma au Mali, selon le communiqué final.

Le même jour, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a mis en garde sur les ondes de France Inter contre la constitution d’«un arc de groupes terroristes» du Sahel jusqu’au Proche-Orient.  Lire aussi : Militaires tués au Mali : le groupe EI revendique avoir causé la collision, la France dément Le rôle de la France au Sahel conforté ? Dans une allusion à la polémique sur la présence des forces étrangères au Sahel, parfois contestée par les populations, le président nigérien Mahamadou Issoufou a estimé que «pour combattre le terrorisme, [les pays sahéliens avaient] besoin non pas de moins d’alliés mais de plus d’alliés».«La lutte contre le terrorisme est une lutte internationale», a renchéri le président Kaboré. Le président Issoufou a aussi salué le projet de l’opération Tacouba, réunissant des forces spéciales de plusieurs pays européens afin d’apporter des renforts à l’armée malienne, qui est en train d’être mis sur pied à l’initiative de la France. Des messages qui constituent peut-être un signal envoyé au président français Emmanuel Macron, qui a demandé aux dirigeants du G5 Sahel de «clarifier» leur position sur la présence de troupes françaises dans leurs pays, et d’«assumer» publiquement le fait qu’elles s’y trouvaient à leur demande, et non pas pour des «visées néocoloniales».

L’attaque d’Inates encore dans les esprits Initialement prévu à Ouagadougou, le sommet a été relocalisé à Niamey, en signe de solidarité après la sanglante attaque du camp militaire d’Inates le 10 décembre, dans l’ouest du Niger, près de la frontière malienne, dans laquelle 71 soldats nigériens ont été tués par des djihadistes. L’attaque d’Inates, la plus meurtrière de l’histoire de Niger, revendiquée par le groupe Daesh, a traumatisé le pays, qui a décrété trois jours de deuil national, du 13 au 15 décembre. D’autres attaques sanglantes ont frappé ces derniers mois le Mali et le Burkina Faso.   Malgré la présence des forces françaises (4 500 soldats de Barkhane), régionales (force militaire conjointe du G5 Sahel), de l’ONU (Minusma au Mali), ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012.

AFP