Après l’ajournement de la signature des Accords d’Alger, version 2015, paraphe prévu initialement le 15 avril dernier, le ministre des Affaires étrangères du Mali Abdoulaye Diop a accordé une interview à Roger Muntu à Paris où il déclare que l’avantage du nouvel accord est l’élection des organes élus au niveau des collectivités territoriales, une armée reconstituée reflétant la diversité malienne.

moussa ag assarid Attaher porte parole mnla kidal

En réponse, Moussa Ag Assarid est toujours réticent à signer l’accord et ne reconnaît pas son identité sous l’apanage du Mali.

Selon le ministre malien des Affaires étrangères, il s’agit de « faire des sacrifices, mais pas les yeux fermés ». Monsieur Diop se réjouit de l’implication des populations dans l’accord qui vient d’être paraphé par le gouvernement, mais aussi de celle de la communauté internationale. Toutes choses qui n’étaient pas prises en compte dans les précédents accords signés sous l’égide de l’Algérie seulement. Le point le plus important est la présence de la Médiation internationale aux côtés du Mali laquelle devra être érigée en comité de suivi international relais vers la mise en place d’un Observatoire indépendant. Après l’intervention du ministre Abdoulaye Diop, Moussa Ag Assarid a donné son point de vue sur le paraphe et sa « malianité ».

Pour Assarid qui répondait depuis l’Espagne, « cela fait plus de 50 ans que les mouvements unifiés revendiquent leurs droits d’exister et leurs droits à l’autodétermination ». L’essentiel, selon lui, est « le statut juridique, politique et territorial de l’Azawad ». Il revendique aussi le droit à la « sécurisation de ce territoire ».

« La proposition de Bamako est insuffisante notamment la libre décentralisation avec un président de région élu au suffrage direct » indique Ag Moussa pour qui « la solution aux problèmes du nord est purement politique ». Il a dénoncé le fait que dans le document proposé, « il ne ressort en aucun endroit la détermination politique de l’Azawad. Il n’y a pas que des touaregs qui vivent au nord ».

Ag Assarid va plus loin : « Nous ne pouvons plus nous satisfaire de promesses » a t-il fait savoir avant de poursuivre : « La population de l’Azawad marche de façon quotidienne pour son droit ». Et de fulminer : « A Alger, nos préoccupations ne pas prises en compte ». Faut-il conclure que la nouvelle date du 15 mai sera remise en cause ?

Tout porte à le croire. Car dans ses propos, le représentant de la CMA a estimé : « On ne peut pas vivre de promesses. On ne peut nous accuser d’avoir une alliance avec Al Qaïda et MUJAO qui existaient depuis 2003. Les milices gouvernementales ont été créées de toute pièce ».

Sur la question relative à sa nationalité, Assarid est perplexe. « Nous avons accepté l’intégrité territoriale du Mali, mais on ne peut pas tout abandonner. Nous voulons vivre dignement sur notre territoire, que la justice puisse être rendue de façon équitable ». Toujours sur sa nationalité malienne, il est affirmatif : « Je ne peux pas répondre à cette question ». Et comme l’a dit le cinéaste mauritanien Abderhamane Sissakho, « la crise malienne est un choc, une souffrance ».

Rassemblés par Salif Diallo    

Source: Le Matinal