Comme une chauve-souris qui s’accroche à un vieux palmier, le Ministre Sada Samaké peine à trouver une formule à l’épineuse équation de la carte d’identité et du passeport. Malgré cette incompétence caractérisée, il se maintient bec et ongle à son fauteuil avec la « baraka » du vieux bourgeois IBK.

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A force d’en avoir ras-le-bol, la population malienne commence franchement à se demander si en fin de compte, le Président IBK n’est pas délibérément entrain de se moquer d’elle. Un sentiment si choquant quant au maintien incompréhensible du Ministre Sada Samaké dont les méthodes ne répondent guère aux exigences de l’heure et dont le départ s’impose désormais au regard de son incompétence avérée. Certaines populations profondément meurtries, en ont même fini par devenir aphones à force de crier leur détresse dans un contexte d’insécurité ayant quasiment atteint son summum et d’autres devenues taciturnes après avoir tant vociféré leur colère contre une pénurie monotone et exaspérante de documents administratifs : le passeport et la carte d’identité en l’occurrence. Malgré ces multiples cris de désespoir, le Général Sada Samaké est resté indéfectiblement accroché à son fauteuil comme une chauve-souris à un vieux palmier, en n’ayant strictement rien pu faire pour y apporter le moindre « oxygène ».

D’abord, l’une des plus suicidaires erreurs de nomination du Chef de l’Etat, c’ est d’avoir très maladroitement confié le département de la Sécurité et l’Administration au Général Sada Samaké qui au demeurant, ne semble plutôt mieux qualifié que dans la répression des marches de protestation, bien souvent plus légitimes que lui-même sa présence à ce poste. L’un des changements qualitatifs radicaux que les maliens attendaient pourtant de ce régime,  était une administration performante, crédible et diligente, non seulement capable d’assurer correctement la sécurité des personnes et leurs biens mais extirper également toutes formes de magouilles des diverses procédures d’acquisition de documents légaux, longtemps restées une vraie gangrène dans nos services publics. Force est cependant de reconnaître qu’avec le règne du même régime, l’hallucination est totale. Le taux de délinquance et tracasseries policières a atteint des proportions alarmantes. Le degré de spéculation quant à l’obtention d’un titre d’identité, est devenu intolérable. La croisade vigoureusement annoncée contre la corruption et le dilettantisme avec à l’appui, une justice solide et implacable, s’est amplement transformée en mirage quand bien même l’on peut certifier sans risque de se tromper que le Ministère dont est en charge Sada Samaké, fait plus que jamais partie de ces hauts lieux de l’Etat où la corruption et le népotisme sont endémiques. En outre, lorsque, dans le souci légitime d’alerter les autorités, certaines voix s’élevèrent contre la présence de cellules dormantes du terrorisme dans la capitale malienne, nous ne fûmes en effet, témoins d’aucune mise en marche réelle de mesures anticipatoires aptes à prévenir d’éventuelles attaques jusqu’à ce que Bamako fusse regrettablement frappé en plein cœur. En dépit de ces nombreuses bévues, l’on se pose logiquement la question de savoir ce que le Général Sada Samaké cherche encore dans ce gouvernement si ce n’est à la limite que prendre part à des rencontres infructueuses ou peut-être même sauvegarder les arrières d’IBK pour que ce dernier jusqu’ici, ne veuille s’en défaire.

En revanche, une chose demeure claire et certaine : les travaux de ce gouvernement parviendront difficilement à des résultats probants aussi longtemps que le Président Ibrahim Boubacar Kéita restera superstitieusement attaché à des cadres irrémédiablement incompétents dont la présence n’est rien d’autre qu’un immense gâchis pour l’Etat notamment le Ministre Sada Samaké, levier d’un système complètement rétrograde et inopérant.

 

Modibo Kane DIALLO            

source :  La Sirène