Dr Choguel Kokalla Maïga nommé hier: Premier ministre de la Transition

Conformément à l’exigence de la CEDEAO relative nomination d’un Premier ministre civil, Dr Choguel Kokalla Maïga, de son vrai nom Chouaïbou Issoufi Souleymane, a été nommé hier Premier ministre par le colonel Assimi Goïta, président de la Transition. Ce vétéran du microcosme politique ayant conduit la mobilisation anti-IBK avait été désigné candidat unique pour la Primature par le M5-RFP, mouvement contestataire dont le combat a été  » parachevé  » la junte militaire.

La nomination, dont la confirmation était attendue depuis le 28 mai après la décision de la junte de confier la Primature au M5-RFP qui l’avait déjà désigné intervient trois jours après le sommet de la CEDEAO, consacré à la situation au Mali. Les Chefs d’Etat avaient, à l’issue de plusieurs heures de discussions, après avoir suspendu le Mali des institutions de l’organisation sous-régionale, exigé  » la nomination immédiate d’un Premier ministre civil pour diriger un gouvernement inclusif « .

Assimi Goïta, investi hier président de la Transition, s’est aussitôt conformé à cette exigence en nommant Dr Choguel Kokalla Maïga, leader emblématique du M5-RFP, Premier ministre, Chef de gouvernement. Ce vétéran politique est, en effet, le président du comité stratégique de cette coalition qui a commémoré, le 4 juin dernier, l’anniversaire de sa première mobilisation anti-IBK (5 juin 2020).

La même coalition hétéroclite ayant été driblée et écartée par l’ex-CNSP n’était représentée ni dans le gouvernement ni au Conseil National de Transition (CNT). Elle avait, ces derniers temps, haussé le ton contre les autorités d’alors exigeant  » une rectification de la Transition « . Démarchée par l’ex-président Bah N’Daw et son Premier ministre, elle avait rejeté l’offre d’intégrer le gouvernement mort-né de Moctar Ouane posant comme conditions  » des garanties sur l’acceptation de la mise en œuvre de ses 10 mesures de rectification de la Transition « .

Faveur des pronostics

Dr Choguel Kokalla, ingénieur des télécommunications âgé de 63 ans, a désormais la lourde  » mission de mener une large concertation avec les différents groupements en vue de mettre en place un gouvernement de consensus et d’inclusivité « . A cet effet, il a déjà entamé ses consultations, surtout avec les mouvements armés, particulièrement la CMA qu’il a déjà reçue à son domicile la semaine dernière autour l’Accord d’Alger.

Plusieurs fois ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga a la faveur des pronostics pour traduire en acte concret la vision du M5-RFP notamment la refondation de l’Etat malien.

 

Parcours du nouveau Premier ministre

De son vrai nom Chouaïbou Issoufi Souleymane, Dr Choguel Kokalla Maïga est né en 1958 à Tabango dans le cercle d’Ansongo (Gao). De 1963 à 1974, il fréquente les écoles fondamentales de Tabango et de Bara puis le lycée Technique de Bamako en 1974 et 1977. Sorti major de sa promotion en série Mathématiques Techniques et Industries avec un baccalauréat technique, il s’envole pour l’université d’Etat de Biélorusse (ex-URSS).

Après l’obtention de son doctorat en Télécommunications avec mention  » Excellent et les félicitations du jury « , il rentre au Mali en 1988 et intègre l’Union nationale des Jeunes du Mali (UNJM), une association fondée par le régime de Moussa Traoré. A la chute de celui-ci en mars 1991, il crée en 1997 son parti Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) et se porte deux fois candidat à la présidentielle en 2002 et 2018. Il a été ministre de l’Industrie et du Commerce entre 2002 et 2007 sous le régime ATT.

Nommé par la suite Directeur général de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP), il opère en 2015 son retour au gouvernement d’IBK comme ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication (porte-parole du gouvernement).

En 2016, il n’est pas reconduit. Après la présidentielle de 2018, ce meneur d’hommes et acteur politique de premier plan, devenu plus tard opposant au régime IBK, conteste au sein du Front pour Sauvegarde de la Démocratie (FSD) les résultats donnant IBK vainqueur du scrutin présidentiel émaillé de «  fraudes « .

En 2020, après les législatives, le M5-RFP, dont il est le président du comité stratégique, organise plusieurs rassemblements populaires pour exiger la démission du Président IBK et son régime. Lequel régime est tombé le 18 août 2020.

M.S.C

Source: l’Indépendant

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