Les Maliens étaient appelés aux urnes dimanche, malgré l’apparition des premiers cas de Covid-19 et l’enlèvement du chef de l’opposition, vraisemblablement aux mains d’une branche d’al-Qaida.

La question a agité le Mali pendant des jours. Fallait-il maintenir les élections législatives de ce dimanche ou les reporter? Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a choisi d’ouvrir les bureaux de vote en dépit de l’épidémie de Covid-19 et d’une situation sécuritaire loin d’assurer la sérénité du scrutin.

Dans un discours mercredi, IBK a assumé sa décision, s’appuyant sur la demande issue du Dialogue nationale de l’an dernier et sur le fait que le vote, initialement prévu fin 2018, avait déjà été reporté deux fois. Le risque que, comme en France, le second tour, censé se dérouler le 19 avril, soit impossible à organiser n’a même pas été évoqué. «Le président n’avait pas vraiment le choix. L’opposition, dans sa majorité, ne voulait pas de report et aurait crié à la manœuvre. L’incapacité de la classe politique à établir une position est un problème récurrent», regrette le politologue Issa Ndiaye.

Des voix, certes minoritaires mais toujours plus nombreuses au fil des jours, se sont

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