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Campagne législative en commune II : Karim keïta joue à quitte ou double.

Ouverte le dimanche 8 mars, la campagne pour l’élection des députés devant siéger dans la future Assemblée nationale est en train de tourner au vinaigre pour le golden boy, fils du président de la République, l’honorable Karim Keïta, ci-devant président de la Commission Défense du Parlement sortantAu train où vont les choses, l’arène politique risque de se transformer en rings pour boxeurs et catcheurs d’un matin électoral. 

Eh oui !  Pour le renouvellement de son mandat de député, l’honorable Karim Keïta ne fait pas dans la dentelle. Il se sait fortement mis sur la sellette et, en conséquence, il ne veut pas se laisser défaire tel un tricot dont une maille aura filé malencontreusement. Vaincre ou périr, tel est son mot d’ordre. Il fonce donc, sans précautions oratoires et sans lésiner sur les moyens. Ça passe ou ça casse. Il veut surtout triompher avec gloire, en pétant, s’il le faut, au nez de ceux-là qui cherchent à empêcher sa réélection. À l’origine de la colère du député sortant après sept ans passés à la tête de la Commission Défense de l’Assemblée nationale se trouve l’annonce de la famille fondatrice de Bamako, les Touré, de ne pas voter en faveur de toute liste sur laquelle figure Karim Keïta ; décision transmise à toute la parentèle et à tous les alliés de la sphère des réalités socio-historiques du Bamako originel. Ce qui, en clair, constitue un message impérieux à barrer la route au candidat Keïta. La raison des Touré est multiple, mais on peut en citer deux importantes qui les blessent jusque dans leur moelle épinière. Premièrement, depuis quatre ans, le nom de Karim Keïta est mêlé dans l’imaginaire populaire à l’enlèvement, à la séquestration et finalement à la mort du journaliste Birama Touré, fils de la grande famille Touré. Cette mort est même du chapitre de la disparition criminelle, car, à ce jour, nul ne sait, hormis les auteurs de l’homicide, où repose le disparu. Or, en dépit de plusieurs appels que le patriarche des Touré a adressés à Karim Keïta de venir leur faire savoir sa part de vérité, celui-ci n’a jamais daigné répondre. Une attitude jugée hautaine et malpolie que même son père de président n’a jamais adoptée à l’égard de la célèbre notabilité. La deuxième est que, dès qu’il a appris le boycott de sa candidature par la très ancienne famille, Karim Keïta a multiplié à son égard des actes de foutaise choquants. S’il faut ajouter une troisième raison, le député a cherché à dresser les quartiers de Madina-coura et Missira contre ceux de Bagadadji et Niaréla. Une première tentative de zizanie jamais osée par un politicien au Mali, de Mamadou Konaté à Ibrahim Boubacar Keïta. Ce qui apparaît de plus en plus évident, en tout cas, c’est que depuis l’ouverture de la campagne législative, Karim Keïta tiendrait, comme pour narguer, des propos jugés vexatoires dans ses meetings. De quoi aviver les colères, surtout qu’aucune démarche conciliatrice n’a été initiée par lui. Veut-il le renouvellement de son mandat sur l’humiliation des Touré ? On le pense tout bas. Pire, le fils d’Ibrahim Boubacar Keïta ferait une telle débauche d’argent qui fait révolter outre, car signifiant tout simplement à qui veut qu’il gagne grâce à sa fortune. C’est dans ce climat de plus en plus tendu au fil des jours, où fuse l’outrage aux anciens et aux traditions sociales, que nombre de jeunes premiers de la commune II en sont arrivés à la conclusion qu’il faut absolument empêcher la réélection de Karim Keïta afin d’éviter à l’avenir des problèmes plus épineux. Ces derniers se font entendre sans masque à travers les réseaux sociaux et ne cachent pas non plus leur détermination d’en découdre avec les partisans identifiés de la cause de Karim Keïta. Autant dire qu’il y a des corps à corps prévisibles qui ne manqueront pas de transformer les contradictions politiques en pugilats entre boxeurs et catcheurs. À entendre certains, au-delà de la commune II, Karim est même un danger potentiel pour le Mali dont il viserait en réalité la présidence. S’il parvenait à se faire réélire, c’est pour devenir cette fois-ci le président de l’Assemblée nationale, dans la perspective de s’emparer de la tête de l’État par des jeux politiciens, en complicité avec son père. Dans ce concert de soupçons qui fait se côtoyer en chiens de faïence les protagonistes de part et d’autre, on n’entend ni ne voit l’honorable Hadi Niangadou dit Djo Walaki qui est sur la même liste que Karim. Cela intrigue beaucoup. Karim Keïta n’en continue pas moins de jouer à quitte ou double.

Moussa Lah

Source: lecombat

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