Dans la pratique, l’Assemblée nationale a changé de configuration politique avec l’adhésion massive de députés d’obédience Rpm à l’Asma-CFP, parti du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga. Mais la concrétisation de la nouvelle donne ne pointe pas à l’horizon pour l’heure. En effet, plus d’un mois après l’ouverture de la session budgétaire, les députés concernés par la transhumance ne parviennent pas à se défaire de leur groupe parlementaire d’origine. Certains devraient rejoindre l’APM dont l’ASMA est une composante et d’autres le Rpm, mais ils continuent de prendre part pour la plupart aux réunions de leurs familles politiques initiales à défaut de choisir de déambuler tels des Juifs errants sans point de chute politique. Tout porte à croire, en définitive, qu’ils partagent le dénominateur d’avoir choisi leurs destinations respectives par dépit, dans la foulée de conférences électives des législatives les ayant mis en mal avec leurs partis de cœur. Mais il semble aussi qu’une récente entrevue assez bruyante entre le Pm et le chef de l’Etat est passée par là. Le second, confie une source, a vigoureusement manifesté au premier son désaccord avec la saignée infligée à sa famille politique, insinuant du même coup un arrêt des débauchages.

Seulement 9 000 francs CFA par participants aux concertations

Les participants aux concertations régionales ont-ils été floués à Kayes comme partout à travers le pays ? Il nous revient en effet que les 270 concitoyens conviés pour les travaux n’ont perçu en première région en tout et pour tout que 9 000 francs CFA pour les 4 jours de labeur abattu et qui s’est conclu par la validation du projet de découpage présenté par le gouvernement. La somme dont il est question, à en croire notre source, comprend une partie de leur restauration, l’hébergement et même le déplacement. Originaires de villages plus proches de la capitale, certains participants ont été obligés de se rabattre sur les leurs pour pouvoir regagner le bercail. Le hic est que les organisateurs ont pris soin aussi de ne piper mot sur les conditions de prise en charge avant la fin de la rencontre. De quoi provoquer des grincements de dents et alimenter les soupçons d’une gestion opaque des fonds alloués à l’organisation. Quoi qu’il en soit, ceux qui doutaient encore de la disette financière de l’Etat en ont une preuve supplémentaire, surtout quand on sait que le traitement est à peine différent dans les autres contrées. Sauf peut-être à Kidal bien sûr.

Les opérateurs de téléphonie dans la mire du Parlement

Les dérives mercantiles des sociétés de téléphonie au Mali commencent enfin à interpeler au plus haut niveau. Jusqu’ici indifférents, les parlementaires ont mis les pieds dans le plat en demandant des explications au ministère de l’Economie numérique sur le comportement peu orthodoxe des deux sociétés détentrices de licence d’exploitation de téléphonie mobile et d’autres offres connexes. Profitant de l’adoption des textes en rapport avec le projet «Mali Numérique»), les parlementaires se sont fait l’écho, en effet, du ras-le-bol d’usagers excédés par les impitoyables subtilités mercantiles auxquelles Malitel et Orange Mali ont recours pour renflouer leurs caisses aux dépends de leurs clientèles. En plus des tarifs insupportables, les plus élevés dans la sous-région, leur présence sur le marché malien est  également caractérisée par des pratiques commerciales sans vergogne qui consistent à inciter l’usager à la ruine. Et dire que tout cela se passe dans une violation totale de leurs cahiers des charges puisqu’en affectant considérablement la qualité du service. En réponse au coup de gueule des députés, le jeune ministre Arouna M Touré a tout simplement fait savoir les limites des missions de son département, lequel ne saurait empiéter sur un domaine dévolu à un service autonome. Il s’agit de l’AMRTP sur laquelle il est difficile de compter tant elle semble avoir choisi de se murer derrière une indifférence complaisante en faveur des opérateurs de téléphonie. Et desquelles elle perçoit en prébendes le prix de son mutisme et de son inaction.

L’Angola ou le nouveau négrier pour Maliens esclavagistes

Ce pays africain redevable au panafricanisme de son indépendance commence à étonner par ses dérives xénophobes. Bien plus que certains pays du Maghreb – où les Africains du sud du Sahara en partance pour l’Europe subissent des affres comparables aux atrocités de l’époque médiéval. Comme en Libye, les Africains sont menottés et trimbalés dans des conditions infra-humaines les plus exécrables tout simplement parce qu’ils sont réduits au statut d’étranger. Et dire que cela se passe dans l’un des pays d’Afrique ayant le plus bénéficié de la solidarité continentale contre les ingérences colonialistes. Face à la dérive, aucun chef d’Etat africain n’a levé un petit. Ni dénonciateur ni protestataire, pas plus que leurs ambassadeurs respectifs n’ont bronché ou entrepris quelques démarches. Et dire aussi que la majorité des victimes pourraient être issue de la communauté Soninké, la même qui comporte en son sein des conservateurs encore attachés au maintien de leurs semblables dans la condition d’esclave au bercail, à des milliers de kilomètres de leur pays d’accueil.

Après IBK, attention au risque de contamination par «Albatros» à Kayes

«Albatros», c’est le nom de la centrale thermique pour l’inauguration de laquelle le président de la République s’est récemment rendu dans la Capitale des Rails en mobilisant le ban et l’arrière-ban. Et à la différence de ses précédents passages au même endroit, aucune équivoque n’a atténué cette fois l’engouement populaire et la chaleur de l’accueil, quoique la grogne sociale ait repris ses droits aussitôt après l’illustre visiteur. Seulement voilà : la grande euphorie ayant accueilli la production de 95 mégawatts ne va peut-être pas tarder à tourner en déception. Et pour cause, de source digne de foi ladite centrale fonctionne exclusivement par le fuel. Il s’agit d’une hydrocarbure hautement toxique, qui risque d’avoir des conséquences graves si elle se déversait dans le seul fleuve qui traverse la ville de Kayes et dont le contenu constitue la principale source de revenus pour une bonne partie de la population. L’inquiétude est d’autant plus justifiée qu’un scénario similaire s’est produit à Bamako, notamment à Sikoro où la nappe phréatique semble atteinte au prix de la production de 25% de l’énergie consommée de la capitale malienne.

L’Etat incapable de libérer les logements sociaux

L’équivoque autour des 12 000 logements sociaux persiste. Elle a fait l’objet, il y a quelques jours, d’une sortie peu rassurante du président de la Commission et du ministre, qui ont admis tous deux des difficultés liés à un raccordement au système d’adduction d’eau et aux commodités électriques, entre autres. Toutes choses qui, selon les promoteurs immobiliers, sont l’apanage exclusif de la partie étatique. De la compétence de l’Etat dépendent également les occupations illicites du site, lequel est protégé par des forces de sécurité rémunérées journellement pour cette tâche. Mais leur présence n’est guère assez dissuasive pour empêcher des particuliers de pendre des libertés au point de faire obstacle aux exploitants réguliers de l’endroit. Selon nos informations, en effet, il est même arrivé que des travailleurs de chantiers sous protection de l’Etat écopent d’arrestations dans le cadre de procédures judiciaires intentées par des occupants illicites du site.

La Rédaction

Source: Témoin