Choix de Boubou Cissé: troublante révélation de Dicko

Sous l’influence de sa capacité de mobilisation, l’imam Mahmoud DICKO est parvenu à faire craquer IBK, à travers le choix de Boubou CISSE à la tête du gouvernement en remplacement de Soumeylou Boubèye MAIGA, qui a été forcé à rendre le tablier. Si DICKO a outrepassé ses prérogatives, IBK a pêché par faiblesse et dépit.

 

À 48 heures du grand rassemblement prévu aujourd’hui au Monument de l’Indépendance, l’Imam Mahmoud DICKO a animé un point presse à l’allure d’un meeting de compte rendu au siège de la CMAS. Lors de cette rencontre tenue, le dimanche dernier, le leader religieux a mis sur la place publique de nombreuses confidences. Le rendez-vous avait toute l’allure d’un grand déballage.
« Je ne suis pas homme à dissimuler certaines choses », a indiqué l’imam DICKO. Pis, enchaine-t-il, les confidences notamment sur la nomination du Premier ministre, Boubou CISSE. L’occasion était ainsi bonne pour DICKO de trahir un secret sur le choix de Boubou CISSE à la Primature. « Après le départ de SBM, on m’a donné l’information que le président IBK envisage de nommer Boubou Cissé, Premier ministre. Après, j’ai appris qu’il va désigner quelqu’un d’autre. En ce moment, je l’ai appelé afin qu’il reconsidère sa position initiale. Il a finalement accepté ma demande tout en sollicitant mon accompagnement et soutien pour que Boubou puisse réunir sa mission. Beaucoup ont été ses ministres parce que je les ai recommandé », a rappelé fièrement Mahmoud DICKO.
Ainsi, celui qu’il appelle son fils est nommé chef du gouvernement par IBK contre son agenda initial. Si l’ancien président du Haut islamique dénonce les dysfonctionnements, déplore les dérives de gestion et de gouvernance, sa demande de nomination de Boubou CISSE est une immixtion. Mais la situation est la conséquence de la déliquescence de la classe politique qui a laissé la place à la religion. Sont-ils autorisés à tout décider ? Quelle est leur limite dans la gestion du pays ? Dans tous les cas, il a outrepassé ses prérogatives en influençant le choix du président de la République. Ce, en violation de tous les principes démocratiques et de loi à laquelle il tient tant. Et selon la loi, la désignation du Premier ministre incombe au chef de l’État même s’il peut consulter cette nomination.
Ce jour-là, DICKO jouissait de quel pouvoir pour demander à IBK de revenir sur sa décision alors qu’il n’a même pas été consulté ? Rien justement, sauf qu’à l’époque, l’imam avec le soutien de Bouyé a réussi à faire peur à Koulouba comme il continue de le faire. Puisqu’ils ont sollicité et obtenu le départ de Soumeylou Boubèye MAIGA après deux grandes mobilisations à Bamako.
Si DICKO a abusé de son influence auprès du président pour imposer son ‘’fils’’ à la tête du gouvernement, le pêché de IBK a été de tronquer ses prérogatives constitutionnelles contre le soutien du leader. Ainsi, en concédant à la demande de Mahmoud DICKO, le président de la République laisse croire sa faible conviction quant au choix de ses hommes. Sinon, comment comprendre qu’un simple coup de fil téléphonique puisse influencer le choix du PM par le président de la République. Drôle de gouvernance ! Cette complicité ou ce jeu de séduction de la part du chef de l’État trahit les principes démocratiques de la gestion d’un État selon le souhait d’un homme.
Cette révélation est la preuve qu’IBK n’a pas tiré les leçons de ses erreurs avec les religieux sur lesquels il s’est appuyé pour venir un pouvoir. Et ce sont ces mêmes leaders qui aujourd’hui demandent sa démission et braqués contre son pouvoir.
Comme il l’a fait, l’imam DICKO est en train également d’accuser la France de maintenir le même Premier ministre à la tête du gouvernement comme le gré du peuple malien.

Par Sikou BAH

Source : INFO-MATIN

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