Le Collectif des candidats du premier tour des législatives du 29 mars 2020 en commune III du district de Bamako étaient face à la presse, le dimanche 05 avril 2020 au siège du Parti pour la renaissance nationale (PARENA) de Bamako pour dénoncer le « tripatouillage » des résultats provisoires proclamés par le ministère l’administration territoriale et de décentralisation. A cet effet, lors de cette conférence de presse, le collectif a exigé le recomptage des voix. Au cours de ladite conférence de presse, les responsables du collectif affirment avoir introduit un recours au niveau de la Cour Constitutionnelle du Mali pour établir la vérité des urnes. « Les chiffres distribués par le gouvernorat aux différents candidats ne reflètent pas la vérité des urnes. Nous lançons un appel solennel pour le rétablissement de la vérité à travers le recomptage de nos voix en commune III », indiquent des candidats de la commune III réunis en collectif.

Le Collectif des candidats du premier tour des législatives du 29 mars 2020 en commune III du district de Bamako est composé de Mme Kadidia Fofana, candidate du Parena en commune III du district de Bamako, de Mme Safiatou Traoré, candidate du parti SYNOUMA, de Mamadou Keïta, candidat du parti Yelema, de Gérard M Dembélé, candidat du parti UDD, de Mme Yamoye Cissé du parti Pdes et de Boubacar Sidiki Samaké du parti tous pour le changement. « Nous membres du collectif des candidats au 1er tour du 29 mars 2020 avons souhaité de nous entretenir avec vous sur le tripatouillage des résultats du 1er tour des législatives par le gouvernorat. Sur la base de nos différentes commissions de centralisations respectives, les chiffres distribués par le gouvernorat aux différents candidats ne reflètent pas la vérité des urnes. Nous lançons un appel solennel pour le rétablissement de la vérité à travers le recomptage de nos voix en commune III », a déclaré Mme Kadidia Fofana, candidate du Parena en commune III du district de Bamako. Abondant dans le même sens, Mamadou Keïta, candidat du parti Yelema dit avoir constaté des écarts entre les voix centralisées par leurs délégués et celles centralisées au niveau du gouvernorat. « Nous demandons tout simplement que le gouvernorat procède au recomptage des voix », a-t-il dit. Quant à Mme Safiatou Traoré, candidate du parti SYNOUMA, ancienne députée, elle dira que les résultats de la circonscription électorale de la commune III de Bamako proclamés par le ministère de l’administration territoriale sont loin de la réalité, en témoin les décomptes effectués par beaucoup de partis politiques dont SYNOUMA. « Pour nous, les chiffres provisoires présentés par le ministère de l’administration territoriale sont biaisés, c’est pour quoi, nous avons introduit auprès de la cour constitutionnelle, un recours. Nous ne demandons qu’une seule chose : recompter bureau par bureau afin que la vérité des urnes soit connue. Le vote est sacré, la démocratie a comme fondement le vote. Personne n’a le droit de confisquer une voix, j’ai foi à la démocratie, j’ai foi à la cour constitutionnelle. Nous ne pouvons pas admettre la fraude », a mis en garde.

«On veut nous imposer ou nommer au niveau de la commune III un député »

Selon Gérard M Dembélé, candidat du parti UDD,  ce qui s’est passé en commune III le 29 mars 2020 est tout sauf un scrutin électoral. « Des pratiques peu orthodoxes et embarrassantes lors de la compilation des résultats au niveau du gouvernorat du district de Bamako nous ont sorti de nos rangs et nous obligent à réagir ce soir. Nous dénonçons les irrégularités commises dans la commission de centralisation des résultats. Nous invitons la cour constitutionnelle à trancher et à dire le droit pour permettre l’expression populaire », a-t-il dit. A l’en croire, toute la procédure de centralisation des résultats a été biaisée. « La commune III est la commune pilote de Bamako, nous avons le cœur meurtri de savoir qu’on veut nous imposer ici au niveau de la commune III ou nommer au niveau de la commune III un député. Nous ne sommes pas d’accord. Personne ne pourra confisquer notre victoire », a précisé le candidat de l’UDD. Mme Yamoye Cissé du parti Pdes a souhaité la vérité des urnes pour l’avancement de la démocratie malienne. Mme Saoudatou Camara, représentante du candidat Boubacar Sidiki Samaké du parti tous pour le changement a mis l’accent sur la démocratie. « On ne peut pas  admette avec le risque (Pandémie du Coronavirus) que nos militants ont pris pour aller voter pour nous et qu’on ne nous attribue pas nos voix », a-t-elle déploré. Répondant aux questions des journalistes, les conférenciers ont fait savoir que leurs délégués ont joué le rôle qu’il fallait. « Les chiffres donnés par nos délégués sont différents des résultats provisoires proclamés », ont-ils dit. Selon Mme Kadidia Fofana, candidate du Parena en commune III du district de Bamako, il y a eu un hold-up électoral, un transfert des voix en commune III de Bamako. « Nous nous battrons pour que la vérité des urnes soit respectée. Nous nous acheminons vers la nomination. Aujourd’hui, la démocratie est menacée », a déclaré Mme Kadidia Fofana. Avant d’ajouter qu’ils ont la preuve de ces tripatouillages. Pour preuve, dit-elle, des comparaisons de PV (Procès -verbal) ont été faites par différents candidats du collectif. Aux dires de Mme Safiatou Traoré, candidate du parti SYNOUMA, c’est au niveau du gouvernorat de Bamako qu’il y a eu tripatouillage. Selon elle, le gouvernorat a enlevé des voix de certains candidats pour ajouter à d’autres. Pour sa part, Mme Saoudatou Camara, représentante du candidat Boubacar Sidiki Samaké du parti tous pour le changement a indiqué qu’elle était présente au gouvernorat au moment de la centralisation des résultats. Elle a remarqué que des PV de la commune III ont disparu. A cet effet, elle a invité les autorités maliennes à respecter les voix des électeurs.

Aguibou Sogodogo

SourceLe Republicain Mali